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Ahmed Yassine



Cheikh Ahmed Yassine (1937-2004)

En bref

Fondateur et chef spirituel du Hamas, cheikh Ahmed Yassine est né à la fin des années 1930 et fut tué lors d'un tir israélien le 22 mars 2004.

Dans les années 1980, Israël laissa naître le mouvement intégriste de Yassine qui était susceptible de gêner Yasser Arafat et de ce fait de constituer un allié objectif en provoquant sa chute.

Le calcul s'avéra désastreux car jouissant d'appuis financiers saoudiens et jordaniens, Yassine recruta un grand nombre de jeunes fanatiques suicidaires dont les attentats frappent régulièrement la population israélienne.

Biographie

Le cheikh Ahmed Yassine était le dirigeant spirituel du groupe islamiste palestinien Hamas. Son année de naissance n'est pas connue précisément, mais lui-même indiquait 1938. Yassine a fondé le Hamas au début de la première Intifada en 1987, l'appelant à l'origine l'Aile palestinienne de la fraternité musulmane. Presque aveugle, il était tétraplégique et se déplaçait en fauteuil roulant suite à un accident survenu à l'âge de 12 ans.

Yassine est né dans le village d'Al-Goura près de la ville d'Ashkelon, mais il a grandi dans un camp de réfugiés de la bande de Gaza après que son village a été détruit en 1948 pendant la guerre israélo-arabe qui a suivi la création de l'État d'Israël.

Yassine a étudié à l'université Al-Azhar au Caire, en Égypte, après avoir suivi un collège d'enseignement général, malgré sa paralysie suite à son accident. La Fraternité musulmane y avait été fondée, l'université étant un foyer d'islamisme et de nationalisme arabe, et Yassine la rejoint pendant ses études.

Yassine déclarait régulièrement que « la terre d'Israël est consacrée pour les générations musulmanes futures jusqu'au jour du Jugement. » Et que « ce chemin de paix prétendu n'est pas la paix et ce n'est pas un remplaçant du jihad et de la résistance. »

En 1989, Yassine aurait commandité le meurtre de Palestiniens qu'il avait soupçonnés d'avoir collaboré avec Israël. Il a aussi été reconnu coupable d'avoir ordonné l'enlèvement et le meurtre de deux soldats israéliens. Il a été arrêté pour ces actes et condamné à la prison à vie par une cour israélienne. Ce n'est que cette année-là que le mouvement a été interdit par Israël, accréditant la thèse que l'État hébreu aurait favorisé initialement sa croissance pour contrebalancer le pouvoir de l'OLP de Yasser Arafat.

En 1997, Yassine a été libéré de la prison israélienne comme monnaie d'échange contre les membres du Mossad emprisonnés en Jordanie suite à la tentative d'assassinat ratée de Khaled Mashal, autre dirigeant du Hamas, à Damas. Yassine a été expulsé d'Israël en échange des deux agents du Mossad qui avaient été arrêtés par des autorités jordaniennes.

Après sa sortie, Yassine a repris son rôle de dirigeant spirituel du Hamas. Il a immédiatement repris ses appels de la résistance contre l'occupation israélienne, en utilisant des tactiques incluant des attaques suicide contre des cibles israéliennes, tant militaires que civiles.

Pendant les étapes diverses du « processus de paix » entre Israël et l'autorité palestinienne, Yassine a été à plusieurs reprises assignation à résidence par celle-ci. Mais, à chaque fois, il a finalement été libéré, souvent à la suite d'importantes manifestations de ses partisans.

Le 13 juin 2003, des sources israéliennes ont annoncé qu'Yassine « n'était pas protégé » d'un assassinat ciblé, conformément à la politique israélienne.

Trois mois plus tard, le 6 septembre 2003, une division de F-16 de l'armée de l'air israélienne a lancé une bombe de 250 kg sur une habitation de la ville de la Bande de Gaza. Yassine, qui se trouvait à l'intérieur du bâtiment, a été légèrement blessé par cette attaque. Les fonctionnaires israéliens confirmeront plus tard qu'Yassine était la cible de l'attaque. Yassine a été soigné à l'hôpital Shifa, dans la ville de la Bande de Gaza.

Après cet attentat, Yassine a déclaré aux journalistes que « le temps prouvera que la politique d'assassinat ne détruira pas le Hamas. Les dirigeants du Hamas veulent être des martyrs et n'ont pas peur de la mort. Le Jihad continuera et la résistance continuera jusqu'à ce que nous ayons la victoire, ou nous serons des martyrs. » Plus tard, Yassine a déclaré que le Hamas donnera « une leçon inoubliable à Israël » en représailles à cette attaque.

Finalement, Yassine a été tué dans une autre attaque israélienne le 22 mars 2004 alors qu'il était en voiture avec son fauteuil roulant. Il a été frappé par des missiles tirés depuis des hélicoptères de combat, cette attaque étant considérée comme une vengeance israélienne contre les attaques suicide commanditées par le Hamas. Le cheikh quittait la première session de prière du matin lorsque sont tombés les missiles et a été tué sur le coup ; deux de ses fils ont été blessés. L'attaque suivait la provocation du cheikh Yassine selon laquelle la réponse d'Israël à l'attentat suicide d'Ashdod était faible et qu'ainsi le Hamas gagnera en force.

Le porte-parole du Hamas, Ismail Haniyeh, a fait ces remarques : « C'est la fin dont le cheikh Yassine avait rêvé. » La direction du Hamas a dit qu'Ariel Sharon avait « ouvert les portes de l'enfer ».

La plupart des pays, à l'exception notable des États-Unis, ont fermement condamné l'assassinat de Yassine, critiquant son caractère extra-judiciaire.

Voir aussi




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