Appogiature (note étrangère)
En harmonie tonale, une
appogiature (ou appoggiature) est une note étrangère non préparée (ordinairement placée sur temps fort, ou partie forte de
temps), qui se résout par mouvement conjoint sur l'une des notes réelles de l'accord.
- Pendant la période baroque, elle était souvent notée au moyen de petites notes (appelées notes d'agrément ou
fioritures) soulignant ainsi son caractère d'ornement mélodique (cf.
appogiatures ornementales). Elle a pourtant une puissance harmonique comparable à
celle du retard à laquelle elle est apparentée : on peut
en effet l'analyser comme un « retard sans préparation ».
- Il existe également une appogiature placée sur temps faible ou partie faible de temps, et appelée
appogiature faible : elle s'apparente à une note de
passage non préparée, et doit être analysée comme telle.
Généralités
- L'appogiature sur temps fort est qualifiée d'appogiature supérieure, quand elle descend à la note réelle (exemples B
& C), d'appogiature inférieure, quand elle monte à la note réelle (exemples A & D), ou encore, d'appogiature
double, lorsqu'elle se fait à la fois avec la note supérieure et la note inférieure, ceci dans n'importe quel ordre .
- Lorsque l'appogiature est supérieure, elle doit appartenir à la tonalité. Lorsque elle est inférieure, elle peut être
accidentellement altérée de manière à être située un demi-ton diatonique au-dessous de sa note résolutive (exemple
D) : il s'agit dans ce cas, d'une altération ne provoquant aucune modulation. Cette altération permet d'éviter un
rapprochement de seconde mineure (ou de son redoublement) simultanée entre l'appogiature et la tierce majeure de l'accord.
- L'appogiature supérieure du VIe degré en mineur se fait sur un degré non altéré (une sous-tonique au lieu
d'une sensible, en somme), ceci afin d'éviter l'intervalle de seconde augmentée situé sur le VIIe degré.
- Deux ou trois appogiatures peuvent être simultanées (exemples C & D).
- À l'instar du retard, une appogiature peut être chiffrée.
- Exemples d'appoggiatures sur Ier degré :

Réalisation de l'appogiature
- Il est en principe préférable de ne pas faire entendre la doublure de la note appogiaturée en même temps que l'appogiature. Si en même temps que l'appogiature, on
fait entendre la note de sa résolution, il faut réunir les conditions suivantes :
- - cette note doit pouvoir être doublée ;
- - il faut une distance de neuvième au moins entre les deux notes en question ;
- - l'appoggiature doit se produire à la partie supérieure ;
- - les deux parties concernées doivent être séparées par une troisième partie au moins.
- L'appogiature de la tierce ne pourra donc se faire que si celle-ci n'est pas doublée.
- Si l'on remplace l'appogiature par la note réelle, il faut que la réalisation reste correcte. L'appogiature, par exemple, ne
peut dissimuler deux octaves ou quintes consécutives.
Articles connexes
Harmonie
Solfège
Musique

