Page d'accueil encyclopedie-enligne.com en page d'accueil
Liste Articles: [0-A] [A-C] [C-F] [F-J] [J-M] [M-P] [P-S] [S-Z] | Liste Catégories | Une page au hasard | Pages liées

Averroès



Averroès
Agrandir
Averroès

Biographie

Abu'l Walid Muhammad ibn Rushd de Cordoue (1126-1198), latinisé en Averroès, de son nom complet ʾAbū l-Walīd Muḥammad bn ʾAḥmad bn Muḥammad bn Aḥmad bn Aḥmad bn Rušd أَبُو ٱلْوَلِيد مُحَمَّد بْن أَحْمَد بْن مُحَمَّد بْن أَحْمَد بْن أَحْمَد بْن رُشْد, est à la fois un philosophe, un juriste et un médecin arabe du XIIe siècle.Son ouverture d'esprit et sa modernité déplaisent aux autorités musulmanes de l'époque qui l'exilent comme hérétique et ordonnent que ses livres soient brûlés. Il demeura profondément méconnu jusqu'au XIXe siècle où son importance fut cependant minimisée. Ce n'est qu'actuellement que les historiens de la philosophie reconnaissent son importance.


Portée de l'œuvre d'Averroès

Par l'intermédiraire d'ibn Rushd, c'est tout le mouvement du transfert des études, de la longue et lente appropriation de la philosophie greco-arabe par l'Europe, qui s'est accompli - une histoire multiséculaire, celle de la transmission et du renouvellement de la philosophie et de la science antiques, commencée au IXème siècle dans la Baghdad des califes abbasides, poursuivie au XIIème siècle dans la Cordoue des Almohades, puis continuée dans les pays de la chrétienté, dans et hors des universités des XIII-XVème siècle.


Philosophie

L'extraordinaire et vaste culture d'Averroès va lui permettre de donner un statut et un rôle très précis à la philosophie, au côté de la religion. Son point de vue extrêmement élaboré et profondément aristotélicien va constituer un chef d'œuvre de cohérence, que nul autre philosophe religieux ne saura atteindre, aussi bien dans le monde musulman que chrétien ou hébraïque. Philosophe, médecin, astronome, il est aussi cadi, c'est-à-dire homme de loi, juge. Et c'est sur le terrain juridique que le cadi de Séville va porter la première offensive contre les détracteurs de la philosophie. Le chef de file de ces derniers ayant vécu un siècle avant et à l'autre extrémité du monde musulman, c'est à Al-Ghazali qu'ibn Rushd va pourtant répondre. L'ouvrage d'al-Gazali, le Tahafut al-falasifa (incohérence des philosophes) est comme une référence pour le mysticisme musulman et est précisemment celle des ash'arites qui sévit en Andalousie à l'époque d'ibn Rushd. Avec le Kitab al-maqal (livre du discours décisif), il répond d'une manière totalement nouvelle à un très ancien problème que l'on retrouve dans le sous-titre de l'ouvrage : celui de la « connexion entre la Révélation et la philosophie ». Expérience inédite, la réponse est placée sur le terrain juridique, celui de la science de la Loi musulmane : Ibn Rushd ancre la philosophie dans la réalité sociale. Il s'agit de fonder en droit l'existence du philosophe dans la cité musulmane. Evenement singulier dans l'histoire : la philosophie se trouve légitimée aussi bien aux yeux du droit de la société, qu'à ceux de la Loi religieuse !

Ainsi ibn Rushd constate que le Coran s'adresse à tous les musulmans : aussi bien de faible que de haute culture. Le caractère universel de la Révélation ne saurait précisément être universel s'il ne s'adressait pas à eux selon leur niveau de culture. Il y a le sens premier, simple et imagé pour le commun des mortels et un discours plus soutenu ; Il arrive qu'une contradiction apparaisse entre ces deux types d'énoncés et c'est précisément là que doit intervenir la philosophie : Le philosophe, par le raisonnement doit déceler le sens profond, caché du Texte. Ibn Rushd va pouvoir donner à la philosophie, dans une fatwa, son caractère « obligatoire », comme le veut la Loi musulmane. Ne pas éclairer le Texte par une réflexion philosophique serait nuire à la Foi du Fidèle.

Dans le Tahafut al-Tahafut (incohérence de l'incohérence), l'ouvrage d'al-Gazali est critiqué point par point, les propos sont sanctionnés par une fatwa qui les caractérise comme « blâmables », et la philosophie d'Aristote restaurée dans sa plus pure version. Ibn Rushd en est certainement le philosophe qui ait le mieux saisit cette philosophie, et il en est d'ailleurs connu, à son époque et pour la postérité, comme le Grand Commentateur (i.e des textes aristotéliciens)


Postérité

Ses commentaires de l'œuvre d'Aristote ont été traduit en latin vers 1230 et en hébreu et eurent une influence majeure sur les penseurs du Moyen Âge tant dans l'Andalousie maure que dans toute l'Europe. Réussissant à concilier la philosophie aristotélicienne et la foi musulmane il a contribué à la diffusion des cultures grecque et arabe dans le monde occidental.

Le premier lycée privé musulman de France métropolitaine, ouvert à Lille en septembre 2003 le réhabilite en portant son nom, devenu symbole d'ouverture d'esprit à l'humanité entière, sans barrières culturelles ni préjugés communautaires.


Voir aussi :


Philosophie arabe

Al-Kindi · Averroès · Avicenne · Ibn Khaldoun · Omar Khayyam



Philosophie médiévale ( Modifier ce cadre )

Pierre Abélard · Albert le Grand · Anselme · Augustin d'Hippone · Averroès · Avicenne · Roger Bacon · Boèce · Guillaume de Champeaux · Duns Scot · Ibn Khaldun · Jean Scot Erigène · Raymond Lulle · Mysticisme · Nominalisme · Guillaume d'Occam · Roscelin · Scolastique · Thomas d'Aquin · Thomisme



This site support the Wikimedia Foundation. This Article originally from Wikipedia. All text is available under the terms of the GNU Free Documentation License Page HistoryOriginal ArticleWikipedia