Article partitif
Un article partitif est une sous-catégorie de déterminant indéfini. Il s'agit plus précisément d'une sous-espèce d'article indéfini singulier, employée devant les noms exprimant une
quantité massive (les linguistes parlent également de notion continue), c'est-à-dire, une partie d'un
référent (l'objet dont on parle), ne pouvant être comptée.
Tout comme l'article indéfini, l'article partitif participe à l'actualisation du nom noyau en indiquant simplement que le représenté (le référent) existe
bien, mais demeure inconnu des actants de
l'énonciation. Ainsi, il s'oppose lui aussi à l'article
défini.
Article partitif singulier
Du point de vue morphologique, l'article partitif singulier est le même que l'article défini singulier
précédé de la préposition de :
- Forme masculine contractée : du ;
- Forme féminine : de la ;
- Forme épicène : de l' (devant un mot commençant phonétiquement par une voyelle) :
- Je bois du lait, de l'orgeat, de la grenadine et de l'eau
- - On notera que les formes de la et de l' sont des composés flexionnels détachés.
- - Le nom actualisé par l'article partitif désigne généralement un inanimé (du sable). S'il désigne un animé
(un animal plus qu'un humain), il transforme celui-ci en matière consommable, en viande de boucherie :
- Un veau [article indéfini] ; le veau [article défini] ; du veau
[article partitif].
Article partitif pluriel
Désignant une partie non comptable d'un ensemble continu, l'article partitif ne devrait normalement connaître
que le singulier.
- Cependant, lorsque le nom concerné n'existe qu'au pluriel, on utilise la forme épicène de l'article indéfini pluriel
des, elle-même calquée sur l'article défini pluriel précédé de la préposition de (forme
contractée, encore une fois) :
- Des archives, des cendres, des décombres, des rillettes, des ténèbres, des
vivres…
- - En dehors des cas particuliers ci-dessus, un syntagme actualisé par un article partitif singulier ne peut
se mettre au pluriel qu'au prix d'une modification sémantique :
- Par exemple, « des eaux » est le pluriel de « une eau », et non pas celui de
« de l'eau », qui normalement n'en possède pas.
- - Notons que l'article partitif pluriel est presque toujours converti en de par un verbe à
la forme négative :
- Il mange des rillettes / Il ne mange jamais de rillettes.
- Malgré leur forme identique, l'article partitif et l'article défini précédé de la préposition
de ne doivent pas être confondus :
- Je parle de l'eau. / Je veux de l'eau.
- Dans le premier exemple, de l' est l'article défini précédé de la préposition de
(eau est donc C.O.I. du verbe parle). Dans le second, de l' est un article
partitif (eau est donc C.O.D. du verbe veux, puisqu'il n'y a pas de préposition).
Articles connexes

