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Hannah Arendt est une philosophe née le 14 octobre 1906 à Linden (près de Hanovre) en Allemagne d'un père ingénieur de formation et d'une mère pratiquant le français et la musique. Des deux côtés, les grands parents étaient des juifs réformés. Son père meurt en 1913 de syphilis. En 1924 elle passe son Abitur en candidate libre avec un an d'avance. Elle étudie la philosophie, la théologie et la philologie classique aux universités de Marbourg, Fribourg et Heidelberg. Elève de Heidegger, de Husserl puis de Karl Jaspers. Heidegger, avec qui elle eut une liaison, préfère l'écarter, pour préserver son ménage, et l'adresse à Karl Jaspers sous la direction de qui elle rédigea sa thèse sur le concept d'amour chez saint Augustin. En 1929 elle obtient une bourse d'étude qui lui permet de travailler jusqu'en 1933 à une biographie de Rahel Varnhagen, une jeune juive allemande. Elle ne paraîtra qu'en 1958. Sous l'influence de Kurt Blumenfeld, président de l'organisation sioniste, elle prend conscience de son identité juive, alors que Jaspers prétendait la faire adhérer à « l'essence allemande » de Max Weber. Chargée par Blumenfeld de recueillir les témoignages de la propagande antisémité, elle est arrêtée par la Gestapo et relâchée faute de preuve. Elle quitte l'Allemagne en 1933 pour la France où elle participe à l'accueil des réfugiés fuyant le nazisme. Elle facilite l'immigration des jeunes juifs vers la Palestine. À la suite d'une incarcération, elle s'évade et s'exile aux États-Unis en 1941 où elle sera professeur de philosophie politique. Elle meurt le 4 décembre 1975 à New York.
L'apport majeur de Hannah Arendt est sa réflexion sur la modernité, c'est-à-dire la rupture du fil de la tradition, exposé dans La crise de la culture. Il s'agit de penser le politique, c'est-à-dire le monde qui existe entre les hommes et sa raison d'être dans le monde contemporain, où il est plus que jamais nécessaire. Ne pouvant rester insensible au monde de son époque, Arendt s'interessera au totalitarisme et en fera une analyse qui continue à faire autorité, à côté de celle, différente et plus descriptive, de Raymond Aron.
[The Origins of Totalitarianism : Antisemitism, New York, Harcourt Brace Jovanovich, 1968 ; The Origins of Totalitarianism : Imperialism, New York, Harcourt Brace & Co, 1952 ; The Origins of Totalitarianism : Totalitarianism, 1968]


