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Apiculture


L'apiculture est la relation créée par l’homme avec l’abeille, et, à travers elle avec un territoire et sa couverture botanique. L’apiculteur offre à l’abeille un abri, des soins et veille sur son environnement, en échange il récolte une partie mesurée des produits de la ruche. Branche de l'agriculture, l'apiculture consiste à exploiter les produits de la ruche :

Pratiquée sur tous les continents, cette activité diffère selon les variétés d'abeilles, le climat et le niveau de développement économique. C'est une activité où se mêlent les méthodes ancestrales comme l'enfumage, et les méthodes modernes comme l'insémination artificielle ou l'étude du trajet des abeilles équipées de microréflecteurs radar.

Sommaire

Histoire

Cueillette du miel il y a 6 000 ans
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Cueillette du miel il y a 6 000 ans

L'homme et l'abeille entretiennent des relations depuis environ 12 000 ans. À cette époque, l'homme pratiquait la cueillette comme l'atteste la peinture rupestre trouvée à la « cueva de la Araña » (grotte de l'Araignée, 6 000 ans) près de Valence en Espagne. On y voit un homme supendu à des lianes, portant un panier pour recueillir sa récolte, la main plongée dans un tronc d'arbre à la recherche de rayons de miel. On ne sait pas exactement quand la domestication de l'abeille a eu lieu. L'apiculture était cependant courante dans le haut Empire égyptien 2 400 ans avant J.-C. Des représentations ont été mises au jour dans le temple du roi Ne-Ouser-Rê à Abou-Gourab (Égypte antique), où l'on voit des scènes montrant l'extraction et la conservation du miel.

La première ruche fut sans doute issue du prélèvement d'un tronc d'arbre creux contenant un essaim. Plus tard, avec la maîtrise des techniques d'enruchage, apparaissent les premières fabrications de ruches artificielles, sans doute faites de troncs creusés ou d'écorce de liège. Les ruches en planches apparaissent dès l'Antiquité ; Pline l'Ancien décrit avec précision certains modèles.

Les ruches tressées existent depuis l'Antiquité. Elles furent d'abord faites de baguettes de bois entrecroisées, étanchées avec un mélange de bouse de vache et de cendres. Les ruches en paille tressée, plus tardives, sont mentionnées pour la première fois dans une ordonnance de Charlemagne datée de 799, le Capitulaire De Villis. La récolte dans ces ruches était pratiquée par étouffage total ou partiel de l'essaim, ou encore par la taille de rayons, cela conduisait à leur mort ou leur affaiblissement.

L'invention de la hausse remèdiera à ces inconvénients. En 1772, Jonas de Gelieu décrit la première ruche à hausse fonctionnelle dans sa Nouvelle méthode pour former les essaims artificiels. L'entrée dans l'apiculture moderne se fera avec l'invention du cadre mobile mis au point en 1844 par Debeauvoys.

L'art de l'apiculture

La conduite d'une colonie consiste principalement à veiller à l'état de la « démographie » des ruches.

Une colonie d'abeilles se compose d'une reine unique, de nombreuses ouvrières (femelles), de faux bourdons (mâles) et de couvain (larves d'abeilles). Une ruche contient une colonie.

Pour se reproduire et survivre, une colonie d'abeilles cherche à accumuler un maximum de provisions pendant la saison favorable afin de pouvoir passer l'hiver. La population de la colonie varie suivant les saisons. Elle est importante pendant les périodes où les ressources sont abondantes dans la nature (30 000 à 70 000 individus) afin de faire le plus de récolte possible. Elle est minimale l'hiver (6 000 individus) afin de réduire la consommation de provision au minimum nécessaire. Cependant, elle ne doit pas être trop faible, car c'est elle qui devra relancer la colonie au printemps.

La ruche

Ruche divisible
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Ruche divisible

C'est l'unité de vie construite par l'apiculteur pour recevoir une colonie d'abeilles. Un ensemble de ruches forme un rucher. Il existe un très grand nombre de modèles de ruches. Les ruches modernes mises au point aux XIXe et XXe siècles sont des ruches divisibles à cadres mobiles, elles portent le nom de leurs inventeurs ; il en existe un grand nombre de modèles. Les plus courantes en France sont les ruches Dadant, Langsthrot et Voirnot. Les ruches Warre et Climatstable sont divisibles mais sans cadre mobile, leur conduite originale les fait désigner comme écologiques.

Ruche divisible à cadres mobiles
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Ruche divisible à cadres mobiles

La ruche divisible type se compose d'un empilement de caisses ouvertes au-dessus et au-dessous. Cet empilement repose sur un plancher débordant sur un côté formant un balcon, appelé planche de vol. C'est de là que les abeilles sortent et entrent dans la ruche. La première caisse porte le nom de corps de ruche, c'est le domaine privé des abeilles, tout ce qui est entreposé dans le corps appartient aux abeilles, il contient assez de provisions pour qu'une colonie d'abeilles passe l'hiver. Les caisses suivantes sont des hausses, c'est le domaine de l'apiculteur, c'est des hausses qu'il tire le miel. Le tout est recouvert d'un couvercle dit couvre-cadre et, pour finir, d'un toit. Le corps et les hausses contiennent des cadres suspendus verticalement, dans lesquels les abeilles vont bâtir leur rayons. Ces cadres sont mobiles, l'apiculteur pourra les sortir un à un de la ruche. Il pourra les remplacer, les changer de ruche, vérifier l'état de la colonie... Les différents modèles de ruches se distinguent par leur dimensions et le nombre de cadres.

L' abeille

L'apiculture concerne l'élevage de l'abeille domestique (apis mellifera), elle porte aussi d'autres noms comme abeille à miel, mouche à miel, avette... C'est le seul insecte avec le bombyx du mûrier (ver à soie) qui ait été domestiqué. L'abeille était déjà présente il y quatre millions d'années sur Terre, des fossiles à l'aspect identique aux actuelles ont été mis au jour. Cette longévité est le résultat de l'adaptibilité exceptionnelle de cette espèce. Le comportement de l'abeille est sous le contrôle à la fois de facteurs innés et de d'adaptibilité aux conditions d'environnement. L'abeille peut revenir à l'état sauvage lorqu'elle s'échappe du rucher à l'occasion de l'essaimage, ou redevenir domestique à l'occasion de la capture d'un essaim sauvage.

La naissance

L'œuf fécondé est pondu par la reine au fond d'une cellule. Il éclot trois ou quatre jours après la ponte. La larve est d'abord nourrie avec de la gelée royale, liquide sécrété par les glandes nourricères des ouvrières, puis par un mélange de pollen et de miel. Dix jours après la ponte, la larve a fini sa croissance, la cellule est operculée avec de la cire. La larve s'enveloppe d'un cocon. Douze jours plus tard, une jeune abeille sort enfin de sa cellule, elle a sa taille et son aspect définitifs. Trois semaines environ se sont écoulées depuis la ponte.

Ouvrière d'été

Nourrice les dix premiers jours, elle va d'abord s'occuper de la préparation des cellules pour les nouvelles pontes, le temps que ses glandes nourricières se développent. Ensuite, elle pourra nourrir les jeunes larves avec la gelée royale qu'elle sécrète. À la fin de cette période, elle effectue ses premiers vols autour de la ruche.

Bâtisseuse les dix à vingt jours suivants, ses glandes nourricières se sont atrophiées pendant que les glandes cirières se sont développées, elle participe à l'agrandissement des rayons, à la transformation en miel du nectar apporté par les butineuses et au nettoyage de la ruche.

Butineuse à partir du vingtième jour jusqu'à la cinquième ou sixième semaines de sa vie, elles va parcourir la campagne sur un rayon de deux kilomètres afin d'approvisionner la ruche en nectar, miellat, pollen, propolis ou en eau. Après quoi, sa vie s'achèvera.

Ouvrière d'hiver

À la fin de l'été, au début de l'automne vont naître des ouvrières qui vont vivre de cinq à six mois, leur corps est plus riche en acide gras. Elles auront à protéger la reine, à maintenir l'essaim qui passera l'hiver à une température de 30 °C, puis, dès le mois de février, préparer l'arrivée des nouvelles générations.

Les bourdons

Du printemps au début de l'été, des mâles ou faux bourdons sont produits. Ils proviennent d'œufs non fécondés. Ils ne participent pas aux travaux de la ruche, ils sont nourris par les ouvrières. Ils sortent de la ruche pour se regrouper en des lieux parfois éloignés, leur rôle et de féconder les jeunes reines. L'automne venu, ils sont impitoyablement rejetés de la ruche et meurent.

La reine

Elle provient d'un œuf fécondé identique à celui de l'ouvrière, pondu dans une cellule spéciale, plus grande, bâtie à côté des rayons. Tout au long de son développement, la larve sera nourrie exclusivement à la gelée royale, ce régime va lui permettre de devenir une reine. Elle naîtra seize jours après la ponte, soit cinq jours plus tôt que l'ouvrière.

Les reines sont produites au printemps pour remplacer une reine vieillissante ou malade ou pour l'essaimage.

Une semaine après sa naissance, elle va entreprende des vols nuptiaux. Elle va rejoindre un point de rassemblement, où se réunissent les mâles du voisinage, assurant ainsi la diversité génétique. Elle va s'accoupler avec plusieurs mâles, en plein vol, jusqu'à ce que sa spermathèque soit remplie, elle sera alors fécondée pour le restant de sa vie (de quatre à cinq ans). Les mâles meurent après l'accouplement.

La communication chez les abeilles

La communication revêt une importance particulière chez les insectes sociaux, elle est un facteur de cohésion et de coordination des actions du groupe. Les abeilles communiquent par contacts antennaires, par voie chimique via des phéromones et par des danses gestuées.

Communication par contacts antennaires

Communication par les phéromones

Les phéromones de Nasanoff

La glande de Nasonov est située sur la face dorsale abdominale des abeilles, elle produit une phéromone aux fonctions multiples. Elle sert à marquer l'entrée de la ruche, un lieu intéressant comme une source de nectar, une source d'eau ou un lieu d'arrêt provisoire lors de l'essaimage. Pour diffuser la phéromone, les abeilles exposent leur abdomen et ventilent en battant des ailes. L'odeur de la phéromone guide les autres ouvrières.

Les phéromones royales

La reine émet un nombre important de phéromones ayant un rôle capital dans la vie de la colonie. Elles ont plusieurs origines, on distingue celles produites par les glandes mandibulaires, les glandes abdominales et celles émises par l'extrémité des pattes. La phéromone mandibulaire est constituée de cinq composés qui ne sont actifs qu'ensemble.

La phéromone mandibulaire est répartie sur tout le corps de la reine par contact avec les ouvrières. Elle est rapidement dispersée dans la ruche par échange de nourriture, contact entre individus et par sa volatilité. Le rôle principal de la phéromone mandibulaire est d'inhiber l'élevage royal. Lorsque la reine vieillit, sa production de phéromone mandibulaire diminue ou, lorsqu'elle meure, les ouvrières construisent des cellules royales en vue de la remplacer.

Communication par danse

L'apiculteur

La France compte environ 80 000 apiculteurs pour 1 345 000 ruches. Les professionnels représentent 20 % de ce total, les amateurs 80 %.

Les apiculteurs proviennent de tous les horizons sociaux, hommes, femmes, campagnards ou urbains. Certains ont découvert l'apiculture au hasard de leur parcours, d'autres, souvent, ont été initiés jeunes alors qu'ils accompagnaient leur père ou grand-père au rucher. Attentif à l'écosystème entourant son rucher, la botanique, l'entomologie font souvent partie de ces champs d'intérets. C'est en tout cas une activité qui se pratique avec passion, sinon, l'abandon arrive vite.

On dit que l'abeille est la sentinelle de l'environnement, Albert Einstein a dit : « Lorsque l'abeille disparaîtra, il ne restera plus que quatre ans à vivre à l'homme. » L'apiculteur est le premier à constater les disfonctionnements de ses colonies, il intervient pour alerter les pouvoir public ou l'opinion. (En Europe, certains produits phytosanitaires ont été interdits suite à leurs interventions.)

La ruche et les autres visiteurs

La ruche, par l'abri qu'elle procure et les provisions qu'elle contient, attire nombre d'animaux plus ou moins désirés.

Parmi les insectes, on peut compter les fourmis et les pince-oreilles, qui se logent sur le couvre-cadre mais ne pénètrent guère à l'intérieur de la ruche. La fausse teigne est un papillon parasite, qui pénètre dans la ruche ; sa larve consomme de la cire et ruine en peu de temps les ruches faibles. Les ruches fortes, au contraire, savent se défendre contre la fausse teigne.

Dans la ruche, pendant la période hivernale, la souris apprécie le gîte et le couvert, alors que la vipère et la couleuvre se contentent d'un refuge tiède pour l'hiver.

Le pic-vert, lui, n' hésite pas à percer les parois en bois des ruches pour accéder aux larves riches en protéines.

La multiplication des colonies

L'essaimage

Les colonies se reproduisent par essaimage. Au début du printemps, quelques cellules à reine sont produites. Une semaine environ avant la naissance des reines, l'ancienne quitte la ruche avec une partie de la colonnie pour former un essaim.

Cet essaim part à la recheche d'un abri, il peut lui être fourni par l'apiculteur qui le capture et l'introduit dans une nouvelle ruche, ou bien il retourne à l'état sauvage et trouve abri dans un arbre creux ou une excavation.

Dans la ruche, la première reine qui naît tue celles encore dans leurs cellules. Il ne peut y avoir qu'une reine par colonie. Une semaine plus tard, elle effectuera son vol nuptial.

Une colonie peut produire, entre le début du printemps et le début de l'été, jusqu'à trois essaims, ils sont dit primaires, secondaires et tertiaires.

L'essaimage artificiel

Lorsqu'une colonie perd sa reine accidentellement, elle se retrouve orpheline. Les ouvrières se rendent compte de son abscense après un ou deux jours. La colonie ne peut survivre sans la ponte de la reine qui assure le renouvellement de sa population. Les ouvrières vont choisir des cellules contenant des œufs de moins de trois jours pour les agrandir, ce sont les cellules de « sauveté ». Les larves qu'elles contiennent seront nourries exclusivement avec de la gelée royale afin de produire des reines.

Cette particularité est mise à profit par les apiculteurs pour multiplier leurs colonies. Pour cela, ils prélèvent dans une ruche forte quelques rayons avec des cellules contenant des œufs de moins de trois jours, les rayons sont couverts d'ouvrières. Ils les transvasent dans une ruchette avec des rayons garnis de provisions. Si tout se passe bien, une nouvelle reine naît deux semaines plus tard.

Sélection et élevage de reines

Les races

L'abeille est un hyménoptère, appartenant au genre Apis qui comporte quatre espèces sociales dont trois originaires d'Asie : Apis dorsata, Apis florea et Apis cerana. L'Apis mellifera Linné se rencontre en Europe, Afrique, Proche-Orient et une partie de la Sibérie, sa très grande répartition géographique a produit des races aux caractères morphologiques et comportementaux variés. Amenée par les colons, l'aire de l'Apis mellifera Linné s'est étendue à l'Amérique du Nord et l'Amérique du Sud, à l'Australie et à la Nouvelle Zélande.

Les races d'Europe les plus connues sont identifiées par les zones géographiques où elles vivent à l'état indigène. L'abeille noire, Apis mellifera mellifera Linné se rencontre en France, en Espagne, au Portugal, en Allemagne et en Angleterre. L'abeille jaune italienne, Apis mellifera ligustica Spinola occupe la majeure partie de l'Italie. L'abeille carnolienne, Apis mellifera carnica Pollmann, est originaire de Slovénie. La caucasienne à longue trompe, Apis mellifera caucasica Gorbatschev, vit principalement dans le Caucase et en Géorgie.

Des races hybrides ont été créées, l'abeille Buckfast créée par frère Adam est l'une des plus recherchées.

L'étude des caractères raciaux, morphologiques et comportementaux sont l'objet de la biométrie. Son apport en apiculture est important car il permet de connaître l'influence des caractères génétiques sur les qualité d'une abeille donnée.

Sélection

La sélection est pratiquée comme dans les autres secteurs de l'agriculture, elle tend à améliorer l'abeille pour satisfaire les besoins de l'apiculture. Les qualités recherchées chez l'abeille sont d'être productive, douce, propre, ne pas être essaimeuse...

Élevage

Tout apiculteur pratique, dans son rucher, la sélection. En effet, lorsqu'il pratique l'essaimage artificiel, il choisit comme souche ses ruches les plus fortes. Mais, pour pratiquer une sélection plus rigoureuse, il faut pouvoir disposer d'un grand nombre de colonies. Certains apiculteurs se sont donc spécialisés dans la production de reines sélectionnées.

Pour cela, ils disposent de ruches dédiées à cet usage. Des cadres sont aménagés pour contenir plusieurs ébauches artificielles de cellules à reine, ou cupules. Des larves non operculées, les plus petites possibles, sont greffées au fond des cupules, cette opération s'appelle le picking. Ces cadres sont glissés dans des ruchettes d'élevage ou ruche starter, mises en état d'orphelinage. Les ouvrières vont nourrir les larves à la gelée royale, puis operculer les cellules. Les alvéoles sont protégés par de petites grilles cylindriques afin de les protéger de l'attaque de la première reine qui naîtra.

Avant la naissance des reines, chaque cellule est placée dans une ruchette de finition. Cette ruchette est garnie d'ouvrières et de rayons de couvain operculés, à partir desquels il sera impossible de produire de nouvelles reines. Après leur naissance, les reines peuvent être inséminées soit artificiellement afin d'avoir une souche pure, soit naturellement. Dans ce cas, les ruchettes sont placées dans une zone saturée de bourdons de la souche sélectionnée.

Opérations apicoles

Les protections

Le risque de piqûre nécessite le port de protections. Les abeilles attaquent préférentiellement la tête et les parties sombres qui, pour elles, représentent des orifices, comme les yeux, les cheveux et les oreilles.

La tenue d'un apiculteur doit être claire, elle est en général blanc crème. Une coiffe munie d'un tulle noir tressé suffisamment serré est une protection minimale, les gants sont utiles aux débutants mais ils limitent la précision des manipulations.

L'enfumage

Toute intervention à l'intérieur de la ruche nécessite l'enfumage de l'essaim. Cette opération se fait à l'aide d'un enfumoir, il en existe de nombreux modèles, ils fonctionnent tous sur le même principe. La fumée est produite par un combustible emprisonné dans un récipient en tôle, la combustion est incomplète et produit beaucoup de fumée. Un soufflet permet de chasser la fumée du récipient à travers une cheminée conique et de diriger son flux. La matière brûlée peut être de la paille, des aiguilles de pin, du carton non traité...

Lorsque de la fumée pénètre dans la ruche, les abeilles se sentent en danger, elles se préparent à fuir, elles font des provisions en se gorgeant de miel. On dit que la ruche se met en état de « bruissement », un bourdonnement caractéristique sort de la ruche. Les abeilles ont rempli leur jabot de miel, à partir de ce moment, elles ne peuvent plus piquer et ne sont plus agressives. Un certain nombre quitte la ruche et tourne autour. L'apiculteur peut alors intervenir dans la ruche, il maintient l'état de la colonie un envoyant régulièrement des bouffées de fumée sur les abeilles pendant toute la durée de son travail.

Les travaux finis, les abeilles ventilent la ruche pour chasser la fumée, après quinze à vingt minutes, elles reprennent leurs activités.

L'apiculture pastorale ou la transhumance

Dans l'apiculture sédentaire les ruches sont fixes, le rayon efficace de récolte des abeilles autour du rucher ne dépasse guère 2 à 3 kilomètres, ce qui limite les récoltes. L'apiculture pastorale consiste à déplacer les ruches de site en site au grès des miellées. Très ancienne, elle était déjà pratiquée par les nomades qui emportaient leur ruches à dos d'animal. En Italie sur le , ou, en Egypte sur le Nil, les ruches étaient chargées sur des bateaux qui remontaient le fleuve dans les régions à miellées plus favorables. Les ruches étaient pleines lorsque une ligne limite de flottaison était atteinte.

Aujourd'hui les déplacements de ruches se font par route, elles sont embarquées à la tombée de la nuit alors que toutes les abeilles sont rentrées, et, rendues sur place au levé du soleil. Les véhicules employés varient en fonction de l'importance du rucher de la remorque automobile au camion. Souvent les ruches sont déchargées et mises en place dans le rucher patoral, parfois, afin de limiter les manutentions, les ruches restent en place sur des véhicules aménagés à cet effet.

Les déplacements se font souvent en utilisant les variations d'altitudes et l'avancée des saisons, en commençant par les plaines et vallées précausses d'avril a juin, puis en rejoignant les floraisons plus tardives de montagne en juillet août pour finir par les récoltes de miellats de sapin, avant de rejoindre la plaine pour l'hivernage. L' arboriculture utilise les services de l'apiculture pastorale pour la pollinisation des vergers.

Les produits de la ruche

Le miel

Élaboration

Le miel est élaboré par l'abeille à partir de substances sucrées qu'elle récolte dans la nature. Les principales sources d'approvisionnement sont le nectar, qui est produit par le nectaire des plantes à fleurs (Angiosperme), et le miellat, qui est une excrétion produite par des insectes suceurs comme le puceron à partir de la sève des arbres. Du fait de leur anatomie et en particulier de la longueur de leur trompe, les abeilles domestiques ne peuvent récolter le nectar que sur certaines fleurs, celles-ci sont dites mellifères. Le nectar sert à attirer les insectes pollinisateurs, afin d'assurer la fécondation des fleurs.

La composition des nectars varie avec les plantes qui les produisent, ils sont composés principalement de glucides tels que saccharose, glucose, fructose et d'eau. Leur teneur en eau peut être importante, jusqu'à 90 %. Les miellats sont plus riches en mélézitoze.

L'élaboration du miel commence dans le jabot de l'ouvrière, pendant son vol de retour vers la ruche. L'invertase, une enzyme de la famille des diastases, est ajoutée, dans le jabot, au nectar. Il se produit alors une réaction chimique, l'hydrolyse du saccharose qui donne du glucose et du fructose.

Arrivée dans la ruche, l'abeille régurgite le nectar, riche en eau, il faut encore de déshydrater. Pour cela, elle le dépose en fines couches sur la paroi des alvéoles. Les ouvrières ventileuses entretiennent un courant d'air dans la ruche qui provoque l'évaporation de l'eau. Lorsque sa teneur atteint 17 à 22 %, le miel est à maturité, il est emmagasiné dans d'autres alvéoles qui seront operculés une fois pleins.


Crus de miels

L'apiculture propose des miels d'origine, de saveur et d'aspect très variés. Le miel est dit monofloral lorque son origine provient en grande partie d'une seule variété de fleurs. L'apiculteur a placé ses hausses juste au moment de la miellée de la fleur recherchée et les a retirées aussitôt après pour en faire la récolte. Les autres miels sont dits toutes fleurs et peuvent être désignés par leurs origines.

Gelée royale

La gelée royale est le produit de sécrétion du système glandulaire céphalique (glandes hypopharyngiennes et glandes mandibulaires) des abeilles ouvrières, entre le cinquième et le quatorzième jour de leur existence (ouvrières qui portent alors le nom de nourrices). Substance blanchâtre aux reflets nacrés, à consistance gélatineuse, de saveur chaude, acide et légèrement sucrée, qui constitue la nourriture exclusive :

Composition de la gelée royale

La gelée royale contient en moyenne :

On y trouve également des vitamines (la gelée royale est le produit naturel connu le plus riche qui soit en vitamine B5), des oligo-éléments, de l'acétylcholine (jusqu'à 1 mg/g), des facteurs antibiotiques particulièrement actifs sur les proteus et escherichia coli B (plus connu sous le nom de colibacille).

Récolte et conservation de la gelée royale

La production de gelée royale fait appel à des techniques particulières, car les abeilles produisent juste la quantité nécessaire à l'élevage du couvain, il n'est pas stocker. Elle est pratiquée par des apiculteurs spécialisés. Les ruches sont conduites comme pour l'élevage de reine, la ruche est rendue orpheline en lui enlevant la reine. Des cadres sont placés dans la ruche avec des ébauches de cellules royales dans lesquelles l'apiculteur à mis des larves d'ouvrières âgées de 12 à 36 heures. Les ouvrières vont donner à ces ébauches la taille définitive des cellules à reines. Les nourrices servent de la gelée royale en abondance aux jeunes larves. Après 3 jours les cellules ont atteint leur maximum d'abondance. Les cadres sont alors retirés, la gelée royale est prélevée par aspiration cellule par cellule. Une ruche peut donner de 300 à 500 grammes de gelée par ans.

Dès son prélèvement, la gelée royale est mise en flacons de verre. Flacons qui sont hermétiquement fermés par un bouchon en plastique (le métal est attaqué car la gelée royale est acide pH4), puis entreposés au froid (entre 0 et 5 °C) dans une atmosphère exempte d'humidité et à l'abri de la lumière. Dans de telles conditions, la gelée royale se conserve parfaitement pendant plusieurs mois.


Le pollen

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Anatomie de l'abeille.

Chez les végétaux supérieurs, le grain de pollen constitue l'élément fécondant mâle de la fleur. Le pollen produit se trouve sur les anthères des étamines. Sa forme, sa couleur, ses dimensions varient considérablement d'une plante à l'autre. Pour être fécondée, une fleur, doit recevoir du pollen sur son pistil (organe femelle des plantes à fleurs). Toujours présent en petite quantité dans le miel, son étude permet d'identifier les origines botaniques de celui-ci. Cette technique d'identification des miels à partir des pollens qu'il contient s'appelle la melissopalynologie.

Les plantes entomophiles utilisent en grande partie les insectes pour leur pollinisation. L'abeille, en passant de fleur en fleur, dépose des grains de pollen de l'une sur le pistil de l'autre. L'abeille est largement utilisée pour la pollinisation des plantes cultivées, en particulier pour les arbres fruitiers. On estime que la valeur économique apportée par les abeilles dans la pollinisation est de 12 à 15 fois supérieure à celles des produits de la ruche.

La récolte du pollen par l'abeille est possible grâce à l'adaptation spécifique des pattes postérieures des ouvrières. Elle utilise la brosse à pollen située sur la face interne du métatarse pour récupérer le pollen dispersé sur son corps, puis le pousse et le tasse dans la corbeille à pollen située sur la face externe du tibia de la patte opposée. Un poil unique dans la corbeille sert de mât qui maintient la pelote de pollen. Une pelote pèse environ 6 milligrammes, l'abeille en transporte deux. Dans la ruche, le pollen est tassé, avec la tête, par d'autres ouvrières, dans des alvéoles.

Composition du pollen.

Le pollen est d'abord une source de protides pour les abeilles, il entre dans la composition de la bouillie distribuée au couvain.

Le pollen est également riche en d'autres substances, sa composition moyennes contient:

D'autres composants sont présents comme, des vitamines, des oligo-éléments, des enzymes (amylase, invertase, certaines phosphatases), des substances antibiotiques actives sur toutes les souches de Colibacilles et certaines de Proteus et Salmonelles. On y trouve aussi la rutine, une substance accélératrice de la croissance, des substances œstrogéniques, et de nombreux pigments qui donnent la couleur d'un pollen déterminé.

Récolte et conservation du pollen

La récolte du pollen est assez récente. Les apiculteurs ont mis au point une trappe à pollen placée à l'entrée de la ruche. Pour y pénétrer, les abeilles doivent passer au travers d'ouvertures étroites, provoquant la chute de pelotes de pollen dans un tiroir situé en dessous. Le dispositif est conçu de manière à ce que seulement 10 % du pollen soit prélevé, car il est indispensable à la croissance des colonies. Les tiroirs sont prélevés tous les un ou deux jours. Les pelotes de pollen sont séchées à 40 °C par le passage d'un courant d'air chaud et sec traversant des claies sur lesquelles elles sont étalées. Elles sont sèches dès lors qu'elles n'adhèrent plus les unes aux autres. Hydrophiles, il faut les stocker dans des récipients hermétiques.

La propolis

L'origine du mot propolis est associée au grec pro qui veut dire devant, en avant de, et polis la cité. Cette matière est utilisée comme un mortier pour réduire ou ajuster la dimension des ouvertures de la ruche en fonction des conditions climatiques.

La propolis désigne toute une série de substances résineuses, gommeuses et balsamiques, de consistance visqueuse, recueillies par les abeilles sur certaines parties de végétaux (essentiellement les bourgeons et les écorces de certains arbres), substances qu'elles rapportent à la ruche et qu'elles modifient vraisemblablement en partie par l'apport de certaines de leurs propres sécrétions (cire et sécrétions salivaires principalement).

Les principales essences produisant de la propolis sont des conifères (pin, sapin, épicéa), plusieurs espèces de peupliers (qui semblent être la source la plus importante), ou aulne, le saule, le marronnier d'Inde, le bouleau, le prunier, le frêne, le chêne et l'orme.

Dans la ruche, la propolis a de multiples usage. C'est un mortier qui sert au colmatage, à l'étanchéité de la ruche, au renforcement de rayons ou parties défectueuses de la ruche. C'est un vernis aseptisant déposé en fine couche à l'intérieur des cellules avant la ponte de la reine, ou pour lisser les parois intérieures de la ruche. Elle sert aussi à momifier les animaux intrus et morts trop gros pour être évacuer par les abeilles évitant ainsi leur décomposition.

Composition

La propolis recueillie dans la ruche est constituée globalement de :

résines et baumes 50 à 55 %
cire 30 à 40 %
huiles volatiles ou essentielles 5 à 10 %
pollen 5 %
matières diverses 5 %

La propolis contient également beaucoup d'autres éléments comme des acides organiques, de très nombreux flavonoïdes, des oligo-éléments, de nombreuses vitamines

La cire

La cire est une excrétion produite par 8 glandes cirières situées sur l'abdomen des jeunes abeilles, entre leurs 12e et 19e jours, pour bâtir les rayons de la ruche. L'abeille a besoin de 10 à 11 kg de miel pour produire 1 kg de cire. La cire appartient à la famille chimique des cérides, elle est constituée d'acides et d'alcools gras à très longues chaînes (20 à 60 carbones). Son point de fusion est d'environ 64 degrés Celsius et sa densité de 0,97 .Elle est insoluble dans l'eau et résiste à l'oxydation.

Autrefois elle était utilisée dans la fabrication de chandelles, aujourd'hui elle sert à fabriquer des feuilles de cire gaufrée réutilisées dans les ruches afin d'économiser du miel. Elle rentre dans la composition d'encaustiques pour l'ameublement et les parquets.

L'apithérapie

« L'apithérapie est le traitement des maladies par les produits récoltés, transformés ou sécrétés par l'abeille, et tout particulièrement : le pollen, la propolis, le miel, la gelée royale et le venin. » Les vertus du miel et de la propolis sont connues depuis les temps les plus anciens par la médecine traditionnelle. Ces dernières décennies des études scientifiques ont permis de confirmer et de mieux comprendre leurs propriétés. Faute de techniques de récoltes, le pollen et la gelée royale ne sont apparus que récemment, depuis, de nombreuses études ont permis de découvrir leurs propriétés. Cependant, c'est le venin d'abeille qui présente l'aspect le plus thérapeutique.

Apithérapie et miel

Le miel est un produit diététique naturel aux propriétés organoleptiques remarquables. C'est un aliment énergétique, il est rapidement assimilé, son pouvoir édulcorant est supérieur à celui du sucre (saccharose). Le miel contient en moyenne 5 % de saccharose, 6 % de maltose, 30 % de glucose, 40 % de fructose des acides organiques des oligoéléments. Sa composition est telle que les micoorganismes ne s'y développent pas, le miel ne nécessite ni conservateur, ni pasteurisation.

La médecine traditionnelle attribue généralement aux miels provenant de plantes médicinales les mêmes vertus que celles-ci.

Des recherches récentes menées à l'université de Waikato en Nouvelle-Zélande ont mis en évidence les propriétés antibiotiques du miel provenant d'un arbuste, le manuka (Leptospermum scoparium). Une enzyme spécifique, l'UMF (Unique Manuka Factor), produit du péroxyde d'hydrogène, un antiseptique reconnu dont la teneur est dix fois supérieure à celle des autres miels. Ce miel est efficace sur des bactéries multirésistantes et semble avoir des propriétés antiinflammatoires et cicatrisantes.

Apithérapie et gelée royale

La gelée royale est indiquée pour combattre la fatigue, la faiblesse, l'asthénie, la neurasthénie, la dépression légère, l'aménorrhée et la dysménorrhée.

Apithérapie et pollen

Le pollen est indiqué pour traiter les allergies saisonnières, améliorer les performances physiques, améliorer la mémoire chez les personnes âgées.

Apithérapie et propolis

La propolis a de nombreuses indications :

Le venin d'abeille

Le venin est utilisé pour soigner les affections rhumatismales, les arthrites chroniques, certaines maladies inflammatoires et la sclérose en plaque.

Le venin est administré sur les zones à soigner soit directement par des piqûres d’abeille, soit dilué à l’aide de seringues. Lorsque l’abeille pique, son dard reste planté dans la peau, quand elle se retire, une partie de l’abdomen est arraché, ce qui entraîne sa mort. On sait aujourd’hui extraire le venin de l’abeille sans entraîner sa mort.

On trouve également du venin d’abeille sous diverses présentations, crèmes, lotions, comprimés, gouttes utilisés dans le traitement de l’arthrite, des inflammations des tendons et des articulations et les affection cutanées.

L'apipuncture est une combinaison du traitement au venin d’abeille et de l’acupuncture. Elle est employée dans le traitement de l’épilepsie, de l’incontinence et des troubles arthritique. Le venin peut être administré soit par dépôt sur le point d’acupuncture soit par immersion de l’aiguille dans une solution avant stimulation.

Autres produits et dérivés

Glossaire

Cellule ou alvéole 
Compartiment hexagonal se trouvant sur les rayons d'une ruche.
Cellule de sauveté 
Cellule construite par les ourvrières pour la production de reines dans les ruches orphelines.
Cire gaufrée 
Ce sont des feuilles de cire ayant reçu sur chaque face l'empreinte de cellules, les abeilles les utilisent comme ébauches.
Couvain 
Ensemble des œufs, larves et nymphes contenus dans une ruche.
Entomophile  
Se dit des plantes utilisant les insectes comme vecteur pour leur fécondation.
Jabot 
Poche communiquant avec l'estomac, isolée de celui-ci par un clapet.
Mellifère 
Plantes donnant en abondance des substances sucrées accessibles aux abeilles domestiques.
Opercule 
Fine membrane de cire fermant une cellule.
Organoleptique 
Qui agit sur la perception sensorielle, pour les aliments : goût, odeur, couleur, aspect, consistance...
Ruche orpheline 
Ruche n'ayant plus de reine.
État de bruissement 
État d'une ruche enfumée émettant un bourdonnement intense, suite à son enfumage.
Spermathèque 
Réservoir dans l'abdomen de la reine contenant la semence des bourdons qui servira à féconder les œufs d'ouvrières et de reines.

Voir aussi

Lien externe



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