| Liste Articles: [0-A] [A-C] [C-F] [F-J] [J-M] [M-P] [P-S] [S-Z] | Liste Catégories | Une page au hasard | Pages liées | ||||||
AES est le sigle d'Advanced Encryption Standard, en français « standard de chiffrement avancé ». Il s'agit d'un algorithme de chiffrement symétrique, choisi en octobre 2000 par le NIST pour être le nouveau standard de chiffrement pour les organisations du gouvernement des États-Unis.
| Sommaire |
Il est issu d'un appel d'offre international lancé en janvier 1997 et ayant reçu 15 propositions. Parmi ces 15 algorithmes, 5 furent choisis pour une évaluation plus poussée en avril 1999, MARS, RC6, Rijndael, Serpent, et Twofish. Au bout de cette évaluation, ce fut finalement le candidat Rijndael, du nom de ses deux concepteurs Joan Daemen et Vincent Rijmen (tous les deux de nationalité belge) qui a été choisi. Ces deux experts en cryptographie étaient déjà les auteurs d'un autre algorithme : Square. Le terme d'AES remplace désormais celui de Rijndael mais l'algorithme n'a pas été modifié.
Ce faisant, l'AES remplace le DES (choisi comme standard dans les années 1970) qui de nos jours devenait obsolète, car il utilisait des clefs de 56 bits seulement.
L'algorithme prend en entrée un bloc de 128 bits (16 bytes), la clé fait 128, 192 ou 256 bits. Les 16 bytes en entrée sont permutés selon une table définie au préalable. Ces bytes sont ensuite placés dans une matrice de 4x4 éléments et ses lignes subissent une rotation vers la droite. L'incrément pour la rotation varie selon le numéro de la ligne. Une transformation linéaire est ensuite appliquée sur la matrice, elle consiste en la multiplication binaire de chaque élément de la matrice avec des polynômes issues d'une matrice auxiliaire, cette multiplication est soumise à des règles spéciales. Finalement, un XOR entre la matrice et une autre matrice permet d'obtenir une matrice intermédiaire. Ces différentes opérations sont répétées plusieurs fois et définissent un « tour ». Pour une clé de 122, 192 ou 256, AES nécessite respectivement 10, 12 ou 14 tours.
L'AES n'a pour l'instant pas été cassé et la recherche exhaustive ("brute force") demeure la seule solution. Rijndael a été conçu de telle manière à rendre des méthodes classiques comme l'analyse linéaire ou différentielle très difficiles. Cependant, plusieurs chercheurs ont mis en évidence des possibilités d'attaques algébriques, notamment l'attaque XL et une version améliorée, la XSL. Toutefois, ces attaques ont été le sujet de nombreuses controverses et leur efficacité n'a pas encore été pleinement démontrée, le XSL fait appel à une analyse heuristique dont la réussite n'est pas systématique. De plus, elles sont impraticables car le XSL demande au moins opérations voire même dans certains cas. Le principe est d'établir les équations (quadratiques/ booléennes) qui lient les entrées aux sorties et de résoudre ce système qui ne comporte pas moins de 8000 inconnues et 1600 équations pour 128 bits. La solution de ce système reste pour l'instant impossible à déterminer. En l'absence d'une preuve formelle sur l'efficacité d'attaques similaires au XSL, l'AES est donc considéré comme sûr. On peut toutefois parier que dans les années à venir, les avancées en cryptanalyse devrait ouvrir des brèches dans les algorithmes similaires à l'AES.


