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Cette expression d'art contemporain est utilisée par les plasticiens et les historiens pour englober deux périodes distinctes. Effectivement, les historiens placent la moderne aux alentours de la Renaissance et considèrent que la période contemporaine débute à la seconde moitié du XIXe siècle. Les pères de l'art contemporains seraient alors des artistes comme Delacroix, Baudelaire, Manet, Monet, Van Gogh et Cézanne. Les plasticiens, eux, ne tiennent aucunement compte de cette distinction et estiment que l'art contemporain débute aux alentours de la fin de la 2nd guerre mondiale. Il faut voir dans cette distinction deux considérations différentes. Alors que les historiens tiennent compte d'une évolution sociale et culturelle, les plasticiens ne tiennent compte que des évolutions liées aux beaux-arts ou arts plastiques.
Toutefois, dans le langage le plus courant et dans la plupart des ouvrages, Art contemporain sera utilisé dans une conception plasticienne et traitera donc de la période qui débute avec le déplacement de la scène artistique de Paris vers New York, jusqu'à nos jours...
L'art contemporain a pour fondement les expérimentations de l'art moderne (début XXe siècle), et notamment le désir de sortir l'art des lieux traditionnels et institutionnels. En ce sens, l'art perd peu à peu de sa fonctionalité représentative. La création contemporaine demeure un miroir pour une réalité baignée des conflits et des prises de pouvoir qu’occasionnent ces attaques contre la rationalité. L'art reflète les crises de la société et demeure le lieu d'expression des valeurs. Les rapports de l’art à l’histoire ne s’évaluent ni qualitativement ni quantitativement, mais ils débouchent sur une conception plus fonctionnelle que formelle des modalités de l'art contemporain. Ainsi,les travaux photographiques de Louise Lawler remettent en cause les structures institutionnelles de l'art : collectionneurs, sièges sociaux, galeries, musées...) pour s'ouvrir à un plus large public ; les tracts et affiches de John Heartfield, et les constructivistes russes qui, dans leurs affiches et couvertures de publication, abordent la typographie et la mise en page comme un art à part entière. D'un autre coté, l'art contemporain cherche à se définir à travers les innovations formelles qu'il s'impose et qui refusent toute contrainte de représentation.
Cependant, les acteurs de l'art moderne dans leur volonté d'exprimer leur
opinion artistique hors des cadres institutionnels pour s'adresser au public, restent liés aux institutions ; leur démarche
était de s'opposer à une idéologie (Heartfield envers le Nazisme) ou au contraire de
participer à la propagation d'une pensée politique.
Malgré la fin des idéologies imposées dans l'art moderne, les artistes actuels perdurent cet héritage en exprimant leur
engagement profond par rapport aux institutions. Notamment, lorsque leur sensibilité y est perturbée.
Aujourd'hui, l'art contemporain subit le déclin des idéologies du moderne (dans les années 1960, puis à partir de 1990 avec la chute du communisme) ; il se fonde sur de nouveaux comportements : renouveau stylistique, brassages artistiques, origines diverses, arts technologiques (accès à la puissance mathématique des ordinateurs et ergonomie des logiciels ), mode d'approche de la réalité.
Les technologies ont toujours apporté des outils à l'art. Aujourd'hui, l'artiste s'en sert comme d'un instrument de médiatisation, et en invente de nouveau. Il se base sur la culture historique, répertoriée; lit, visite, comprend, cherche, se spécialise, focalise son sujet et dépasse ce qui a été fait; Il prend position parfois, se veut démonstratif ou choquant en tout cas il cherche la médiatisation.


