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Les circonstances de la mort de Robert Boulin, ministre français en
exercice, ont créé de nombreuses tensions conduisant à une véritable Affaire Robert Boulin. L'information
judiciaire s'est achevée par un non-lieu en concluant au suicide. Cette thèse n'a pas été unaniment acceptée, l'existence de
manquements dans l'enquête ayant pu être soutenue. La famille de Robert Boulin, notamment sa fille Fabienne Burgeat-Boulin, est
convaincue que son père a été assassiné. Son combat est relayé par de nombreux journalistes, notamment de l'Humanité, de Libération et France Inter.
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En 1979, sous la présidence de Valéry Giscard d'Estaing, Robert Boulin est ministre du Travail du troisième gouvernement Raymond Barre et semble pressenti au poste de premier ministre, pour son intégrité et sa connaissance des dossiers acquise après quinze ans de carrière ministérielle. À l'automne 1979, des lettres anonymes parviennent aux sièges de plusieurs journaux. Elles accusent Robert Boulin d'avoir acquis de manière illégale une garrigue à Ramatuelle (Var), sur laquelle il a fait bâtir une résidence secondaire.
Boulin choisit de riposter, déclarant au micro d'Europe 1 le dimanche 21 octobre : « Que voulez-vous que je réponde ? J'ai l'âme et la conscience tranquilles et j'ai été exemplaire. Peut-être encore plus que vous ne le pensez, parce qu'il y a des choses que je ne peux pas dire ici...»
Le 30 octobre 1979 à 8h35, le corps de Robert Boulin est retrouvé dans l'étang du Rompu, au plein cœur de la forêt de Rambouillet (Yvelines). Son cadavre se trouve à cinq mètres de la berge, et gît dans un endroit où la profondeur est de 50 cm.
La publication des articles de presse auraient rendu Robert Boulin dépressif. Il aurait alors ingéré une grande quantité de barbituriques, pénétré dans l'étang et se serait noyé. En 1991, après 12 années d'enquête, la Cour de Cassation rejette les recours formés contre la décision de non-lieu.
Un certain nombre de contre-enquêtes effectuées par des journalistes semblent avoir mis à jour de nombreuses incohérences dans les conclusions de l'information judiciaire, de nature à réfuter la thèse du suicide.
En 1979, Raymond Barre, alors Premier ministre, connaît des difficultés politiques sérieuses et est au plus bas dans les sondages. Tout laisse penser que Valéry Giscard d'Estaing, Président de la République, souhaite procéder à un remaniement ministériel et nommer Robert Boulin à la tête du nouveau gouvernement. Ce dernier, gaulliste de longue date et ancien résistant, est hostile à Jacques Chirac, candidat à l'élection présidentielle de mai 1981. S'il était nommé Premier ministre, Boulin deviendrait alors un dangereux obstacle pour le RPR. En effet, Boulin considérait que Chirac avait trahi son parti en se ralliant à Giscard d'Estaing dans le but avéré de contrer la candidature de Jacques Chaban-Delmas. Boulin avait d'ailleurs refusé de participer au gouvernement de Chirac et n'est redevenu ministre qu'au départ de celui-ci. À deux ans de la présidentielle, Robert Boulin Premier ministre pouvait les ambitions du RPR.
C'est à cette période (automne 1979) que furent envoyées les premières lettres anonymes qui accablent Robert Boulin. Le Canard enchaîné publia alors ces lettres, aux conséquences tragiques. Le jour de la mort de Robert Boulin, avant même l'ouverture de l'enquête, les médias furent informés qu'il s'agissait d'un suicide et la classe politique accusait immédiatement le journal d'être responsable du décès du ministre.
L'enquête officielle semble avoir passé sous silence de nombreux points :
Au-delà de ces faits, la famille de Robert Boulin s'est régulièrement plainte des menaces qu'elle recevait. Aujourd'hui elle réclame que la lumière soit faite sur ce dossier. Il est clair que Robet Boulin a été frappé et que son corps a été déplacé après sa mort. À ce jour, malgré ces incohérences, la thèse officielle est toujours d'actualité.


