Abbaye de Cîteaux
Abbaye de Cîteaux : abbaye cistercienne située en
Côte-d'Or (Bourgogne),
origine de l'Ordre cistercien et actuelle maison-mère de la
Famille
cistercienne
Histoire
- 1098 Un groupe de moines arrive de l'Abbaye de Molesme, sous la conduite de Saint Robert
de Molesme avec un désir de chercher Dieu dans une plus grande solitude et pauvreté. Ils s'installent dans une clairière à
deux kilomètres au nord du site actuel de Cîteaux. Les débuts du « Nouveau Monastère » sont difficiles : grande
pauvreté, peu de recrutement. Le premier emplacement est vite abandonné par suite du manque d'eau courante.
Albéric succède à Robert ; son abbatiat durera 9 ans. On lui doit l'institution des convers. En 1108, c'est un anglais,
Etienne Harding qui devient
abbé de Cîteaux. On lui doit la Charte de Charité qui établit un lien de charité et d'entraide entre les différents
monastères.
- 1113 La première fondation de La Ferté donne le coup d'envoi au développement de l'abbaye. La même année, Bernard de Fontaine, près de Dijon, accompagné de ses
parents et amis, vient redonner espoir et élan au « Nouveau Monastère » . Les fondations vont alors se
multiplier : celle de la Ferté sera aussitôt suivie de celles de Pontigny en
1114, de Morimond et Clairvaux dont Bernard sera le premier abbé, en
1115. Par ses écrits et son influence, Bernard est à l'origine d'une véritable école de spiritualité.
- 1193 Achèvement de la construction de la grande église, commencée vers 1140. C'est là que seront inhumés les
ducs de Bourgogne. Car Cîteaux devint très vite un
haut-lieu. Un lieu de paix aussi où s'opérèrent des médiations, des réconciliations.
- 1298 Au début du XIIIe siècle, bénéficiant de l'action et de l'éclat de saint
Bernard, l'abbaye de Cîteaux est à la tête d'un Ordre qui compte
près de 500 maisons. De grands personnages se font moines à Cîteaux, tel Alain de Lille, un savant du temps, qui prend l'habit de convers. Cîteaux est à cette époque l'un des
centres de la chrétienté. Durant ce siècle a commencé la construction du grand monastère. Cîteaux compte plusieurs centaines de
moines et convers. L'abbé de Cîteaux acquiert une importance toujours croissante.
- 1398 C'est l'époque de la guerre de Cent
Ans. Le monastère est pillé en 1360. Les moines se réfugient à Dijon. Il en sera de
même en 1365, puis en 1434 et 1438.
- 1491 L'abbé de Cîteaux est reconnu chef d'Ordre par un grand nombre de monastères.
- XVIIe siècle À la suite du Concile de Trente, un esprit de réforme souffle sur l'Église. En 1606, se crée une Estroite
Observance qui regroupe quelques monastères autour de personnalités éminentes, désireuses de retrouver l'esprit des origines
de Cîteaux et de saint Bernard. Mais des conflits surgissent entre les abstinents et les mitigés. C'est ce que
l'on a appelé Guerre des Observances. Par ailleurs, le siège abbatial était devenu un enjeu politique : Richelieu était resté 7 ans abbé élu de Cîteaux, mais n'obtint jamais confirmation de
Rome ! Il ne fit rien pour relever l'abbaye de ses ruines après un nouveau pillage en
1636.
Durant ce siècle, l'un des abbés de l'Estroite Observance, le célèbre abbé de Rancé, se consacre à
la réforme de son seul monastère : la
Trappe. Quelques monastères, en France, suivent son exemple, mais l'abbaye de Cîteaux préfère demeurer à distance de ces
courants réformateurs, et conserver l'unité de l'Ordre, au prix d'une réforme assez modérée.
- 1791 50 ans plus tôt avait été élu le dernier abbé de Cîteaux de l'Ancien Régime : dom François Trouvé qui mourut à Vosne, en 1795. C'est celui-ci qui fit construire, sous la direction de l'architecte Lenoir, un grand bâtiment, le seul construit d'un projet très ambitieux. Celui-ci qui subsiste
encore actuellement, fut terminé en 1772.
Le Siècle des Lumières développe dans
certaines couches de la société, une hostilité ouverte au monachisme : on reproche aux moines leur inutilité.
La Révolution française précipite ce mouvement
de discrédit. Confisquée, l'abbaye est vendue en 1791 à des spéculateurs qui la pilleront, la démantèleront pour en vendre les
pierres. Ce qui en reste devient successivement un château, une sucrerie, un phalanstère et une colonie pénitentiaire pour
enfants, oeuvre du Père Rey, qui continuera à exploiter jusqu'aux pierres de fondation des anciens bâtiments pour construire
l'église.
Durant ces événements, 24 moines issus de la Trappe, réfugiés à la Valsainte, en Suisse, sont contraints d'entreprendre
une aventure prodigieuse qui les conduit jusqu'en Russie. Cette odyssée assure la
continuité de la vie cistercienne réformée, car dès la chute de Napoléon, le
retour s'organise et de nouvelles abbayes sont fondées.
- 1898 L'abbaye est rachetée et des moines originaires de différents monastères viennent la repeupler. Les
débuts sont très durs.
Des anciens bâtiments, seuls ont échappé à la destruction complète: une partie de la bibliothèque du
XVe, le Définitoire du XVIIe et le grand bâtiment du
XVIIIe, édifié par l'architecte Lenoir, où logent actuellement les moines.

