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Alexandrin


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Un alexandrin est un vers français de douze syllabes.

Il diffère du dodécasyllabe par un schéma rythmique précis. Les deux formes de l'alexandrin sont le tétramètre, ou alexandrin classique, et le trimètre, ou alexandrin romantique. Le nom vient de Li romans d'Alexandre, cycle de poèmes du XIIe siècle écrit en vers de douze syllabes célèbre pour avoir associé ce mètre au style épique. Les premiers alexandrins lui sont cependant antérieurs : on peut les dater de la fin du XIe siècle.

Sommaire

Tétramètre

Le tétramètre est un alexandrin à quatre mesures, ou mètres (c'est-à-dire éléments rythmiques terminés par un accent d'intensité). Le deuxième et le quatrième accent correspondent respectivement à la sixième et à la douxième syllabe, soit à la fin de chaque hémistiches. Les autres accents sont variables à l'intérieur de l'hémistiche.

Quand les accents secondaires sont placés à la troisième et à la neuvième syllabe (3/3//3/3), on parle de tétramètre à débit régulier. Par exemple :

« Je le vis/, je rougis,// je pâlis/ à sa vue/ »
(Racine, Phèdre, I, 3, v.435)

On peut aussi avoir des hémistiches 1/5, 2/4, 4/2 ou 5/1.

« Mon cœur,/ comme un oiseau,// voltigeait/ tout joyeux »
(Baudelaire, Les Fleurs du mal, « Un voyage à Cythère »)

Il faut noter que les mesures finissent avec la syllabe accentuée. Quand un mot est constitué d'une syllabe accentuée et d'une syllabe inaccentuée, cette dernière appartient au mètre suivant. La coupe peut donc avoir lieu au milieu d'un mot.

Trimètre

Il est dit « romantique », car c'est avec les romantiques, et Victor Hugo en particulier, qu'il se répand. L'alexandrin romantique a pour particularité de n'avoir pas d'accent rythmique sur la sixième syllabe. Hugo écrit ainsi dans « Quelques mots à un autres » (Les Contemplations) : « L'alexandrin saisit la césure, et la mord », et plus loin dans le même poème : « J'ai disloqué ce grand niais d'alexandrin. »

En réalité, le trimètre n'est pas sorti tout casqué du cerveau d'Hugo. On peut le faire remonter au XVIe siècle, à la Pléiade en particulier. Il faut dire que l'alexandrin n'est réglementé qu'assez tardivement, par Malherbe et Boileau, et encore uniquement pour le vers tragique. Le vers comique, celui de Molière par exemple, reste beaucoup plus libre.

Le trimètre est donc composé de trois mètres. Il est dit à débit régulier quand il est composé de trois mètres égaux, 4/4/4.

« Et l'étami/ne lance au loin/ le pollen d'or »
Heredia, Les trophées, « Fleur séculaire »

Il faut noter que le trimètre est loin d'avoir remplacé complètement le tétramètre dans la poésie romantique. Il est généralement introduit au milieu de tétramètres pour créer un effet de contraste.

Tétramètre à césure faible

Il arrive de trouver des vers ayant toutes les caractéristiques du trimètre dans les œuvres de tragédiens classiques comme Corneille ou Racine — là où, en théorie, ils ne devraient pas se trouver.

« Je veux/, sans que la mort// o/se me secourir,
« Toujours aimer,/ toujours souffrir,/ toujours mourir »
(Corneille, Suréna, I, 3)

Le premier vers cité ici est clairement un tétramètre de rythme 2/4//1/5, mais le second vers semble bel et bien de rythme 4/4/4, soit un trimètre à débit régulier.

Pour expliquer cette apparente incohérence, certains critiques, comme Maurice Grammont, parlent de « faux trimètres », qui seraient en fait des tétramètres à césure faible. Ainsi, dans Esther, le prétendu trimètre

« Et Mardochée/ est-il aussi/ de ce festin ?»

devrait en réalité se lire :

« Et Mardochée/ est-il// aussi/ de ce festin ?»

Il y aurait plutôt une césure faible à l'hémistiche, ayant pour but en l'espèce de faire ressortir le mot « aussi ».

Il est incontestable cependant que le vers de Suréna cité plus haut est un véritable trimètre, autant que ceux d'Hugo.

Bibliographie



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