Amanite
Les amanites sont des champignons appartenant à la division
des Basidiomycètes, à l'ordre des Amanitales et à la famille des Amanitacées. Le genre Amanita
comprend de nombreuses espèces, des plus toxiques aux plus savoureuses.
Principales caractéristiques
Les amanites sont des champignons à lamelles, à spores blanches et possédant une
volve. La volve est une peau à l'intérieur de
laquelle se forme le champignon. Au départ, dans la terre, les amanites se présentent comme des œufs blancs, le champignon s'y
développant un peu comme un poussin dans sa coquille. Puis la volve se déchire, mais elle reste présente à la base du pied du
champignon, parfois très effritée. Des débris de volve sont présents sur le chapeau dans plusieurs espèces. La plupart des
amanites ont également un anneau se présentant sous forme de collerette.
Les espèces les plus répandues
- Amanita caesarea : amanite des Césars ou oronge. Excellent comestible, le meilleur des
champignons selon de nombreux amateurs. Le chapeau est rouge-orange, à bords striés, le pied et les lamelles sont jaunes. La
volve, très blanche et membraneuse, est la plus épaisse des volves d'amanites. L'oronge apprécie particulièrement les sols
siliceux méditerranéens.
- Amanita citrina : amanite citrine. Très commune, elle n'est pas toxique mais a un goût détestable. La couleur du
chapeau (non strié) varie du jaune citron au blanc crème. Le chapeau porte des fragments de volve, sous forme de flocons parsemés
à sa surface. La base du pied est bulbeuse, entourée d'une volve en forme de coupelle.
- Amanita muscaria : amanite tue-mouches. Très
commune, elle est fortement toxique (troubles digestifs et effets hallucinatoires) mais non mortelle. On la reconnaît facilement
à son chapeau rouge parsemé de débris de volve formant des flocons blancs. La volve n'est pas membraneuse, mais granuleuse, le
pied et les lamelles sont blancs (ce qui évite tout risque de confusion avec l'oronge).
- Amanita pantherina : amanite panthère. Très
commune, elle est fortement toxique. Son chapeau à rebord strié est brun (nombreuses nuances possibles), moucheté de fragments de
volve, le pied et les lamelles sont blancs. La volve forme une poche entourant le bulbe, elle se développe aussi de façon
hélicoïdale à la partie inférieure du pied.
- Amanita phalloides : amanite phalloïde. Très
commune dans les sous-bois (mais aussi dans des prés en bordure des bois), c'est le plus dangereux de tous les champignons. Elle
est toujours mortelle. Son chapeau est en principe vert olive, le pied (assez grêle) et les lamelles sont blancs, la volve est
membraneuse. Une sous-espèce a un chapeau blanc (A. phalloides alba), c'est le cas aussi de deux espèces voisines,
également mortelles : l'amanite printanière (A. verna) et l'amanite vireuse (A.
virosa).
- Amanita rubescens : amanite vineuse (ou oronge
vineuse). C'est un excellent comestible (mais là encore il y a pour les cueilleurs non avertis des risques de confusion avec
l'amanite panthère). Le chapeau, rouge-brun, n'a pas de bords striés, il porte quelques fragments de volve. La volve elle-même
est quasiment absente du pied, car elle est entièrement friable. Le pied est plus coloré et plus trapu que celui de l'amanite
panthère. De plus, quand on le coupe, sa chair rougit, ce qui est un bon moyen de l'identifier de façon sûre.
- Amanita spissa : amanite épaisse. C'est un bon
comestible, mais il ne faut absolument pas la cueillir, tant les risques de confusion avec l'amanite panthère sont grands. Son
chapeau présente en effet des couleurs similaires (brun grisâtre le plus souvent), avec également des fragments de volve.
Cependant ses bords ne sont pas striés. La volve est en général absente de la base du pied, qui a une extrémité pointue.
- Amanita strobiliformis : amanite solitaire. Grand champignon de couleur blanche, reconnaissable
notamment à son arête (rebord du chapeau) floconneuse. Le chapeau lui-même porte des flocons verruqueux. Très bon comestible,
mais qu'il convient d'éviter en raison de sa couleur blanche, le risque de confusion avec des espèces mortelles étant trop
grand.
- Amanita vaginata : amanite engainée (appelée
aussi grisette). Contrairement aux autres amanites, elle n'a pas d'anneau. Son pied est long et grêle, la volve forme un
sac qui remonte le long du pied. Le chapeau est gris, à rebord strié. C'est un bon comestible, mais il doit être bien cuit.
Espèces voisines : Amanita fulva (amanite fauve), Amanita
crocea (amanite jaune,
amanite safran).
Précautions à prendre
À partir du moment où trois espèces d'amanites sont mortelles et deux autres fortement toxiques, il convient d'être très
prudent dans la récolte de ces champignons, et plus généralement de tous les champignons à lamelles blanches portant un anneau.
Seuls les mycologues avertis peuvent consommer sans crainte Amanita rubescens et Amanita vaginata, à condition
toutefois de bien les faire cuire, car ces deux champignons sont légèrement toxiques si on les mange crus. Il n'y a guère que
l'oronge qui ne présente en principe aucun problème, une fois qu'on a vérifié que les exemplaires cueillis ont un pied et
des lamelles jaunes (risque de confusion avec l'amanite tue-mouches). L'oronge est la seule amanite pouvant être
consommée crue sans le moindre risque.

