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André-Hercule de Fleury (Lodève 1653–Issy-les-Moulineaux 1743), homme politique français, principal conseiller de Louis XV (1716–1743).
Fils d'un receveur des décimes languedocien, il est ordonné prêtre en 1674. Il fait ensuite des études de théologie, obtenant sa licence en 1676. Il devient ensuite chanoine de Montpellier puis, par protection du cardinal de Bonzi, aumônier de la reine. Il obtient ensuite en 1699 le diocèse de Fréjus.
Le 1er avril 1716, il est nommé par le duc d'Orléans, régent du royaume, précepteur du jeune Louis XV, conformément au deuxième codicille du testament de Louis XIV. En 1717, le régent lui accorde le droit exhorbitant de monter dans le carrosse du roi. En 1722, au moment du sacre, il tient le rôle d'un pair ecclésiastique. En 1726, il est appelé par Louis XV, dont il a gagné la confiance et l'affection, pour remplacer le duc de Bourbon. « M. de Fréjus », comme on l'appelle, devient premier ministre de fait — on peut expliquer le fait qu'il n'ait pas été nommé officiellement par le fait qu'un premier ministre officiel doit signer une grande quantité de documents officiels, or Fleury est vieux et de faible constitution physique. En septembre de la même année, sur la demande du roi, il est nommé cardinal.
Le cardinal de Fleury gouverne avec prudence et sagesse : à l'intérieur, il rétablit le budget de l'État, stabilise la monnaie, reprend la politique de Colbert, pacifie dans la mesure du possible le problème janséniste. En revanche, il ne parvient pas à entraver la montée de l'opposition parlementaire. Sa politique extérieure est marquée par une recherche de la paix et de la stabilité européenne. Entraîné par le roi dans la guerre de Succession de Pologne, il la conclut rapidement par le traité de Vienne de 1738. Il se distingue également par la modération de son train de vie : contrairement à un cardinal de Richelieu ou Mazarin, il n'amasse pas une fortune immense. Il dépense ses revenus commendataires en aumônes et se contente de ses appointements de ministre (20 000 livres).
Le ministère de Fleury est la partie du règne de Louis XV la plus heureuse.
(Source : Michel Antoine, Louis XV, Fayard, 1989)


