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L'aurochs était un bovidé de grande taille (à peu près 2 mètres
au garrot) qui vécut en Europe à l'état sauvage, jusqu'au
Moyen Âge. Le dernier spécimen, une femelle, aurait disparu en 1627 en Pologne et un autre en Serbie. Il serait apparu en Eurasie durant les dernières glaciations.
Ses caractéristiques morphologiques étaient un dos rectiligne et un crâne volumineux, un front plat, et étroit muni, de grandes cornes à courbure hélicoïdales et tournées vers l'avant.
Il fut domestiqué, dès le néolithique et en Grèce vers 6 000 avant J.C. Il est à l'origine de nos races modernes de bovins (Bos taurus ou Bos indicus). Il est aussi à l'origine de petites races apparues à la fin des temps préhistoriques, comme le 'brachycère, ou petit bœuf des Palafittes, qui passa d'une taille d'environ 2 m au garrot à celle de 1,20 m. Le bœuf crétois, représenté si abondamment sur les fresques de Cnossos, possède la même ascendance, de même que la dernière race sauvage européenne (l'actuel bœuf de Camargue).
Récemment, et à partir de croisements réalisés entre les deux guerres, les frères Heck, nazis notoires, ont prétendu « reconstruire l'aurochs ». Bien entendu, Bos primigenius (l'aurochs) a disparu et ne pourra jamais être recréé. Il s'agit en fait d’une supercherie scientifique destinée à justifier les théories raciales nazies. Aujourd'hui, en France, il est possible de voir des pseudo-aurochs dans divers et parcs d'attraction animaliers. Il est utile de rappeler, que présenter cet animal sous le nom d'aurochs est une tromperie, destinée à berner le grand public (voir l'article consacré sur sujet dans le Courrier de l'Environnement n° 34 - ainsi que l'ouvrage Aurochs, le retour.... d'une supercherie nazie - Piotr Daszkiewicz - Jean Aikhenbaum - HSTES Paris.
L'animal présenté aujourd'hui sous le nom d'aurochs, aurochs de Heck, aurochs reconstitué, etc. n'est qu'un bovin ordinaire. La « reconstruction » avait été faite dans l'ambiance d'un retour à la race pure et aux sources de l'identité germanique, théories chères aux idéologues du 3e Reich. Ceci dans le but de justifier les théories raciales nazies.
Le ministère de la protection de la nature et des ressources naturelles de la République polonaise, interrogé lors de la tentative d'introduction du faux aurochs en Pologne, a dit en substance « que le projet était ridicule ». Le Conseil national de la protection de la nature de la république polonaise dans un communiqué signé de son président M. le professeur Zbigniew Glowacinski, qui s’est appuyé sur l'opinion de ses experts, dont le professeur Z. Pucek de l'institut d'études des mammifères, membre de l'Académie polonaise des sciences, président du Bison Specialist Group SCC/IUCN et du Dr. J. Raczynski de l'université de Bialystok, dans son communiqué celui-ci a donné un avis défavorable sur le « projet d'élevage et croisement de bovins au nord-est de la Pologne sous la dénomination malhonnête de réintroduction d'aurochs ». Pour justifier les raisons de sa décision la commission a souligné le caractère malhonnête de cette opération, puisqu’au regard de nos connaissances actuelles en génétique, il est impossible de reconstituer une espèce disparue, dans ce cas de figure, il s’agit bien évidemment d'une nouvelle race bovine et non d'aurochs.
La Commission a également évoqué les dangers que comportaient ce projet dans une zone de reintroduction de bisons (parmi ceux-ci, la possibilité de transmission d’épizooties bovines à la faune sauvage ne peut être écartée, l'incompétence professionnelle des institutions qui ont été désignées pour exécuter ce projet, l’absence d'un programme scientifique et le risque écologique que peuvent présenter des introductions irresponsables d’animaux dans la nature. Les experts ont souligné également que les buts et les moyens de ces élevages demeurent obscurs.
Ce pseudo-aurochs n’est qu’un bovin ordinaire (bos taurus) obtenu à partir de métissages récents. Contrairement à ce que prétendent ses actuels promoteurs, il ne présente aucun un intérêt écologique particulier.


