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On peut garder l'ancienne [orthographe] sans de grands inconveniens, et les hommes faits ont de la
répugnance à changer quelque chose dans celle qu'ils se sont formée dans leur première jeunesse, soit sur les leçons d'un maître
plus âgé qu'eux, soit par la lecture des livres imprimez depuis plusieurs années. D'ailleurs, il leur en coûteroit une attention
pénible pour être toûjours conformes aux règles d'une orthographe, qu'ils n'auroient adoptée que dans un âge avancé. Ils prennent
donc le parti de conserver celle à laquelle ils sont accoûtumez ; et ils la gardent, quoique la génération qui vient après
eux, en suive déja une différente. Ce n'est qu'après qu'ils ne sont plus, que les changemens dont nous parlons, et qu'ils avoient
refusé d'adopter, se trouvent généralement reçûs.
Académie française, préface du Dictionnaire de 1740
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