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Le système phonologique décrit ici est celui de l'arabe classique « théorique », celui du Coran ; l'arabe, en effet, n'est pas prononcé
uniformément d'un pays à l'autre, loin s'en faut. Les faits de langues concernant les prononciations dialectales seront cependant
signalés. Pour une description de l'alphabet et des règles d'écriture, consulter Alphabet arabe.
| Sommaire |
Les phonèmes, le cas échéant, sont notés par paire, sourd d'abord puis sonore. La deuxième ligne représente la transcription traditionnelle, la troisième est la lettre arabe équivalente. La transcription phonétique est en API.
| Bilab. | Labio-dent. | Dent. | Alvéol. | Post-alvéol. | Palat. | Vél. | Uvul. | Pharyng. | Glot. | |
| Occlusives | [b] | [t̪] ~ [d̪] | [k] | [q] | [ʔ] | |||||
| b | t ~ d | k | q | ʾ | ||||||
| ﺏ | ﺕ ~ ﺩ | ﻙ | ﻕ | ء | ||||||
| Nasales | [m] | [n̪] | ||||||||
| m | n | |||||||||
| ﻡ | ﻥ | |||||||||
| Fricatives | [f] | [θ] ~ [ð] | [s] ~ [z] | [ʃ] | [x] ~ [ɣ] | [ħ] | [h] | |||
| f | ṯ ~ ḏ | s ~ z | š | ḫ ~ ġ | ḥ | h | ||||
| ﻑ | ﺙ ~ ﺫ | ﺱ ~ ﺯ | ﺵ | خ ~ غ | ﺡ | ﻩ | ||||
| Affriquées | [ʤ] | |||||||||
| ǧ ou j | ||||||||||
| ﺝ | ||||||||||
| Vibrantes | [r] | |||||||||
| r | ||||||||||
| ﺭ | ||||||||||
| Spirantes | [j] | ([w]) | ||||||||
| y | w | |||||||||
| ﻱ | ﻭ | |||||||||
| Latérales | [l] | |||||||||
| l | ||||||||||
| ﻝ |
Notez que [w] est en fait une spirante labio-vélaire ; /t/ et /d/ sont des apico-dentales, comme en
français.
L'arabe connaît une série de consonnes complexes, dites « emphatiques », qui comprennent, simultanément au phonème, un recul de la racine de la langue (créant ainsi une augmentation du volume de la cavité buccale) vers le fond de la bouche (recul noté en API au moyen de « ̙ » souscrit) et une pharyngalisation (API : « ˤ » adscrit), c'est-à-dire une prononciation simultanée du phonème au niveau du pharynx, là où s'articule ḥ [ħ]. On note même une certaine vélarisation, ou prononciation simultanée du phonème au niveau du palais mou, le velum ou « voile du palais ».
Ainsi, une emphatique est un phonème complexe, marqué par plusieurs caractéristiques qui se superposent les unes aux autres :
Les consonnes susceptibles d'être emphatiques sont les suivantes :
| [t̙ˤ] | [ð̙ˡˤ] | [s̙ˤ] | [ð̙ˤ] | [l̙ˤ] | [ʔ̙ˤ] |
| ṭ | ẓ | ṣ | ḍ | ḷ | ʿ |
| ﻁ | ﻅ | ﺹ | ﺽ | ﻉ |
Noter que le /l/ emphatique ne se rencontre que dans le nom Allah.
Les consonnes des syllabes d'un même mot précédant ou suivant une consonne emphatique ont tendance à être plus ou moins emphatiques elles aussi, par assimilation et dilation.
Dans le cas de l'arabe, l'influence des emphatiques sur les autres consonnes (et sur les voyelles) est autant régressive (ou « anticipatoire », les syllabes précédant l'emphatique étant touchées) que progressive (ou « persévérative », les syllabes suivant l'emphatique étant concernées). Il faut noter qu'un y [j] bloque le processus.
Ainsi, une chaîne de phonèmes imaginaire kataṣafan /katas̙ˤafan/ sera réalisée [k̙ˤat̙ˤs̙af̙ˤan̙ˤ] (considérant tout de même que les phonèmes touchés par l'influence de l'emphatique ne sont pas aussi emphatiques que le phonème responsable de l'effet ; ainsi le /k/ au début de l'exemple n'est pas aussi profond que [q], véritable emphatique de /k/), mais une chaîne kaytaṣayfan /kajtas̙ˤajfan/ vaudra en théorie [kajt̙ˤas̙ˤajfan] : seul le /t/ sera touché, les autres consonnes étant « protégées » par le [j].
La présence d'emphatique, comme on le verra plus loin, a aussi une influence sur le timbre des voyelles.
L'arabe possède au moins cette facilité que son système vocalique est fort simple. Il n'a, pour ainsi dire, que trois timbres et quelques diphtongues composées des timbres fondamentaux. Dans la pratique, il existe un plus grand nombre d'allophones (réalisations phonétiques variables d'un même phonème), surtout dans le contexte emphatique.
En dialectal, les timbres sont profondément altérés.
Noter que [j] et [w] ne sont que les variantes devant ou après voyelle de [i] et [u] respectivement. De fait, les diphtongues [ij] et [uw] sont réalisées [iː] et [uː] (notées ī, ū ou î et û respectivement) :
Les voyelles changent légèrement de timbre selon le contexte dans lequel elles se trouvent. Deux d'entre eux en particulier sont remarquables : lorsque la voyelle est précédée ou suivie dans le même mot d'une emphatique et en fin de mot.
1. L'influence des emphatiques s'applique aussi aux voyelles. Un ḥāʾ [ħ] possède le même effet qu'une emphatique :
Dans des prononciations encore plus relâchées, [i], [iː], [u] et [uː] peuvent être prononcés [ɤ].
2. En fin de mot, [a] > [ɐ] .Les voyelles longues subissent aussi souvent un abrègement en fin de mot.
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