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L'autoconstruction est le nom donné à l'action, pour un particulier, de réaliser sa propre maison sans, ou
pratiquement sans, l'aide de professionnel du bâtiment. Elle inclut en particulier la réalisation du gros-œuvre (maçonnerie et
charpente-couverture) mais exclut assez souvent les travaux de terrassement.
Comme il faudrait plusieurs livres pour traiter du sujet et que la place nous est limitée, nous nous contenterons de
l'essentiel.
L'autoconstruction concerne également des réalisations plus modestes qu'un pavillon, tout projet nécessitant plusieurs corps de
métier et au moins une déclaration de travaux peut être conduit avec la démarche décrite ici.
L'autoconstruction ressemble à la traversée de l'Atlantique en solitaire, on ne se lance qu' après mûre réflexion et à la fin de la préparation, on sait qu'on arrivera jusqu'au bout.
Contruire sa maison n'est pas seulement une opération économique, un plaisir, une certitude de savoir « comment c'est fait », une façon de tout maîtriser, c'est aussi, par l'ampleur du travail, du temps et de l'énergie a y apporter, une sorte de défi que l'on se lance à soi-même.
Mener à bien un projet qui peut s'étaler sur trois à dix ans (certains disent « toute une vie ») et nécessite une persévérance qui frise l'obstination. Le gros-œuvre réclame une bonne forme physique et un savoir faire particulier et aussi un outillage spécifique. Certaines grosses opérations (coulage de dalles, couverture...) ne peuvent se faire sans aide. Les connaissances minimum s'apprennent dans les livres mais surtout sur d'autres chantiers.
Les livres, magazines, fiches techniques établies par les magasins de bricolages... à la portée de tous sont nombreux. Il n'est pas nécessaire de savoir calculer un linteau en béton armé mais cela peut être utile d'en avoir compris le principe. La lecture des fascicules et plaquettes édités par les organismes plus ou moins officiels (CSTB, EDF...) ou par les fabricants est généralement accessible à tous et apporte l'essentiel. Il suffit de passer quelques jours à Batimat, le salon du bâtiment à Paris, pour rapporter quelques tonnes de documentation dans tous les domaines. Quelques années avant de donner le premier coup de pioche il est bon d'avoir donné un coup de main dans chaque corps de métier à des amis ou voisins en plein chantier. Et il n'est pas exclu qu'ils rendent la pareille en apportant une aide, en prêtant un outil ou en donnant un surplus de matériaux.
Avant d'aborder sérieusement le projet, il ne sera pas inutile de consulter son assureur, son notaire, la mairie du lieu, les services de la DDE et de la DDASS... On évoquera dans le corps de l'article les points particuliers relatifs à la réglementation.
Un proverbe chinois (ou hébreux, ou arabe...) dit : Si tu veux construire une maison, assieds-toi ! . Il convient donc de s'asseoir, pour réfléchir et calculer.
Construire pour soi implique de faire l'inventaire de ses propres besoins actuels et futurs, d'imaginer l'évolution de la famille, de son propre mode de vie... Il faut dissocier la part du rêve (indispensable) et ce qui est réalisable, au moins dans l'immédiat. Il est fort possible qu'un couple vivant dans un appartement en ville ne fonctionnera plus de la même façon quand il sera dans son pavillon rural avec ses trois enfants. On s'efforcera de lister tous les souhaits des personnes concernées puis de faire une sélection après les avoir triés. Un des avantages de l'auto-construction est que, vu le temps nécessaire pour réaliser chaque étape, on peut rectifier le tir si de meilleures idées apparaissent en cours de réalisation.
Il s'agit non seulement de la trésorerie indispensable pour acheter les matériaux et l'outillage, payer les taxes (TLE...), frais de raccordements (EDF...) mais aussi le nombre d'heures,
l'aide que l'on peut espèrer des amis, les outils que l'on peut éventuellement emprunter. Le temps nécessaire à la réalisation
d'un travail est assez difficile à estimer, surtout si c'est une première. On est généralement trop confiant et
optimiste.
Sujet très vaste. Voici quelques axes de réflexion qui aideront dans la démarche.
Le choix est ensuite une affaire de compromis et de feeling.
La prospection est parfois laborieuse. Aux abords des villes, les terrains sont petits et rares. En dehors du tour des agences et
l'analyse des petites annonces, on peut essayer d'interroger chacune des mairies située dans la zone intéressante pour dépister
les projets de lotissements communaux, consulter les plans d'occupation des sols (POS) pour y repérer les terrains constructibles
non viabilisés...
Dans le chapitre Estimation des ressources, on a calculé la capacité globale en heures de travail disponible par
mois. Par corps de métier, le temps nécessaire à la réalisation doit être calculée en heures de travail pour déterminer une durée
en semaines de chaque grande opération. Pour cela il est indispensable de tenir compte de la saison, des périodes de vacances, de
la disponibilité des matériels et outillage à emprunter...
A l'aide de tous ces éléments on pourra établir un planning sommaire qui permettra de déterminer les échéances-clés du projet. Il
existe des outils simples de planification sur PC qui faciliteront grandement ce travail. Pendant la réalisation, l'avancement
des travaux pourra être suivi plus précisément.
En parallèle avec le calcul des heures, sera effectué le calcul des besoins en trésorerie. Les grandes dépenses seront
positionnées dans le temps et les ressources financières nécessaires seront évaluées (quel montant et à quelle date).
A défaut de boule de cristal, un peu d'imagination suffit pour prévoir les besoins futurs de la famille à qui est destinée la
maison. Il vaut mieux prévoir l'installation de capteurs
solaires et n'en mettre jamais que de regretter de n'avoir pas un pan de toit plein sud. Des combles aménageables ne sont pas
plus coûteux que des combles qui ne le sont pas. Et s'ils sont aménageables l'intégration d'un escalier doit être prévu dès le
début du projet.
Quelques idées parmi des centaines :
Un maison peut être considérée comme un ensemble de volumes protégés, destinés à abriter diverses fonctions vitales d'une famille : se nourrir, dormir, travailler,
se distraire, faire sa toilette, recevoir des invités... Elle doit permettre non seulement à la famille de s'isoler des
agressions extérieures (froid, chaleur, intempéries, intrusions diverses, regards...) mais aussi donner à chacun des membres de
la famille la possibilité de s'isoler du reste de la communauté tant sur le plan du regard, des odeurs, que du bruit...
Lorsqu'un inventaire le plus complet des fonctions à assurer est terminé, on peut juxtaposer les volumes destinés à remplir ces
fonctions et tenter de les relier entre eux de la façon la plus judicieuse. Il reste ensuite à imaginer la coquille qui protègera
le tout et à intégrer cet ensemble dans un espace tout aussi hérissé de contraintes : le terrain et son environnement.
L'inventaire des contraintes extérieures au bâtiment et des divers espaces intérieurs à la maison va permettre l'implantation de cette dernière sur son terrain. Exemples :
La conception d'une maison réclame beaucoup de temps, d'essais ratés, de nuit-qui-porte-conseil, d'idées géniales et de papier de brouillon. Il ne faut pas hésiter à reprendre tout à zéro et à remettre l'ouvrage sur le métier autant de fois qu'il sera nécessaire. L'observation et la visite d'autres maisons sont très enrichissantes.
La construction projetée sera déterminée aussi en fonction de l'architecture locale :
ou des évolutions futures :
La question à se poser à chaque étape est : « et si un jour on voulait faire... ». Penser aussi à l'évolution des goûts, la mode actuelle paraîtra peut-être ringarde dans une paire de décennies.
De l'esquisse on passe à un dessin d'ensemble de chaque niveau (sous-sol...) et de chaque façade. Inutile de trop fignoler le
graphisme, il va falloir faire des dizaines de retouches avant d'avoir traité tous les problèmes posés. Il existe des
applications plus ou bien faites de dessin d'architecture sur PC, on les gardera pour le dessin final car rien ne vaut le papier
calque (pour pouvoir superposer les différents niveaux), le crayon et la gomme. L'échelle 1cm pour 1 mètre (1/100) convient bien
pour l'avant-projet (format A4=21x30 cm), on passera à 2cm pour un mètre (échelle (1/50) avec les dessins plus détaillés (format
A3=30x42 cm si nécessaire).
L'inventaire des besoins établis précédemment sera complété au fur et à mesure que l'on rentrera dans le détail.
À la liste des besoins on ajoute celle des contraintes comme par exemple :
Dés cette étape il peut être très rentable de consulter un architecte diplômé pour recueillir son avis. Certaines
administration (DDE, mairie des grandes villes...) emploient des architectes chargés de répondre aux questions du public. À
défaut il vaut mieux payer, avant les travaux, les services (à négocier) d'un architecte privé que le coût d'une erreur
grave.
Lorsque le plan d'ensemble de chaque niveau est stabilisé on peut alors passer au dessin des plans de détails à l'échelle 1/50
par corps de métier:
Ces plans serviront aussi à déterminer l'approvisionnement des matériaux, au calcul de devis plus précis, à la réalisation et à la maintenance future. Ils seront corrigés au cours de la réalisation.
Si la surface hors œuvre nette (SHON) ne dépasse pas une certaine valeur (170m² correspondant à un pavillon moyen, à confirmer
par la DDE), le recours à un architecte n'est pas obligatoire pour la réalisation des plans d'une autoconstruction. Au-delà de
cette surface, rien n'empêche le maître d'ouvrage (propriétaire de la future construction) qui est à la fois le maître d'œuvre
(responsable de la réalisation) de faire l'étude de l'avant projet et de le soumettre à un architecte concilliant qui reprendra
ces plans, les redessinera éventuellement et y aposera sa signature. Le coût de la prestation dépend du travail à réaliser. Pour
avoir un ordre de grandeur on peut soit consulter plusieurs cabinets, soit interroger l'Ordre des Architectes.
La constitution du dossier de demande de permis de construire ne demande pas de compétences particulières et les démarches sont
très instructives. Les services compétents de la Direction Départementale de l'Equipement (DDE, en France) seront d'une aide
précieuse, on peut les consulter à toutes les étapes du projet. Le délai de retour du permis de construire peut dépasser 3 mois
dans certains cas particuliers (zone protégée, proximité d'un monument historique...). Aprés réception de l'autorisation, il faut
procéder à l'affichage des principales informations figurant sur le permis de construire.
Textes de référence :
Bien qu'on n'ait pas l'intention de faire appel à eux, il est très instructif de faire établir, à partir des plans détaillés,
des devis par différents artisans pour chacun des corps de métier. Les solutions proposées et la discussion avec les hommes de
l'art est aussi un bon moyen de formation. Il n'est pas rare que les avis divergent car il n'y a pas toujours de solution idéale
à un problème et il peut y en avoir plusieurs équivalentes. Les montants estimatifs seront conservés pour calculer l'économie
réalisée en faisant par soi-même.
Les quantités nettes calculées (masse de ciment, volume de bois de charpente, longueurs de tubes de cuivre sanitaire...) seront majorées de 10 ou 20% pour tenir compte des
pertes et des chutes, en particulier pour le bois de charpente, le sable. Comme les
livraisons seront généralement fractionnées, on pourra rectifier le tir lors des commandes suivantes. Par contre le béton prêt à l'emploi sera calculé au plus juste car il ne se stocke pas (voir §
fondations).
Les prix des matériaux varient dans de grandes proportions en fonction de la
quantité et du chiffre d'affaire. Certaines négociants proposent des « prix artisans » qui n'ont pas vraiment de sens,
seul le montant à payer importe. Les qualité du service, délai de livraison, condition de transport et de déchargement, délai de
paiement, possibilité d'échange et de reprises... entrent en ligne de compte dans le choix du fournisseur. Il est généralement
possible de négocier des remises par type de produit et d'ouvrir un compte chez un ou deux marchands de matériaux; se munir des quantités estimées et du jeu de plans de détail. Comparer les
produits d'un négociant à l'autre, il peut y avoir des différences énormes de qualité pour deux matériaux apparemment identiques. Tenir compte de la durée de conservation (ciments, peinture...) et du coût de stockage (place, abri, bâche, argent immobilisé...) avant de déterminer le
volume à acheter.
Temps moyens d'exécution voir : batitel.com entre autres.
Lorsque le plan d'ensemble de chaque niveau est stabilisé on peut alors passer au dessin des plans de détails à l'échelle 2/100 par corps de métier:
Ces plans serviront aussi à déterminer l'approvisionnement des matériaux, au calcul de devis plus précis, à la réalisation et à la maintenance future. Ils seront corrigés au cours de la réalisation et seront conserver éternellement dans le dossier de la construction avec les photos prises en cours de la réalisation.
Les travaux de terrassements sont extrêmement variables d'un chantier à l'autre, selon la configuration du terrain, le volume
enterré de la construction, la nature du terrain (roche, sables...). Un sol compact
limite l'effondrement des parois qui se produira immanquablement dans un terrain formé d'alluvions. Les plus grandes difficultés
surgissent quand on rencontre un sol non homogène, formé d'un banc de roche adjacent à un terrain plus meuble. L'assise de la
construction nécessite des fondations renforcées.
La terre végétale est précieuse, elle doit être décapée et mise soigneusement de côté; On l'utilisera pour le regarnissage, en
fin de chantier, elle sera stockée à part, en un tas ne gênant pas la circulation. Le volume des terres stériles à évacuer est la
différence entre le volume enterré du bâtiment et le volume du remblais nécessaire pour la mise en forme définitive du terrain.
Si la quantité de terre à évacuer dépasse quelques dizaines de mètres-cube, le coût d'évacuation peut-être élevé et il faudra
rechercher un lieu de dépôt. Le coût du transport peut être supporté par celui qui recevra les remblais dans la mesure ou ce
dernier est demandeur.
La meilleure date pour effectuer les travaux de terrassement est la saison froide quand le sol est gelé (pour les régions du
nord), ailleurs il vaut choisir la période la plus sèche et éviter de travailler sur un terrain détrempé. Réserver longtemps à
l'avance la capacité du terrassier et discuter avec lui de l'organisation du chantier, en allant directement sur le
terrain.
La voie d'accès au chantier devra être aménagée dès le début des travaux. Prévoir les zones de circulation et de stockage des
matériaux, la zone de manœuvre des camions... Tenir compte des futures
tranchées à creuser pour l'eau, l'électricité...
Commencer par repérer avec certitude les bornes et limites de terrain. Pour cela on aura grand intérêt à consulter les
propriétaires voisins, à mesurer au décamètre toutes les dimensions pour vérifier la conformité du plan à la réalité. En cas de
litige le recours à un géomètre est quasi indispensable. Inutile de commencer les travaux avant que tout doute ait disparu. Le
piquetage doit être effectué en accord avec le terrassier qui donnera les consignes et la méthode à laquelle il est habituée et
fournira éventuellement le matériel. Un point de référence pour le nivellement sera choisi en tenant compte du niveau naturel du
sol, des écoulements, de la visibilité par rapport au chantier... Cette référence sera située en un endroit non concerné par les
travaux et pouvant être retrouvé rapidement avec certitude (le marquer sur le plan). Profiter de la présence du terrassier (ou du
géomètre) avec sa lunette de nivellement pour relever les niveaux de plusieurs points régulièrement répartis (bornes...)
Pour mieux se rendre compte de l'effet final lié à l'implantation, on peut tracer au sol le pourtour et la disposition des
principales ouvertures en utilisant du plâtre en poudre.
Cet artisan interviendra à plusieurs moments de la construction :
Le terrassier est un sculpteur de terrain. De la qualité de ses premières interventions dépendront les conditions de travail
de l'autoconstructeur pendant des mois lors de la réalisation de la maçonnerie, charpente... Le modelé du terrain, l'harmonie des
volumes remblayés seront directement liés à ses qualités artistiques. Lorsque le terrassier a fini son travail, la future pelouse
doit ressembler à un jardin, pas à un champ labouré. Autre détail : dans le cas d'un sous-sol, les tolérances sur la
planéité et l'horizontalité du sol devront être inférieures à 10 cm
Les qualités d'un bon terrassier qui intéressent l'autoconstructeur sont :
Le terrassier le moins cher ne sera peut-être pas le plus méticuleux. Avant d'en choisir un, il est indispensable de voir par soi-même sa façon de travailler. Ce métier étant sensible au temps, il est en partie saisonnier On aura intérêt à convenir au plus tôt de la période de réalisation des fouilles. Selon le type de terrassement, les engins utilisés pourront être différents : si un tracto-pelle est indispensable pour creuser des rigoles ou tranchées, un bull sera sans doute plus rentable si le volume du trou dépasse une centaine de mètres-cube. Si une partie des terres doit être évacuée, ou si du remblai doit être rapporté par la suite, il sera plus efficace que le terrassier possède lui-même un camion.
Dés le début des travaux il est nécessaire d'évacuer toutes les eaux (sources mises au jour, ruissellement de la pluie... Il
peut être judicieux de réaliser sans attendre le raccordement à l'égout, au fossé ou du moins à un point plus bas du terrain. Les
propriétaires des terrains voisins situés en contrebas ne peuvent s'opposer à l'évacuation des eaux de pluie et de drainages, par
contre ils peuvent réclamer une participation aux frais engendrés par des travaux d'évacuation.
Le choix de la canalisation principale d'évacuation doit être fait en tenant compte :
Deux types de matériaux sont concurrents : le béton et le PVC. Par rapport au premier le PVC est plus léger, en grandes longueurs, plus
cher, plus facile à mettre en œuvre, moins résistant à l'écrasement. En cas de tube en béton, bien cimenter les raccords pour éviter les intrusions de racines des arbres proches. La pose d'une canalisation n'est pas problèmatique mais doit être réalisée avec soin et un
minimum de règles.
Des regards seront placés de façon à permettre la visite et le nettoyage ; leur diamètre est fonction de leur profondeur.
Les sorties doivent être grillagées pour interdire l'introduction d'objet (ballons d'enfants...) ou d'animaux (rats...). La
profondeur de la canalisation est importante : trop faible il y a risque de gel et d'écrasement par les véhicules.
Avant rebouchage, relever soigneusement la position et la profondeur des canalisations par rapport à des repères permanents
(angle de mur, bornes...). Conserver en lieu sûr le document.
Le but du drainage est de protéger la partie basse de la construction (fondations, sous-sol, bas des murs extérieurs des
infiltrations d'eau (sources, ruissellement...) en construisant une canalisation poreuse ceinturant au plus près le bâtiment,
en-dessous de son point le plus bas. Le drainage est une opération importante qu'il convient de réaliser soigneusement, même dans
le cas d'un vide sanitaire.
Réalisation :
Si une source est mise à jour lors des fouilles, il est nécessaire de la capter et de l'évacuer comme on le fait avec les eaux
de pluie.
Les drains en barres rigides de PVC avec une rigole en partie inférieure doivent être préférés au drain agricole trop souple et
plus fragile.
Une construction isolée au milieu d'un terrain peut comporter :
Au début de la construction, et tant que le remblaiement n'a pas été effectué, on se contentera de faire réaliser un chemin
d'accès résistant au passage des véhicules les plus lourds.
La réalisation de ce chemin consiste en :
Les murs de souténements seront si possible réalisés en même temps que les murs du sous-sol. Il devront être surdimensionnés et drainés pour résister à la pression de la terre, en particulier par temps de gel. Il existe des pavés ajourés qui permettent de réaliser des places de parking stables et verdoyantes. C'est une bonne solution pour conserver la surface de terrain absorbante pour la pluie.
Contrairement aux maisons autonomes, chaque pavillon doit être relié aux réseaux publics comme par exemple :
En général la responsabilité du distributeur ( syndicat des eaux, EDF...) s'arrête en limite de propriété. Le compteur
électrique est placé en limite tandis que le compteur d'eau, sensible au gel est généralement abrité dans la construction.
Le raccordement aux réseaux téléphonique et électrique peut s'effectuer par un câble aérien (solution la moins chère et la moins
esthétique) ou par un câble souterrain plus discret et moins gênant. Les câbles enterrés sont passés dans des gaines spéciales
très résistantes. Leur diamètre intérieur est largement surdimensionné. Un tire-fil est passé dans la gaine au moment de
sa fabrication.
La profondeur d'enfouissement des canalisations est réglementée et dépend de la nature du fluide transporté et de l'endroit. Pour
mieux repérer une canalisation lors des fouilles futures, un filet avertisseur en matière plastique de couleur particulière au
type de canalisation est déroulé au-dessus de cette dernière. Même si les branchements ne sont pas effectués tout de suite, les
gaines seront enfouies au plus tôt. Des branchements provisoires d'électricité et d'eau dits « de chantier » peuvent être demandés. Un abonnement électrique
de chantier est assez onéreux et comme la consommation est très faible pendant la réalisation du gros-œuvre, l'électricité pourra être produite au début par un petit groupe électrogène
ou fournie par un voisin complaisant.
Un mètre-cube de terre remuée occupe plus de volume que la terre tassée (phénomène de foisonnement), ce qui implique de
majorer l'épaisseur de remblai pour tenir compte du tassement qui peut s'effectuer durant de nombreuses années. Toute
construction postérieure au remblaiement devra reposer sur le sol ferme, ce qui implique parfois de creuser profondément pour
établir une semelle de fondation, même pour une construction « légère » comme une véranda... L'aménagement d'une
terrasse sur un remblai quelque peu épais devra être considéré comme provisoire (dalles sur sable ou gravier et non pas dalle bétonnée). L'utilisation d'un engin à chenilles est préférable pour faciliter la
stabilisation.
Le remblaiement commence par le décapage de la terre végétale, si ce n'est déjà fait, suivi de la réalisation des tranchées et la
pose des regards, fosses... La terre stérile est ensuite répartie suivant la forme à donner au terrain. Si le terrain est humide,
le moment est venu de poser les drains puis la bonne terre est étalée sur une couche d'au moins 15 à 20 cm pour le gazon (mais
jusqu'à 80cm pour un arbre). La pente à donner doit être suffisante pour faciliter le ruissellement de l'eau de pluie mais ne pas
dépasser 50% si un engazonnement est prévu.
Les fondations sont un élément essentiel de la construction. Elles constituent une base rigide qui supporte la masse de la
maison toute entière (des centaines de tonnes) et répartit cette charge sur le sol de façon à ce qu'aucun mouvement du bâtiment
ne soit décelable. Elles sont constituées d'une ensemble de poutres (encore appelées semelles) en béton armé solidement
reliées entre elles. La surface des fondations est calculée pour que la pression (en MPa = N/mm²) soit inférieure à la résistance
du sol et ce en toutes circonstances (fortes pluie, sécheresse, gel...). Cette surface est proportionnelle à la largeur de la
semelle et doit être déterminée à chaque endroit en fonction de la charge locale à supporter (mur, conduit de fumée, escalier,
poteau...) et des variations de résistance du sol à la pression. Les semelles sont coulées dans des fouilles en rigoles de
section pratiquement carrée creusées par le godet d'un tracto-pelle. Le fond des rigoles doit être propre au moment de la coulée
et la surface des semelles sera nivellée de façon à faciliter la pose des murs.
L'opération de coulage est relativement rapide si l'on fait appel à un fournisseur de béton tout prêt. Comme il est difficile de calculer au plus juste, on aura intérêt à prévoir un ouvrage coffré et
prêt à être coulé au cas où il y aurait un surplus avec les fondations. À contrario on peut commander un peu moins que le volume
estimé et compléter avec du béton fabriqué « à la main ». Prévoir dans ce
cas sable, gravier, ciment et eau ainsi qu'une
petite bétonnière. Cette façon de faire peut être appliquée pour le coulage des dalles.
La différence entre sous-sol et vide sanitaire n'est pas seulement une question de hauteur : accès extérieur, nivellement
du sol, éclairage, drainage... sont nécessaires dans le cas d'un sous-sol. Ce dernier nécessite une hauteur entre sol et plafond
d'au moins 2 mètres sous les linteaux. S'il est entièrement enterré on l'éclairera à l'aide de larmiers débouchant dans des
cours anglaises .
Il n'est pas rare qu'un sous-sol soit aménagé par la suite pour être habitable. Il vaut mieux prévoir dès le début les
écoulements pour installer par la suite des toilettes ou une salle de bain n'est pas une précaution inutile. Les ouvertures
seront prévues en conséquence (larmiers ou fenêtre, portes...)
Un sous-sol bien drainé ne doit pas être humide. Toutefois dans une pièce chauffée d'un sous-sol et non isolée peut se produire
de la condensation qui pourrait laisser croire à des infiltrations. Le sol pourra être isolé en ajoutant un plancher sur
lambourdes si l'on a prévu une hauteur suffisante dès le départ, mais il conviendra dans ce cas de ventiler correctement les
locaux car un plancher bois est très sensible à l'humidité.
La réalisation d'un dallage béton dans un sous-sol peut être envisagé avant de monter le cloisonnement, ce qui permet de travailler au propre dans toutes les phases suivantes. Cette opération se fait selon les mêmes règles que l'on soit à l'intérieur ou à l'extérieur :
Comme le béton banché est hors de portée de l'amateur, les murs seront montés en
parpaings. Pour le sous sol ou les murs de souténement, on utilisera une épaisseur de 25cm ou des parpaings spéciaux dits
« de coffrage » qui peuvent être remplis de béton. Les étages seront
montés en parpaings de 20cm. L'utilisation de briques (isolantes ou non) pour les murs de l'habitation est possible mais plus
délicate, en particulier pour la réalisation des enduits. Le béton cellulaire est un
produit séduisant par sa légèreté et son facteur d'isolation mais son prix de revient est plus élevé. En outre il n'est pas
évident de réaliser un enduit résistant aux intempéries et au gel sur un mur exposé.
L'outillage le plus important est l'échaffaudage. Pour une hauteur d'étage (inférieure à 3m) on peut se débrouiller avec des
piles de parpaings et de bon madriers. Pour terminer les pignons il faudra sans doute s'en procurer un. Compte tenu du poids des
parpaings, un matériel sérieux est indispensable.
Les murs sont de deux sortes :
La partie inférieure d'une ouverture est matérialisée par un seuil (pour les portes) ou par un appui (pour une
fenêtre) qui peuvent être coulés en place ou préfabriqués. Tenir compte des huisseries (portes et fenêtres) avant de couler,
commander et installer un seuil ou un appui. Dans certaines régions les ouvertures extérieures sont encadrées par des jambages en
briques, pierres de taille...
La partie supérieure d'une ouverture (intérieure ou extérieure) est constituée par un linteau repossant sur les murs et
supportant la charge du mur, de la dalle ou de la charpente placés au-dessus de lui. Le linteau peut être une poutre en béton armé ou préfabriqué. Il existe des linteaux préfabriqués en forme de coffrage (ou
coffre de volet roulant) dans lequel on coule du béton. La partie supérieure du
linteau est parfois constituée par le chaînage de la dalle.
Le chaînage surmonte les murs et réunit ceux-ci de façon ferme puisqu'il s'agit d'un ensemble de poutres en béton armé travaillant essentiellement à la traction. Il est souvent coulé en même temps que
la dalle et son ferraillage se marie avec les poteaux de coins, piliers...
À la fin de la construction, les murs extérieurs seront enduits, crépits ou bardés (avec ou sans isolation extérieure). Il est
préférable d'attendre la fin du gros œuvre pour enduire à cause des microfissures qui pourraient apparaître au moment de la
stabilisation de la construction.
La dalle repose sur les murs. Pour qu'elle soit bien horizontale, il est nécessaire d'araser le dessus des murs en coulant sur
toute leur longueur un couche de mortier de quelques centimètres d'épaisseur, nivellée au niveau à eau ou mieux, à l'aide d'un
laser balayant de bonne qualité.
D'autres matériaux ou techniques de construction sont aussi utilisés :
La réalisation d'une dalle de compression sur un plancher poutrelles/hourdis peut sembler un travail de spécialiste, pourtant il n'y a que le coulage qui soit délicat et nécessite à la fois d'être bien préparé (car le béton prêt n'attend pas) et d'avoir l'aide d'une poignée d'amis fiables.
L'étude du plancher, c'est-à-dire le calcul des poutrelles, l'estimation des hourdis nécessaires... est effectué par un technicien au service du fournisseur du matériel à partir d'un plan coté exact de la maçonnerie indiquant les endroits subissant des surcharges (cheminée, gros aquarium...), les balcons, escaliers... Le néophyte aura intérêt à visiter plusieurs autres chantiers, voire à donner un coup de main à préparer ou couler chez quelqu'un d'autre. Pour la préparation d'une dalle, il est fortement conseillé d'être deux.
Les opérations successives pour la préparation d'un plancher poutrelles/hourdis sont :
L'épaisseur de béton est de l'ordre de 4 à 6 cm mais on doit majorer le volume calculé pour tenir compte de la forme des poutrelles (en T) et des hourdis. En outre il va falloir couler le chaînage en même temps. On trouve dans le commerce des éléments de ferraillage tout prêts
Le coulage proprement dit de la dalle est une opération simple mais assez délicate. Pour que celle-ci soit étanche à la pluie
(le chantier va quand même durer quelques mois) il est préférable de couler en une seule fois avec du béton prêt à l'emploi apporté par une ou plusieurs « toupies ». Lors de la commande du béton on précisera qu'il s'agit d'une dalle. Si l'opération se déroule à la période froide
il est possible d'ajouter de l'antigel et si le tirage de la dalle doit prendre plusieurs heures on peut éventuellement
demander au livreur de rajouter quelques dizaines de litres d'eau, à moins que le temps ne soit à la pluie. Le temps idéal
correspond à une température de 10 à 20°C, couvert mais sans pluie. Par temps ensoleillé ou très sec on peut lutter contre le
déssèchement de la surface en arrosant doucement. Un léger écroûtage de la surface est sans importance. Le gel est plus
gênant, si la dalle n'est pas trop grande on pourra envisager de la recouvrir par une bâche.
Bien que le béton « prenne » en quelques heures, il est préférable de ne
pas poser de charges lourdes sur la dalle avant plusieurs jours. Une palette de parpaings représente plus d'une tonne, et même si
l'étayage est bien fait la dalle va flèchir et se fissurer. Ces microfissures ne sont généralement pas gênantes, sauf si l'on
compte sur la dalle pour protéger de la pluie le matériel stocké en dessous d'elle. Normalement on attend 4 semaines avant
d'enlever les étais.
Un conduit de fumée peut être utilisé pour :
La section du conduit et la hauteur d'un conduit dépend de son type d'utilisation. Le débit nécessaire à une cheminée à feu
ouvert est beaucoup plus grand que celui requis pour un simple poële. Il faut un conduit par type d'utilisation et par niveau.
Installer un conduit inutile est bien moins coûteux que d'en ajouter un après la fin des travaux.
En général le conduit de fumée est appuyé contre un mur de refend ou un mur pignon et débouche sur le toit à proximité du faîte.
Pour que le tirage soit bon, certaines règles sont à respecter : la souche (partie dépassant du toit) doit dominer le faîte
d'au moins 40cm et se trouver plutôt sur le pan de toit non exposé au vent dominant, dans la zone de dépression. En isolant le
conduit avec de la laine de roche jusque sous le toit on diminue le risque de bistrage (condensation sur les parois internes du
conduit) et le démarrage est plus rapide car le conduit se réchauffe plus vite.
Que le conduit soit en béton ou en terre cuite, la souche devra être étanche aux
infiltrations de l'eau de pluie. Un habillage en zinguerie, bardage, enduit lissé, crépit ou en briques de parement rendues
hydrofuges après la pose convient dans la plupart des cas. La souche est couronnée par une plaque, une poterie (mitre ou
mitron) ou une construction en briques (variable selon les régions) qui réduisent les effets de la pluie. Un
accélérateur de tirage peut faciliter le fonctionnement de la cheminée dans les cas de grand vent.
Le conduit est monté en plusieurs étapes et suit la réalisation de la maçonnerie. Dans les combles, il est monté en parallèle
avec la charpente. La surface interne du conduit ne doit pas se trouver à moins de 20cm d'une poutre, solive ou matériau inflammable, cette règle (l'écart de feu) impose parfois de dévoyer un
conduit pour le faire contourner une panne. Si un chevron ou une solive se trouve placé tel qu'il devrait traverser le conduit,
il est nécessaire de réaliser un chevêtre.
La conception du conduit doit tenir compte des conditions de ramonage (trappe, accès à la souche...) et sa réalisation doit
respecter certaines règles qu'il serait trop long de détailler ici (sens des boisseau, haubannage des souches trop hautes...). Si
nécessaire la section d'un conduit peut être réduite et celui-ci rendu étanche par un tubage en acier inox. Il existe
aussi des solutions légères et moins traditionnelles (mais peut-être plus coûteuses) pour réaliser un conduit de fumée dans des
conditions particulières.
Réaliser un escalier en béton n'est pas difficile mais nécessite un coffrage et
un ferraillage sérieux et le respect de quelques règles. Dans certains cas, il vaut mieux installer un escalier en bois (ou structure en acier soudé et marches en bois). Pour
être agréable et sûr dans son utilisation, un escalier doit être bien balancé s'il est tournant, avec des marches dont le giron
(la largeur) est comprise entre 23 et 28cm et dont la hauteur de la contremarche est comprise entre 15 et 21 cm. Il existe une
formule qui fixe l'idéal (s'il en existe un ?) : la somme de la largeur de la marche et de deux fois la hauteur de la
contremarche doit être comprise entre 60 et 64cm. Cependant un giron inférieur à 23cm et une hauteur supérieure à 21cm sont
déconseillés. Tenir compte de l'épaisseur de l'habillage des marches et des revêtements de sol futur dans le calcul de la
hauteur. La largeur idéale d'un escalier est de 1,2m mais on peut descendre à un minimum de 0,7m. Penser au transport de meubles,
civières, croisement de personnes... avant de décider de la largeur utile.
Une volée d'escalier ne doit pas comporter plus d'une vingtaine de marches, au-delà il faut prévoir un ou deux paliers. Le mieux
est de mesurer les dimensions d'un escalier existant que l'on a plaisir à utiliser et d'en reproduire les principes. Un escalier
tournant bien balancé se monte sans à-coup, il est obtenu par une méthode de traçage faisant appel à la géométrie dans
l'espace, travail un peu délicat pour un débutatnt. Vérifier la « garde au plafond » ou hauteur d'échappée
pour chaque marche, elle doit être d'au moins 1,9m. La position de l'escalier est imposé par l'aménagement de chacun des niveaux
qu'il dessert. La cage de l'escalier (le volume qu'il occupe) peut être ouverte ou fermée. Dans le premier cas la chaleur, la
lumière, les sons... seront transmis d'un étage à l'autre. L'intimité, la décoration, l'efficacité de l'escalier ne seront pas
les mêmes.
Lorque la surface au sol est limitée on peut réaliser un escalier en colimaçon à l'aide de marches préfabriquées. Il peut être
préférable d'installer un escalier métallique ou en bois. Une autre possibilité est
l'échelle de meunier dont l'angle d'inclinaison peut atteindre 60 degrés. Ces deux solutions sont des pis-aller.
L'escalier est un des endroits dangereux dans une maison. Il importe de limiter les risques d'une chute en installant dès que
possible une rampe et un garde-corps. Le revêtement des marches est important : antidérapant, absorbant des chocs,
silencieux, facile à nettoyer...
Pour les étages habités on préfère le bois, chaud, d'aspect plus léger, plus facile à
travailler... La réalisation d'un escalier en bois constitué de volées droites ne pose pas
de problème particulier. Les marches sont réalisées en bois dur comme le chêne, les limons
peuvent être en sapin. Pour limiter les grincements et les craquements, on peut glisser dans les feuillures et rainures
d'assemblage une feuille de polyéthylène qui fonctionnera comme un lubrifiant.
L'accès aux combles non habitables peut être assuré par un escalier escamotable, sorte d'échelle pliante. C'est une solution qui
n'est pas conseillée pour un usage régulier, il vaut mieux prévoir dès le début l'emplacement d'un escalier fixe, éventuellement
en colimaçon.
Pour l'autoconstructeur, la charpente peut représenter un travail délicat si le toit ne se limite pas à un deux pans sans ferme. En fait il est parfaitement possible de venir à bout de la plupart des types de toiture en mettant en œuvre une méthodologie appropriée.
Après une esquisse au 1/20 qui permettra de dégrossir le travail, une charpente se dessine avec une échelle permettant de
mesurer directement les dimensions des pièces la composant. L'échelle 1/10 est la plus pratique.
De nombreuses contraintes sont à prendre en compte :
Pour se rendre compte de l'aspect futur de la construction dans son ensemble, ce que ne permet guère la lecture des plans et
façades, il est bon de réaliser une maquette en carton.
Pour la charpente, à moins d'être du métier ou d'avoir affaire à un toit à deux pans ne comportant que pannes et chevrons, on
aura intérêt à réaliser une maquette à l'échelle 1/50 en bois ou à défaut en carton fort.
On pourra ainsi contrôler que les plans ne comportent pas d'erreurs grossières et mettre au point la méthode de montage.
Taller une charpente consiste à préparer au sol, à plat, les fermes et pannes avant de les monter à leur place définitive.
L'aire de traçage et de façonnage devra être la plus plane et horizontale possible ; ce peut être la dernière dalle coulée
si sa surface le permet.
Les fermes et contreventements ont été dessinés à l'échelle à partir des cotes théoriques déterminées au moment de la réalisation
des plans. On commencera par vérifier ces cotes par rapport à la maçonnerie réellement réalisée. Si deux ou plusieurs fermes sont
identiques, on peut les tailler l'une sur l'autre, il convient de ne pas dépasser quelques centimètres d'erreurs pour assurer une
bonne planéité du pan de toit. Des ajustements sont toutefois possibles en l'air. Avant de tracer pour découper ou
réaliser tenons et mortaises, on aura intérêt à vérifier que les éléments n'ont pas bougé.. Les pièces de bois à assembler sont
posées sur des plots (parpaings) mis de niveau et calées avec des morceaux de bois. Pour un assemblage par boulons de deux ou
trois pièces (entrait moisé et arbalétrier, par exemple), il est nécessaire de percer toutes les pièces ensembles en les
superposant, verifier la verticalité du forêt ou de la tarière.
Pour éviter le mélange des pièces, marquer soigneusement chaque assemblage en reportant un numéro unique sur chaque élément de
l'assemblage. La méthode traditionnelle des chiffres romains marqués au ciseau à bois est parfaite, le marquage sera toujours
visible, même après rabotage des pièces.
Avant traçage, choisir les pièces en fonction de leur utilisation donc des efforts qu'elles devront subir : les pannes
travaillent à la flexion, les entraits à la traction... Vérifier les défauts, éliminer les pièces douteuses (bois roulé, trop
vrillé ou cintré, gros noeuds secs...). Pour éviter que le bois ne se fende il faut lui permettre de sécher lentement, en plein
air mais surtout à l'abri de la pluie et du soleil. Les pièces découpées seront rangées à plat, bâtonnées et à l'abri.
La réalisation d'un assemblage par tenon et mortaise et facile à condition de procéder avec méthode. Il est nécessaire de tracer
l'emplacement et le profil de la découpe et de commencer par une ébauche que l'on affine progressivement. Pour se faire la main,
on pourra réaliser quelques assemblages de chaque sorte avant de se lancer avec les pièces réelles. À la commande du bois on a
gardé 10% de sur-longueur, ce ne sera pas de trop en cas d'erreur. L'outillage nécessaire comprend : petite tronçonneuse,
scie circulaire, tarière ou grand foret de diamètre 20 ou 22mm, rabot électrique, ciseau à bois, bédane, maillet, plane,
défonceuse...
Des chevilles en chêne (longueur 35 à 40cm), d'un diamètre légèrement supérieur à celui de la tarière, auront été préparées
auparavant.
Les pièces découpées seront rabotées avant traitement. En séchant il est fort probable que les pièces vont se déformer ;
l'assemblage en l'air sera difficile. Si un temps supérieur à une ou deux semaines sépare le moement de la découpe de celui de la
mise en place de la charpente, on aura intérêt à procéder à une assemblage au sol, à plat, et à retoucher les pièces
déformées.
Le traitement de la charpente est fortement conseillé même dans les région où les termites ne sont pas un fléau.
Principaux risques et solutions :
La mise en place d'une charpente nécessite d'être au moins deux car certaines pièces sont lourdes et encombrantes. Un
échaffaudage et une paire d'échelles sont très utiles sinon indispensables. La réalisation d'une maquette facilite d'élaboration
du processus de montage. Avant la mise en place, les surfaces de bois qui resteront visibles dans les combles pourront subir un
rabotage qui serait laborieux après les travaux.
On aura intérêt à vérifier les assemblages et contrôler les principales cotes avant de dresser les fermes. Ranger les pièces dans
l'ordre où elles seront montées. Si sa hauteur est faible, une ferme peut être assemblée à plat puis dressée à l'aide d'un palan
et d'étais. Sinon il faudra réaliser l'assemblage « en l'air » en utilisant éventuellement une tour d'échaffaudage pour
soutenir les arbalétriers au moment de les réunir par le poinçon. Les boulons et chevilles doivent être serrés ou enfoncés sans
contrainte tant que la mise en place n'est pas parfaite (verticalité, position...). La précision de l'alignement des fermes
détermine la planéité définitive du toit mais une erreur de 1 ou 2 centimètres peut être tolérée. Etayer les fermes jusqu'à la
mise en place définitive de la panne faîtière. Vérifier à l'oeil et en prenant du recul l'alignement des fermes et des murs
pignons. En général une ferme se tassera par rapport à un mur pignon qui lui ne rétrécit pas en séchant.
La mise en place des pannes commence par le montage de la faîtière, qui participe au soutien des fermes. La panne sablière est
posée sur les murs de façade et calée pour être parallèle à la faîtière en tenant compte de la section des pannes intermédiaires.
Ces dernières sont mises en place de façon à être dans le même plan que les pannes faîtière et sablière. Utiliser une règle, un
chevron bien rectiligne ou un laser pour vérifier les alignements. Les pannes sont fixées sur les arbalétriers à l'aide de
longues pointes à chevrons. On peut percer un avant-trou d'un diamètre inférieur à celui de la pointe.
Avant de poser la couverture, les murs pignons montés en parpaings doivent être arasés, c’est-à-dire couverts d'un garnissage en mortier affleurant la face supérieure des chevrons. Pour cela, deux chevrons sont fixés provisoirement de chaque côté du mur pour servir de coffrage. Les murs montés en béton cellulaire sont arasés facilement en sciant, avec un scie égoïne spéciale, la partie des blocs dépassant la surface des chevrons.
La section des chevrons, et en particulier leur hauteur, dépend de la portée entre deux pannes. En général il vaut mieux
rapprocher les pannes et choisir des chevrons plus légers. L'espacement des chevrons pourra tenir compte de la position des
chevêtres pour fenêtres de toit ou de conduits de fumée.
Les chevrons sont cloués sur chaque panne avec des pointes de longueur au moins égale à la hauteur du chevrons plus 80mm. On
procède à la mise à longueur des chevrons au niveau de la gouttière en tenant compte de l'espacement des lattes à partir du
faîte.
On peut encastrer les solives dans les murs ou les faire reposer sur les appuis à leurs extrémités. Cette deuxième solution est plus pratique à de nombreux points de vue.
lambourde, pont thermique, bruit, isolation, dimensionnement, matériaux,
charge ponctuelle, cloisons, souplesse, corbeaux, traitement, usinage, déformation
échelle de meunier, matériau, quart tournant, palier, protections, revêtement, hauteur et largeur des marches, niveaux, entretien, escamatic, bruit, cage d'escalier
Tuile, bacs de toiture, toiture terrasse, shingles, pente, arêtiers, noues, ventilation, tuiles transparentes, sorties d'antennes, faîtière, accrochage, rives, tuiles solaires PV, crochets à neige, escalier pour ramonage, mélange des couleurs, fragilité et viellissement, terre cuite ou béton
écartement des lattes, section, gouttière, clouage, qualité du bois, contre-lattes, traitement du bois
sous-toiture : matériau, rôle, respiration du toit, évacuation des infiltrations, principe de la pose, les noues, ventilation, tenue aux UV
On rassemble sous le terme de zinguerie toutes les opérations de finitions des toitures qui utilisaient autrefois la tôle de zinc. Une grande diversité de solutions s'offrent maintenant aux amateurs :
Pour la soudure du zinc, du cuivre ou de la tôle galvanisée, un chalumeau au propane est pratiquement obligatoire car une grande puissance de chauffe est nécessaire pour réaliser les soudures à l'étain. Une plieuse, une cisaille d'établi, une cisaille grignoteuse et différentes pinces complètent l'outillage nécessaire.
Alors qu'on utilisait autrefois principalement le zinc, le cuivre et la tôle d'acier galvanisée, les chéneaux et gouttières sont de plus en plus souvent réalisés en PVC, matériau très résistant à l'extérieur et facile à travailler.
nombre d'opérateurs, crochets, rives, arêtiers et faitières, noues, découpes, disposition, types de tuiles, chatières, grillage,
La lutte contre le gaspillage d'énergie passe par l'isolation thermique des bâtiments chauffés, elle fait l'objet d'une
réglementation précise datant de plus d'une trentaine d'années. L'isolation des nouveaux logements est obligatoire mais c'est
aussi un moyen efficace de réduire les dépenses de chauffage et de climatisation (elle fonctionne aussi en été !) tout en
améliorant le confort.
On peut considérer une maison comme un récipient perçé de différentes sortes de trous :
On a intérêt à colmater simultanément et de façon équilibrée chaque sorte de trou. Toutefois une surisolation peut ne pas
s'avérer rentable, tant par le coût des matériaux supplémentaires que par la place occupée par l'isolation.
Malgré son épaisseur rassurante, un mur de pierre de 70cm d'épaisseur est équivalent à un centimètre de laine de verre sur le
plan de l'isolation thermique. Un mur non isolé est froid et favorisera la condensation de la vapeur d'eau, donc le développement
de moisissures.
Il existe plusieurs moyens pour réaliser l'isolation thermique d'un mur :
On choisira cette dernière solution si les dépenses de chauffage sont modérées (résidence secondaire, zone tempérée...) car
l'isolation obtenue est faible.
Une isolation extérieure est intéressante car elle n'empiète pas sur le domaine habitable. Son épaisseur, donc son efficacité, ne
peut guère dépasser 10cm mais elle supprime facilement les ponts thermiques. On l'utilise principalement en rénovation.
C'est l'isolation intérieure, c'est-à-dire placée contre la face intérieure du mur, qui est la plus commune.
La face intérieure de l'isolation doit être munie d'un pare-vapeur, film étanche à l'air qui fonctionne dans les deux sens :
L'isolation thermique d'un mur est caractérisée par un coefficient d'échage de chaleur dépendant de la conductivité thermique du mur (en fait de chacun de ses composants) et de son épaisseur.
rongeurs, entrées d'air, , tenue mécanique, rentabilité, surisolation, inertie, EHS lors de la pose, ponts thermiques,
canalisations, appui de fenêtre,
harpage des murs de refend, plancher, tours de dalle, isolation au plafond, isolation extérieures, intérêt de l'isolation extérieure,
épaisseur, sous-toiture, fouines, air chaud monte, film réfléchissant,
Par plancher on entend le sol sur lequel on circule: dalle en béton, ou plancher
sur solives. Le plafond d'un niveau correspond évidemment au plancher de l'étage supérieur. L'isolation thermique des planchers
est importante pour le confort (en gardant les pieds au chaud) et pour l'économie d'énergie dans le cas d'une dalle
chauffante.
L'isolation des planchers combat deux causes de déperditions thermiques :
Du fait que l'air chaud a tendance à s'accumuler au plafond et que la différence de température entre sous-sol et volume
habitable est moins importante en hiver qu'entre extérieur et volume habitable, l'épaisseur de l'isolation nécessaire est plus
faible (de l'ordre de 6 cm en plancher par rapport à 10 à 20cm dans les combles).
Pour isoler un plancher on peut :
Une dalle flottante est une large plaque de béton servant de plancher et qui repose sur une couche d'isolation thermique. Il est possible de faire passer dans l'épaisseur de l'isolation des gaines de passage des fils électriques ou de tuyaux de distribution d'eau. Cette solution évite le passage des canalisations électriques au plafond du niveau inférieur.
Une dalle flottante peut être chauffante (on parle alors de plancher chauffant) si on a placé dans son épaisseur (de
l'ordre de 8 à 16 cm) un réseau de tuyaux parcourus par un fluide caloporteur (eau, antigel...) ou un câble électrique faisant
office de résistance chauffante. La masse de béton du plancher chauffant a une
grande inertie, ce qui permet d'accumuler de la chaleur produite par l'électricité en heures creuses.
Le plancher parcouru directement par un liquide réchauffé dans des capteurs solaire est appelé Plancher Solaire
Direct.
Elle ne peut être réalisée qu'aprés la mise en place des cloisons et des canalisations au sol. C'est un travail important qui
demande du soin et un coup de main au moment du coulage. La dalle flottante a une épaisseur minimum de 6 cm et elle est
rigidifiée par un treillis métallique (100x100x3) noyé dans le béton. Comme
l'isolation minimum est de 2cm, la hauteur disponible ne doit pas être inférieure à 8 cm. Les niveaux sont à vérifier avec les
escaliers, portes et fenêtres déjà en place en tenant compte du niveau du sol fini et de l'épaisseur du revêtement de sol.
Les gaines devant circuler au sol sont déroulées et plaquées au sol grâce à des colliers en Rilsan. La première couche
d'isolation (2 ou 3 cm) est découpée pour remplir les vides entre les tuyaux. Une deuxième couche d'isolant (polystyrène expansé
spécial pour dalle) recouvre la première couche ainsi que les canalisations. Sur l'isolation est déroulé un film plastique qui
empêchera le béton de couler entre les plaques d'isolant.
La surface de la dalle doit être parfaitement horizontale. Pour cela le béton
(sable 0-5 et ciment) devra être fluidifié en
ajoutant un produit spécial dans l'eau du gâchage. Le volume de béton est assez
important puisqu'en moyenne on coule 1 mètre-cube pour une pièce de 10 m².
Si la dalle flottante est également chauffante, le serpentin est déroulé puis fixé sur le treillis métallique avec des liens ou
des clips en plastique. Lors du coulage, le circuit de chauffage est normalement mis en pression à l'aide d'une pompe
spéciale.
La dalle est coulée par pièce ou par cellule si celle-ci est trop grande. Le tour de dalle est isolé à l'aide de polystyrène
ordinaire d'une épaisseur de 5 à 10mm qui absorbera les mouvements de la dalle dus à la dilatation. Le treillis métallique doit
être soulevé et maintenu à mi-hauteur de l'épaisseur de la dalle.
La dalle est tirée à l'aide d'une règle en aluminium glissant sur deux rails (tube carré ou rond en acier) reposant
horizontalement sur des plots. Vérifier constamment la position des rails. Talocher le béton pour éliminer les rayures causées
par la règle. Si la surface doit être parfaite (pose de moquette...), il sera sans doute nécessaire de couler une chappe liquide
(si l'épaisseur le permet) ou un ragréage, plus fin.
La gaine technique est une sorte de réduit de faible dimension permettant le passage de canalisations variées (en respectant les normes de proximité) :
Elle est située généralement au centre de la maison pour faciliter la distribution et relie le sous-sol aux combles. Fermée comme un placard, elle doit permettre un accès pour une visite facile. Si nécessaire on peut prévoir plusieurs gaines techniques : le sec (ventilation, électricité...) et l'humide (eau, évacuation...). Penser à l'accès, à la ventilation, bloquer l'introduction des rongeurs.
On peut distinguer trois sortes d'eaux usées produites par une habitation :
Dans le cas d'un raccordement à l'égout la totalité des eaux usées sont évacuées de la même façon. Il peut en être autrement
dans le cas d'une maison non raccordée à un réseau d'assainissement.
Avant l'apparition des fosses toutes-eaux qui recueillent, comme les égouts, les trois sortes d'eaux usées, il était d'usage de
traiter séparemment :
Les deux circuits étaient ensuites réunis pour être purifiés dans un filtre sur sable.
L'eau filtrée, loin d'être potable, peut toutefois être rejetée sans danger dans un ruisseau ou un fossé.
La fosse toutes-eaux a remplacé la fosse septique et reçoit l'ensemble des eaux usées (mais pas les eaux de pluie...).
Les canalisations électriques d'une maison peuvent atteindre plusieurs centaines de mètres de longueur, on a alors intérêt
d'organiser la distribution de l'électricité par secteurs ou étages en regroupant les gaines d'un secteur en un faisceau
convergeant vers un sous-tableau. Chaque sous-tableau est alimenté par un circuit partant d'un tableau principal lui-même relié
au disjoncteur EDF. Le raccordement au compteur s'effectue généralement à l'aide d'un câble enterré dans une gaîne spéciale de
gros diamètre.
Le diamètre d'une gaine et les rayons de ses courbes doit permettre le passage des fils et câbles en toute circonstance. Les
gaines annelées sont très pratiques car on peut les cintrer fortement mais il peut être difficile d'y faire passer des fils par
la suite. On les réservera pour de courtes longueurs. Il éviter à tous prix d'encastrer une gaine électrique avec les conducteurs
déjà passés car il n'est pas sûr de pouvoir extraire les fils en cas de problème. Une gaine encastrée doit être recouverte au
minimum d'un centimètre d'enduit (plâtre...). Dans un sous-sol ou une pièce de service on peut installer des canalisations
apparentes en tubes rigides fixés par des brides-supports régulièrement espacées.
Pour faire passer les fils dans une gaine cintrable encastrée on se sert d'un furet ou tire-fil pour tirer le
faisceau de conducteurs maintenus bien groupés par un aide qui les enduira de talc afin de faciliter le glissement. Ne pas
hésiter à laisser dépasser à chaque extrémité de la canalisation quelques décimètres de fils : mieux trop que trop
court.
BD, gaines d'avance, entrées d'air, fixation au sol (dalles flottante) faux-plafond
La distribution de l'eau sanitaire s'effectue selon une arborescence qui démarre du compteur avec un tuyau de diamètre
important (par ex. 22mm) et se partage ensuite en branches alimentant les principaux secteurs comme la cuisine, la salle de bain,
le cabinet de toilette, la buanderie, le jardin... mais aussi le ou les chauffe-eau, sans oublier, le cas échéant, la mise en
pression du chauffage central, le lave-main du garage, la douche du sous-sol, le remplissage de l'aquarium ou de la piscine, le
robinet de lavage des voitures...
Chaque embranchement, petit ou grand, doit pourvoir être isolé et vidangé à l'aide d'une vanne d'arrêt avec purge. Chaque élément
« horizontal » doit en réalité être en pente suffisante. Chaque point bas doit pouvoir être purgé.
Pour l'eau froide, le diamètre des tubes doit être le plus grand possible, en fonction de la place disponible mais aussi du coût
des tubes et de la robinetterie. Partout où cela est possible on utilisera des courbes à souder de grand rayon (ou réalisées à la
cintreuse) plutôt que des coudes à 90 degrés. On limitera ainsi les pertes de charge et les bruits d'écoulement. Si deux endroits
de puisage sont utilisés simultanément, le débit de l'un sera diminué à cause de l'autre. Cet inconvénient est réduit par
l'utilisation de tube de plus gros diamètre.
Certains réseau d'adduction d'eau fournisse de l'eau avec une pression très importante. On aura intérêt à réduire cette pression
à l'aide d'un régulateur pour ralentir l'usure de la robinetterie. Conserver quand même un robinet en amont de ce régulateur pour
disposer d'eau à grand débit ou haute pression.
Il est conseillé de braser au chalumeau plutôt qu'à l'étain. Pourtant, à basse pression la soudure à l'étain est
parfaitement possible à condition d'étamer soigneusement les parties males et femelles. La filasse et la pâte-à-joint est plus
facile à mettre en œuvre que le ruban téflon pour l'étanchéité des raccords vissés. On évitera les raccords noyés dans les
cloisons ou les planchers. Utiliser du tube de cuivre recuit passé dans une gaine en plastique
Les traversées de murs, circuits extérieurs ou placés à proximité d'une porte extérieure doivent être isolés thermiquement. Les
circuits extérieurs seront munis de purges en point bas.
Comme pour la distribution d'électricité on aura intérêt à prévoir les utilisations futures. Une extension est facile à réaliser
s'il suffit de se raccorder sur une vanne d'arrêt.
voir VMC gaines en PVC, rigides ou souple, point bas condensation, pare-feu,
Deux éléments de vocabulaire dont il faut tenir compte : la prise de téléphone s'appelle conjoncteur et la boîte de dérivation, boîtier douze plots. Le boîtier douze plots est installé à l'arrivée de la ligne extérieure. De là commence l'installation pour alimenter la première prise. Pour les prises supplémentaires on part ou du boîtier douze plots ou d'une autre prise en se branchant toujours en parallèle sur les vis 1 et 3. Il est conseillé de ne brancher que deux fils au lieu des huit préconisés par France Telecom, sans quoi des problèmes d'induction ou de sonnerie continue peuvent arriver. Installer une prise dans chaque pièce de la maison est judicieux, car il est prévu dans un avenir proche que par le téléphone passera la télévision. Il faut toujours installer un câble en cuivre rigide et à la section adaptée.
Lorsqu'une couche d'isolant thermique (laine de verre...) a été plaqué contre les murs extérieurs, une cloison de doublage
doit être dressée pour protéger et cacher cette isolation. La pose de cette cloison suit celle de l'isolant et précéde la
réalisation des dalles flottantes
La cloison de doublage peut être réalisée comme les cloisons de distribution :
Les trois dernière solutions sont plus faciles à mettre en œuvre par l'autoconstructeur. Le carreau de plâtre est un matériau
qui permet de monter facilement des cloisons parfaites et très solide. On peut aussi associer carreaux de plâtre et plaques à
peindre (pour les tableaux de fenêtre, par exemple)
Les gaines électriques sont passées dans le doublage ou derrière ce dernier. Les structures permettant la fixation des plaques
facilitent le passage des canalisation. Au moment de la réalisation, prévoir la fixation d'objets lourds (chauffe-eau, meubles,
escalier...)et renforcer localement si nécessaire.
Pour séparer les différentes pièces d'un étage, on construit des cloisons dont le rôle est multiple :
Quelques contraintes sont à prendre en compte :
Le carreau de plâtre est un bon produit, lourd, donc bon isolant phonique et permettant de réaliser une belle surface finie. Inconvénient : sa masse qui en limite l'utilisation sur les plancher sur solives.
Une solution plus légère est la double cloison garnie d'isolant absorbant (laine de verre). Les éventuelles portes de communication peuvent également être doublées.
En général il s'agit de blocs-portes composés d'un ouvrant (huisserie) articulé dans un chambranle (bâti) qui sera fixé sur le mur ou la cloison. L'ouvrant peut être de plusieurs sortes :
L'ouvrant peut être simple ou en deux parties dans le cas d'une porte large. Le sens d'ouverture doit être déterminé dès l'étude en fonction de l'utilisation de la porte.
Le plafond est un élément important d'une pièce. Ses fonctions sont nombreuses :
faux plafond, platre, placo, isolation, frise, canaliation, ventilation, éclairage, chauffage,
Beaucoup d'habitations isolées, mais aussi parfois situées dans des villages non équipés d'assainissement collectif, sont
équipées d'un système d'assainissement individuel. Dans ce cas l'investissement est généralement plus élevé qu'un simple
raccordement au tout-à-l'égout mais l'exploitation est moins coûteuse et se limite à la vidange de la fosse toutes-eaux et au
remplacement du sable du filtre.
Un système d'assainissement individuel se compose d'une fosse toutes-eaux dans laquelle se déversent à la fois les eaux vannes
(toilettes) et les eaux usées (salle de bain, cuisine...). Elle sert d'immense bac à décantation (plusieurs mètres-cube) et doit
être vidangée régulièrement. L'activité microbienne qui était propre à la fosse septique est ici contrariée par la présence des
produits chimiques déversés sans discernement dans la fosse toutes eaux.
La position de la fosse devra être déterminée par l'accès du camion de vidange. La mise en place de la fosse sera faite avec
l'aide du terrassier (qui peut être le fournisseur du matériel). Les regards de visite et de raccordements (entrée et sortie de
fosse) seront repérés avec précision, comme pour les canalisations d'eau pluviale. La ventilation de la fosse pourra passer par
l'intérieur de la maison, mais déboucher directement sur le toit, à bonne distance des fenêtres et balcons. On ne doit pas la
raccorder sur le système de VMC, surtout si ce dernier ne fonctionne pas en permanence. En plus de l'évacuation des gaz dus à la
fermentation, la ventilation de la fosse évite la surpression créée par l'action de la chasse d'eau.
La sortie de la fosse est raccordée à un regard qui permet d'observer la nature de l'eau en sortie et de vérifier ainsi que la
fosse n'est pas pleine de matières décantées. Si c'était le cas, le moment de la vidange serait venu. L'eau en sortie de fosse
n'est pas limpide, loin s'en faut, et elle devra être épurée dans un filtre à sable de plusieurs mètres cubes. L'eau sale arrive
par le haut du filtre et l'eau épurée s'écoule en partie basse. Un regard en sortie permet d'effectuer des prélèvements pour
analyse éventuelle.
Le choix d'un type de chauffage sort du cadre de cet article. Du point de vue de l'autoconstruction, le travail à réaliser, les gains, la difficulté... sont très différents. Voici quelques axes de réflexion par type d'énergie:
Sur le plan de la technique de chauffage les difficultés, le gain, le matériel nécessaire... sont divers :
La température d'une pièce doit être adaptée au tempérament de ses occupants et ne pas varier trop avec la température
extérieure ou à cause des apports de chaleur ou de froid indépendants du système de chauffage (rayon de soleil, cuisson des
aliments, ouverture d'une porte...). La puissance du générateur de chauffage doit être régulée en fonction de la température
intérieure mais le système de régulation doit aussi pouvoir anticiper les besoins en calories grâce à une mesure de la
température extérieure à l'aide d'une sonde.
Il existe à présent des systèmes de régulation très performants à un prix abordable et couplés à une horloge.
Mises à part la chaudière électrique et celle utilisant le gaz de ville, la chaufferie doit se trouver à la fois près du lieu
de stockage de l'énergie et des points d'utilisation de la chaleur produite.
Le fioul se stocke en citerne placée au-dessus d'un bac de rétention qui garantit contre le risque d'infiltration donc de
pollution du sol en cas de fuite. La cuve, d'une capacité comprise entre 1000 et 3000 litres, peut être en tôle ou en matière
plastique (polyéthylène). Les cuves à double paroi peuvent être enterrées.
Le GPL (gaz de pétrole liquéfié) est stocké dans une cuve spéciale fournie par le distributeur la plupart du temps enterrée. La
cuve reste la propriété du distributeur. La citerne aérienne ne nécessite pas de fouilles mais n'est pas spécialement esthétique.
L'installation d'une cuve est soumise à des règles précises de proximité de la voie publique, des voisins... Une cuve vide flotte
comme un bouchon, il importe de la remplir partiellement ou de la lester si la fouille risque d'être inondée avant remblaiement.
Le bois en bûche impose un lieu de stockage à l'abri bien ventilé et proche du lieu
d'utilisation. En général on prévoit le stockage de deux années de consommation, ce qui permet de rentrer du bois fraîchement
coupé et d'en consommer du sec. Au-delà de deux ans de stockage, certaines essences comme le hêtre perdent une partie de leur
qualité. Prévoir une aire de travail permettant le sciage éventuel et la refente.
La production de chaleur destinée à maintenir la température souhaitée dans toute la maison peut être effectuée par une grande
variété de moyens répartis dans chacune des pièces (poêle, convecteur électrique...) ou constituée par un seul générateur dont la
chaleur est distribuée dans chaque pièce par un fluide circulant dans des radiateurs (chauffage central).
La chaudière à fioul, bois (déchiqueté ou en bûches), charbon (de plus en plus rare)...
doit être placée dans un local aménagé en chaufferie qui peut aussi servir de lingerie et accueillir le lave-linge, le sèche
linge ou un séchoir intérieur. Elle doit se trouver près d'un conduit de fumée et à proximité du lieu de stockage d'énergie :
citerne, bûcher... L'air nécessaire à la combustion étant prélevé dans la pièce, il est nécessaire de prévoir une bouche
d'aération.
Une chaudière électrique ou au gaz, moins encombrante que la chaudière au fioul, moins salissante qu'une chaudière au
bois-charbon, peut être placée dans un local plus petit, voire un placard spécialement aménagé en fonction des règles de
sécurité. La chaudière à gaz à ventouse ne nécessite pas de conduit de fumée, l'air neuf et les gaz brûlés circulent dans un
double conduit qui traverse un mur extérieur.
Ces moyens de chauffage combinent à la fois l'utile et l'agréable. En cas de panne prolongée d'électricité, un poêle permet de maintenir une température minimum. Le rendement d'un poêle est nettement supérieur à la meilleure des cheminées à feu ouvert mais l'effet esthétique n'est pas le même, un âtre peut être une œuvre d'art.
Le poêle « alsacien » (que l'on trouve également en Autriche, Allemagne...) est un poêle massif en brique habillé de faiences. Le circuit des gaz brûlé est suffisamment long pour que ceux-ci se refroidissent au contact de la brique et les calories emmaganisée pendant la période de combustion (de l'ordre d'une heure) est restituée pendant une demi-journée. Le rendement d'un tel appareil est remarquable et le confort qu'il procure est exceptionnel. Seul inconvénient : le bois qu'il brûle doit être refendu en morceaux relativement fins pour favoriser une combustion rapide.
Intermédiaire entre le poêle et la cheminée se trouve l'insert, qui prend place dans l'âtre en réduisant fortement l'appel d'air. Il améliore également les conditions de sécurité en réduisant les risques d'incendie ou d'accident. Par la quantité d'air nécessaire à son tirage, une cheminée à feu ouvert nécessite une entrée d'air particulière, en général prise sur l'extérieur, dans le sous-sol ou vide sanitaire. Elle évite aussi les inversions de tirage dues à la VMC (ventilation mécanique) qui crée une dépression dans la maison
La ventilation des locaux est non seulement souhaitable mais réglementée. Avec l'isolation thermique des bâtiments, la lutte contre les entrées d'air indésirables a rendu obligatoire un système de ventilation contrôlée. La mise en place des gaines de ventilation est évoqué dans le chapitre canalisations
Les constructions anciennes comportent beaucoup d'entrées d'air incontrôlées qui assurent la ventilation de la maison, surtout en période de grand vent... En temps normal un système de ventilation mécanique par extraction ou insufflation n'est pas nécessaire car si l'air passant sous les portes ne suffit pas on peut toujours ouvrir la porte ou la fenêtre. La réduction des dépenses de chauffage a obligé à traiter les fuites des portes et fenêtres en ajoutant des joints dans les feuillures. Comme la plupart des êtres vivants (animaux et végétaux) consomment de l'oxygène et rejettent du gaz carbonique (et bien d'autres gaz produisant des mauvaises odeurs) il est nécessaire de renouveler l'air mais en en contrôlant le flux.
En général, un système de ventilation à simple flux se limite à l'extraction de l'air vicié dans les pièces les plus polluées
(toilettes, cuisine, salle de bain). Mise à part les toilettes, ces pièces sont aussi celles où l'air est le plus chaud (four,
cuisinière...). Il peut être intéressant de récupérer les calories de l'air extrait pour tempérer l'air neuf (prélevé à
l'extérieur) insufflé dans les autres pièces (chambres, salon...). Pour cela un système de ventilation à double flux avec
échangeur est nécessaire. Il n'est pas obligatoire ni souhaitable (à cause du bruit) d'insuffler dans chaque chambre. Une bouche
d'aération par étage dans un couloir peut suffire à créer une circulation d'air.
L'échangeur est constitué généralement de plaques séparant le flux d'air extrait (en principe chaud et humide) du flux d'air
entrant (normalement plus froid mais en été ce peut être le contraire et l'air entrant est alors « rafraîchi » par l'air
extrait). Lors du refroidissement de l'air extrait il peut se produire de la condensation qui doit être évacuée par un petit
tuyau. La prise d'air frais peut être effectué dans les combles. Un grillage fin et robuste sera placé à l'extrémité de chaque
entrée ou sortie d'air pour empêcher les insectes et rongeurs de s'immiscer dans les gaines de ventilation.
La réalisation d'une installation électrique domestique ne réclame pas de don particulier. Il suffit d'apprendre les gestes élémentaires, d'avoir suffisamment de bon sens et de bien connaître les règles. On trouvera en librairie un petit vade-mecum et un bon ouvrage d'initiation qui apportera l'essentiel. Cette section n'a pas d'autre prétention que d'attirer l'attention de l'électricien-amateur sur cet essentiel.
On commencera par recenser tous les points d'utilisation potentiels de la future construction en commençant par les prises de courant :
Les prises doubles comptent normalement pour un point d'utilisation.
Faire l'inventaire des besoins en fonction des appareils connus et des acquisitions prévisibles. Tenir compte des différentes
possibilités d'aménagement des pièces. Le nombre de prises peut sembler énorme et pourtant il se révélera immanquablement
insuffisant dans certains cas particuliers. Le dimensionnement des prises dépend de la puissance qui leur sera demandé. Les
circuits du chauffage électrique sont à distinguer de ceux des prises banales.
Un circuit est un ensemble de prises OU de points d'éclairage. Le nombre de points d'utilisation d'un circuit est limité. Le
circuit est protégé par un fusible ou mieux, par un disjoncteur modulaire placé sur le tableau d'où part le circuit. Cette
protection peut aussi être un disjoncteur différentiel, c’est-à-dire coupant le circuit lorsqu'une fuite électrique est
détectée.
La section des fils utilisés dépend de la nature du circuit : pour des prises de courant ordinaires on utilisera du fil de
section plus élevée que pour un circuit de points d'éclairage. De même la section des fils d'alimentation d'une plaque de cuisson
est plus grande que celle d'une prise ordinaire
La couleur des fils est normalisée, la phase, le neutre et le conducteur de protection (terre), le fil de retour d'un
interrupteur... sont de couleurs différentes. On évitera de passer des fils de couleurs identiques dans la même gaine. Lors du
câblage on aura intérêt à mettre des étiquettes numérotées sur chaque fils, sur chaque gaine et à laisser un petit schéma dans la
boîte de dérivation ou le tableau concerné pour faciliter la maintenance éventuelle. Les boîtes de dérivation doivent être
facilement accessibles, suffisamment vastes et repèrées sur le schéma général de l'installation.
Le raccordement des fils se fait sur l'appareillage, sur les bornes ou disjonteurs du tableau ou encore à l'aide de « dominos ».
Dénuder précautionneusement les fils et veiller à bien serrer les vis.
Voir aussi : canalisations électriques