Altération dans le solfège occidental
L'altération est un signe indiquant la modification de la hauteur primitive d'une note. Elle se
place sur la portée, très précisément sur la ligne ou dans l'interligne de la note dont elle modifie la hauteur.
Différentes figures d'altérations
On distingue les altérations simples et les altérations doubles, les premières étant les plus courantes.
Altérations simples
Elles sont au nombre de trois : le dièse, le bémol et le bécarre :

- Le dièse élève la note d'un demi-ton chromatique.
- Le bémol abaisse la note d'un demi-ton chromatique.
- Le bécarre rend sa hauteur primitive à une note diésée ou bémolisée (c'est-à-dire,
affectée d'un dièse ou d'un bémol).
- Le mot dièse provient du grec diesis qui avait à peu près le même sens. L'origine des mots bémol
et bécarre remonte au Moyen Âge, et se rapportent à la note si, qui fut la première à être affectée d'un bémol
dans certaines circonstances. C'est ainsi que bémol signifie étymologiquement B mou (c'est-à-dire, si arrondi,
désignant l'actuel si bémol), et bécarre, B carré (désignant à son tour le si naturel).
Altérations doubles
Elles sont au nombre de cinq : le double dièse, le double bémol, le double bécarre, le
bécarre-dièse et le bécarre-bémol :

- Le double dièse élève la note de deux demi-tons chromatiques.
- Le double bémol abaisse la note de deux demi-tons chromatiques.
- Le double bécarre rend sa hauteur primitive à une note doublement diésée ou doublement
bémolisée (c'est-à-dire, affectée d'un double dièse ou d'un double bémol).
- Le bécarre-dièse change une note doublement diésée en une note simplement diésée.
- Le bécarre-bémol change une note doublement bémolisée en une note simplement bémolisée.
Effet des altérations
L'effet d'une altération est différent suivant que celle-ci se trouve dans le morceau (altération accidentelle) ou
bien à la clé (altération constitutive).
- Il convient de remarquer qu'une note altérée est nommée avant son altération, mais est notée après. Par
exemple, un do affecté d'un dièse sera appelé do dièse, mais, sur la partition, le dièse sera écrit avant le
do (dièse do, en somme), ceci, afin d'éviter de jouer par erreur un do avant de réaliser que c'était
en fait un do dièse qu'il aurait fallu jouer.
Altérations accidentelles
Une altération accidentelle (appelée plus simplement : accident), intervient dans le courant du
morceau, et concerne toutes les notes de même nom et de même hauteur qui se trouvent après elle, et ce, jusqu'à la
prochaine barre
de mesure, sauf, bien sûr, si entre temps apparaît un autre accident modifiant le précédent.
- Exemple :

- Dans l'exemple ci-dessus, le premier dièse affecte les notes N°2 et N°4, le deuxième dièse, affecte la note N°6, le troisième
dièse affecte la note N°8, le bécarre affecte la note N°5.
- On peut donc considérer que la barre de mesure annule l'effet de tous les accidents qui ont précédé.
- Certains compositeurs toutefois, pensant probablement que deux précautions valent mieux qu'une, rajoutent, après la
barre de mesure et devant la note concernée, l'altération rétablissant la hauteur initiale d'une note donnée, dont la hauteur
avait été modifiée accidentellement au cours d'une mesure précédente. Une telle altération accidentelle, qui n'est pas vraiment
indispensable, est alors appelée altération de précaution, précisément.
- Cette règle comporte une petite exception toutefois : lorsque deux notes, de même hauteur et affectées du même
accident, sont réunies par une liaison de prolongation, si la barre de mesure passe entre les deux
notes en question, on n'écrit pas l'altération devant la seconde note. Ainsi :

Altérations constitutives
Les altérations constitutives sont placées au début de la portée, juste après la clé, et forment ce qu'on
appelle une armature, ou armure.
- Le mot le plus juste est armature, dont armure n'est qu'une corruption, mais ce dernier est d'un usage plus
courant.
- Une armure est donc un ensemble constitué d'une à sept altérations (soit uniquement des dièses, soit uniquement des bémols),
qui se succèdent toujours dans le même ordre. Ainsi :

- Par exemple, s'il n'y a qu'un dièse à la clé, ce sera fa
, s'il y en a cinq : fa
, do
, sol
, ré
et la
; s'il y a
deux bémols : si
et
mi
, s'il y en a quatre :
si
, mi
, la
et ré
, etc.
- La règle veut qu'une altération constitutive soit valable durant toute la portée, pour toutes les notes de même
nom (même de hauteur différente, ce coup-ci), sauf bien sûr, si entre temps intervient un accident modifiant la hauteur
de la note en question.
- Exemple :

- Dans l'exemple ci-dessus, le mi
(bémol constitutif) affecte toutes les notes sauf les notes N°4 et N°6 à cause du bécarre accidentel.
- Il convient de noter que les altérations constitutives ont pour effet de transposer l'échelle diatonique naturelle. C'est ainsi que, quelle que soit l'armure, on
trouvera toujours dans chaque octave, « deux demi-tons diatoniques isolés encadrant alternativement deux et trois
tons ».
- « Transposer une mélodie » signifie « déplacer cette mélodie en hauteur, sans altérer sa
constitution ». Lorsqu'on transpose, les noms de notes changent, mais les intervalles entre les notes
restent identiques, évitant ainsi de déformer la mélodie primitive. Si les intervalles conjoints de l'échelle diatonique
étaient identiques, la transposition ne mériterait pas de longues explications. Mais comme on le sait, ces intervalles peuvent
être soit des tons, soit des demi-tons diatoniques, il est donc indispensable d'avoir recours à des altérations pour que la
distance exacte de ces intervalles ne soit pas modifiée au cours de la transposition.
- À propos des armures et de leur signification par rapport à la tonalité d'un morceau, se reporter à l'article consacré à la
Tonalité.
- Transpositions de l'échelle diatonique naturelle :

- Tout comme le chiffrage de la mesure, ou tout comme la clé, l'armure peut être modifiée dans le courant d'un morceau. Ceci a
pour nom : changement d'armure. On notera que dans le cas d'un changement d'armure, l'ensemble des altérations
constitutives peut contenir des bécarres.
Notes intermédiaires
Les altérations permettent donc de diviser chaque ton en deux demi-tons, et d'obtenir ainsi, à l'intérieur de chaque ton, une
nouvelle hauteur intermédiaire. C'est ainsi que l'échelle diatonique devient échelle chromatique.
- L'échelle diatonique et les notes intermédiaires (échelle chromatique) :

Remarquons que contrairement à l'échelle diatonique qui est exclusivement composée d'intervalles diatoniques
(tons et demi-tons), l'échelle chromatique ne contient que des demi-tons : demi-tons chromatiques, mais aussi,
demi-tons diatoniques.
- Exemple, dans l'octave do/do :

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