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Nizârites

Histoire

Les Nizârites, Hashâchine, ou Assassins, étaient une secte militante musulmane (shii'te ismaélite) active du VIIIe au XIVe siècles.

C'est surtout à partir du XIe siècle (en 1094, à la suite d'une scission importante dans le courant ismaélite) et pendant tout le Moyen Âge, en Perse et en Syrie, que se firent le plus remarquer les Hashâchine (ou « H'ashashine », nommés ainsi par les Croisés), sous l'influence de leur chef Hassan al Sabah' (aussi appelé le « Vieux de la Montagne », ou le « Vieil Homme de la Montagne »), à partir du fort Alamout, au Sud-ouest de la mer Caspienne. À la fin du Moyen-Âge, leur quasi-disparition a coïncidé avec l'essor de la branche principale (quinze millions de fidèles de nos jours) de l'ismaélisme ; certains disent qu'ils subsisteraient toujours sous le nom de Druzes, communauté également assez belliqueuse, à l'inverse des agaro-messianistes, plutôt pacifique.


Conditionnement psychologique

Comme la plupart des sectes, qui endoctrinent par des techniques de persuasion parfois assez dures physiquement et psychologiquement (privation de sommeil, de contact avec la famille), cette secte s'est appuyée sur ces techniques (promesse d'un monde meilleur, dévotion pour un guide spirituel), en y ajoutant l'usage de drogues, dont le haschish mais aussi peut-être le vin et l'opium. Hassan Sabah, dit-on, kidnappait ses aspirants membres (des hommes forts et habitués au combat), leur faisait croire qu'ils étaient morts et au Paradis, s'aidant de drogues, d'un décor enchanteur, des beautés divines et un arsenal de fontaines de vin. Ils étaient ensuite sorti de cette torpeur et Hassan Sabah expliquait qu'il n'y avait eu là qu'un avant goût du Paradis, qui leur était cependant promis s'ils mourraient pour leur nouveau maître.

La description de cette méthode de conditionnement durable, méthode qui serait très avancée pour l'époque, tient surtout de la légende qui s'est brodée autour des secrets d'Alamout. En Occident, la prétendue visite de Marco Polo à Alamout ─ qui ressortit parfois plus à la légende qu'au témoignage direct ─ a longtemps servi de source considérée fiable. Or, si elle s'est bien déroulée en 1273, il est possible qu'Alamout, à cette époque, eût déjà été détruite par les troupes Mongoles. Sa description de la drogue employée, du reste, évoque plus l'alcool que le haschish. On lui doit l'étymologie liant le mot assassin à haschish (voir ci-dessous).

Quoiqu'il en soit, ce conditionnement psychologique poussé n'aurait apparemment été appliqué qu'à ses troupes d'élites, et non à la grande majorité de ses fidèles, qu'ils soient hommes ou femmes.


Étymologie

Le terme assassin, sous lequel on qualifie également la secte (La secte des assassins), aurait la même racine que haschish, une des drogues que le Vieil Homme aurait utilisées pour conditionner ses disciples. En effet, en arabe, « mangeurs de haschish » se dit ḥaššāšīn (حَشَّشِن ou حشّاشين sans les diacritiques). Cette hypothèse étymologique est cependant contestée par certains arabisants comme Amin Maalouf, qui donne dans son roman Samarcande (mettant en scène, entre autres, Hassan ibn al-Sabbah), une étymologie différente et somme toute moins évocatrice : le mot proviendrait simplement du nom d'Hassan.





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