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Alain Juppé, né le 15 août 1945 à Mont-de-Marsan (Landes), est un homme politique français.
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Alain Juppé est le fils de Marie (1910-2004) et de Robert Juppé, gaulliste. Héritière d'une famille de propriétaire terrien des Landes, elle avait divorcée de son premier mari en 1938, et dont elle avait eu deux enfants.
Après des études secondaires au lycée Victor-Duruy de Mont-de-Marsan. Il obtient son bac à l'age de 17 ans. Puis il rentre dans une classe préparatoire au lycée Louis-le-Grand à Paris, il est reçu en 1964 à l'École normale supérieure. Il obtient l'agrégation de lettres, et étudie également à l'Institut d'études politiques (1968), puis à l'École nationale d'administration (1970-1972), après avoir accompli son service militaire (1969-1970).
De 1972 à 1976, il est inspecteur des finances. En 1976, il devient un collaborateur de Jacques Chirac, alors Premier ministre, puis conseiller technique au ministère de la Coopération, jusqu'en 1978. Cette année-là, il se présente sans succès aux élections législatives à Mont-de-Marsan, en tant que candidat du RPR. Il travaille ensuite aux côtés de Jacques Chirac à la mairie de Paris. En 1979, il est élu au conseil national du RPR et nommé adjoint à la direction des finances et des affaires économiques de la ville de Paris, dont il sera le directeur entre 1980 et 1981.
Alain Juppé est nommé Premier ministre en mai 1995. Il est également élu maire de Bordeaux en juin de cette même année.
Il est élu député le 16 juin 2002, pour la XIIe législature (2002-2007), dans la circonscription de la Gironde (2e). Il fait partie du groupe UMP, dont il a été élu président peu après.
Malgré de grandes qualités intellectuelles comme le prouve son brillant cursus, Alain Juppé s'est toujours efforcé de ne jamais susciter la moindre sympathie, probablement en contraste avec les petits arrangements entre amis du microcosme politique. Alain Juppé a notamment été fréquemment accusé d'arrogance et de rigidité. À l'instar du président Giscard d'Estaing, sa grande intelligence semble plus le desservir que l'aider dans l'exercice quotidien de ses responsabilités politiques.
Le 30 janvier 2004, il est condamné par le tribunal correctionnel de Nanterre à dix-huit mois de prison avec sursis dans l'affaire des emplois fictifs de la mairie de Paris. Cette condamnation entraînera, en vertu du code électoral, une peine de dix ans d'inéligibilité. L'appel interjeté par Alain Juppé immédiatement après sa condamnation a eu pour effet de suspendre l'application de cette décision jusqu'à l'arrêt de la cour d'appel.
La presse régionale, nationale, les grandes chaînes de télévision nous tiennent chaque jour en haleine devant le procès d'Alain
Juppé, député-maire de Bordeaux, président de l'UMP, ancien Premier Ministre, ancien maire adjoint aux finances de Paris. Il est
temps cependant de revenir sur cette affaire et sur d'autres, pour enfin, d'Alain Juppé, maire de notre charmante ville, chantre
de la probité et de l'intégrité, montrer le vrai visage, et découvrir par la même occasion le délabrement de notre si chère
République…
L'AFFAIRE DES EMPLOIS FICTIFS DE LA MAIRIE DE PARIS.
Depuis cinq ans déjà, Alain Juppé est mis en examen dans le cadre de l'affaire du financement du Rassemblement Pour la République, dont il fut secrétaire général, tout en étant également, de 1983 à 1995, maire adjoint aux finances de la Ville de Paris. En quoi consiste cette si médiatique affaire ? Tout simplement, le parti gaulliste avait pris l'habitude de faire rémunérer ses cadres par l'intermédiaire de la Ville de Paris, d'une part, et d'autre part par une vingtaine d'entreprises, souvent du BTP. Les salariés ne travaillaient pas pour les entreprises qui les payaient, le RPR quant à lui ne payait rien et bénéficiait de leur travail. Dans cette affaire Juppé est mis en examen en 1998 pour « abus de confiance, recel d'abus de biens sociaux, et prise illégale d'intérêt » : les deux postes qu'il occupait alors faisaient de lui un élément clé de ce système de financement occulte (d'autant que sa secrétaire personnelle au RPR fut elle-même rémunérée par une entreprise - le groupe immobilier SEGUR - puis par la Ville de Paris).
INTERVENTION DU POUVOIR POUR SAUVER LE SOLDAT JUPPÉ
L'enquête suit son petit bonhomme de chemin. Au détour d'un rapport de police, le juge d'instruction, Patrick Desmures, tombe sur une lettre manuscrite, signée de la main du maire de Paris d'alors, également président du RPR, Jacques Chirac : cette lettre prouve la connaissance qu'avait Jacques Chirac du système illégal de financement du RPR, puisque la lettre préconise un avancement pour une secrétaire de la ville, dont le travail était exemplaire… au sein du RPR ! Le pouvoir central (Jacques Chirac), face à ces nouveaux rebondissements, décide alors de muter le procureur chargé de cette affaire, Yves Bot, à la tête du parquet de Paris et nomme à sa place Bernard Pagès. Le juge d'instruction Desmures est quant à lui remplacé par le juge Philibeaux. Le nouveau procureur décide alors d'accorder à Juppé un non-lieu partiel : à rebours de la position de son prédécesseur, il estime que Juppé ignorait que le RPR était financé par des entreprises, tout en connaissant, de par sa fonction, le financement illégal par la Ville de Paris. Seul reste alors le délit de « prise illégale d'intérêt ». D'innombrables affaires sont suivies par la justice en parallèle, concernant le financement du RPR. La plus médiatique est certainement celle des HLM de Paris, dans laquelle, pour ne pas se présenter à la convocation en tant que témoin du juge Halphen, Jacques Chirac fut déclaré « immunisé » contre toute poursuite pénale. Un autre épisode qui prête tout autant à la rigolade est celui de l'hélicoptère dans l'Himalaya, envoyé là-bas pour chercher le procureur pouvant classer une affaire mettant en cause Xavière Tibéri… D'autres emplois fictifs font également l'objet d'une enquête (les « chargés de mission »), la justice se penche aussi sur les marchés des lycées d'Île-de-France, sur les frais de bouche des époux Chirac à la mairie de Paris, les voyages privés de Jacques…
LES APPARTEMENTS DE LA RUE JACOB
Mais revenons à nos moutons : ne peut-on absoudre et pardonner Alain Juppé, simple soldat oeuvrant, désintéressé, dans l'intérêt de son parti, sous les ordres de son chef et modèle, Jacques Chirac ? Peut-on réellement mettre en cause, sur le plan de la probité, cet homme toujours « droit dans ses bottes » ? Pour mieux cerner celui qui se présente comme l'incarnation de l'honnêteté, repenchons-nous un instant sur l'affaire des appartements de la rue Jacob. En juin 1995, le Canard Enchaîné publie un document interne de la ville de Paris, signé de la main de cet homme intègre, donnant ordre à ses services de diminuer le loyer de son fils Laurent, logé dans un appartement relevant des discrètes propriétés de la Ville de Paris, rue Jacob. Cependant, plus de 60 000 personnes attendaient à Paris l'attribution d'un appartement à loyer modéré. De plus, Alain Juppé s'octroya à lui-même, et à d'autres membres de sa famille, un appartement dont le prix au mètre carré défiait toute concurrence. Non content de tant de bonté, il fit réaliser aux frais des contribuables, dans ces mêmes appartements, plusieurs millions de francs de travaux. L'affaire éclata alors, une association de contribuables parisiens saisit le procureur de Paris Bruno Cotte. Celui-ci décida de classer l'affaire, en dépit d'une jurisprudence constante, selon laquelle tout élu ayant accordé des avantages de cette nature à ses enfants avait été condamné.
AUTRE INTERVENTION DU POUVOIR.
Un rapport du Service Central de Prévention de la Corruption, dirigé par le procureur Challe, fut rendu, accablant et pour Alain Juppé et pour le procureur qui avait décidé de classer l'affaire. Ce rapport a bien failli ne jamais être rendu. Alexandre Benmakhlouf, directeur de cabinet du Garde des Sceaux de l'époque, Jacques Toubon, avait en effet convoqué Challe, pour exercer sur lui des pressions « amicales », lui expliquant le primat des intérêts du pouvoir en place sur la loi et le droit. Le procureur Challe fut à la suite de cet entretien « démissionné » d'office, chose qu'il dut démentir, choisissant plutôt de publier son rapport. L'association des contribuables, au vu de ce rapport accablant, saisit une nouvelle fois la justice. Une fois encore, aucune poursuite ne fut exercée, le procureur se contentant de demander à Alain Juppé de quitter les lieux. Cette jurisprudence d'un nouveau type apparaît fort étrange à nos yeux citoyens, plutôt habitués à voir les auteurs de menus délits envoyés en prison… L'ampleur des affaires concernant le financement du RPR n'a d'égale que le silence de la justice, ou du moins le peu de suites données aux poursuites judiciaires. Le procès d'Alain Juppé est l'occasion de désigner enfin des responsables, non à la vindicte populaire mais à la connaissance des citoyens électeurs. Cela même si le principal responsable est aujourd'hui intouchable. Ce serait un moyen de redonner un peu de crédit au système « politico-judiciaire », de croire à nouveau à la fameuse séparation des pouvoirs… Car malgré les dénégations continues d'Alain Juppé, « droit dans ses bottes », « tout le monde savait au RPR » l'illégalité du système de financement. La « grosse ficelle juridique » (Canard Enchaîné de la semaine du 13 octobre 2003) pouvant tirer Juppé d'affaire (c'est-à-dire ne le rendant pas inéligible) ne ferait que discréditer encore plus le système actuel : au nom de quoi Juppé, condamné, ne verrait-il pas sa condamnation inscrite à son casier judiciaire ? Car nous avons aujourd'hui un Président de la République supposé coupable de délits divers, mais injusticiable ; un maire mis en examen, bientôt condamné ; voudrait-on en plus en 2007 un Président de la République (qui sait, si Alain est le candidat de l'UMP ?) reconnu coupable de délit de probité, de ce fait inéligible en droit jusqu'en 2009, mais malgré tout élu et bien en place ? Notre confiance en la République, si chère au gouvernement actuel, n'en ferait que décroître, même si cela semble aujourd'hui impossible…


