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Moins bien réussie que l'Opération Torch, la bataille de Dunkerque (nom de code
Opération Dynamo) s'est déroulée du 25 mai au 3 juin 1940.
Bousculée par la Blitzkrieg engagée par l'armée allemande lors de la bataille de France, l'armée britannique ainsi que des unités de l'armée française ont dû battre en retraite vers le nord de la France.
Encerclées à Dunkerque, elles ont mené une résistance destinée à gagner un laps de temps nécessaire à l'embarquement du gros des troupes vers le Royaume-Uni. Celui-ci s'est opéré à l'aide de tous les navires que la Royal Navy put réquisitionner pour la traversée du pas de Calais, tandis que la RAF luttait dans le ciel pour couvrir l'opération.
Les troupes et le matériel n'ayant pas pu être embarqués ont été capturés par la Wehrmacht, mais la réussite du sauvetage du gros des troupes a peut-être sauvé le Royaume-Uni d'une invasion face à laquelle elle aurait difficilement résisté.
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Cette bataille a fait gagner un Goncourt au roman de Robert Merle Week-end à Zuydcoote dont a été fait un film.
Prises en étau par les troupes allemandes, et sous le feu de leurs avions et de leur artillerie, les forces alliées embarquent
à Dunkerque pour rejoindre l'Angleterre. En neuf jours, 338 226 combattants sont évacués dans des conditions inouïes. Le
4 juin 1940, l'opération Dynamo est
achevée ; le drapeau à croix gammée flotte sur le beffroi.
Le 20 mai, la situation est désespérée ; deux divisions de panzers commandées par
Heinz Guderian atteignent Abbeville et la mer. La Wehrmacht parvient ainsi à couper les armées alliées en deux avec, entre les mâchoires de
la tenaille, un million de soldats français, belges et britanniques pris au piège !
Les chars allemands poursuivent leur progression. Le 24 mai, les avant-gardes de
Guderian établissent six têtes de pont sur l'Aa et atteignent Bourbourg ; elles ont pratiquement le champ libre lorsqu'un ordre impératif du général von Rundstedt, confirmé par Hitler, obnubilé par la prise de Paris, les
stoppera net jusqu'au matin du 27. Les Alliés profiteront de l'aubaine. Ils se regroupent en hérisson pour tenir pied à pied un
corridor s'étendant de la région lilloise à Dunkerque, sur une centaine de kilomètres de profondeur et trente à quarante de
largeur. Pour se dégager, le général français Weygand mise sur une traditionnelle contre-attaque. Le chef du corps expéditionnaire britannique, le général
Gort, ne partage pas cette option. À moyen terme, l'évacuation lui semble inévitable. Le
cabinet de guerre britannique lui donnera raison. Le 26 mai, la décision tombe : « En de telles conditions, une seule
issue vous reste : vous frayer un chemin vers l'ouest, où toutes les plages et les ports situés à l'est de Gravelines seront
utilisés pour l'embarquement. La marine vous fournira une flotte de navires et de petits bateaux, et la Royal Air Force vous
apportera un support total... »
L'entreprise est baptisée Opération Dynamo. Son chef, le vice-amiral Bertram Ramsay, installe son quartier
général dans une cave du château de Douvres, où avait fonctionné, jadis un groupe
électrogène. Elle durera neuf jours pleins : du mardi 26 mai au jeudi 4 juin. Le 29
mai, le corridor s'est rétréci comme une peau de chagrin : il ne va plus maintenant que, côté mer, des environs de
Dunkerque au petit port belge de Nieuport, aux canaux de Bergues à Furnes et de Furnes à
Nieuport, côté terre.
Rassembler en aussi peu de temps une petite armada n'est pas chose aisée. Qu'à cela ne tienne, la Royal Navy détache immédiatement 39 destroyers, des dragueurs de mines et quelques autres bâtiments. Mais c'est insuffisant car la faible déclivité des plages oblige les navires de fort tonnage à mouiller au large. Il faut dès lors mobiliser des ferries, des chalutiers, des remorqueurs, des péniches, des yachts et d'autres embarcations encore plus modestes, les désormais célèbres little ships. Il en vient 370 équipés tout au plus de deux mitrailleuses. Il faut ensuite organiser cette noria. Entre Dunkerque et Douvres, la route la plus directe est la route Z, longue de 60 km, mais elle est à portée des canons allemands à la hauteur de Calais. La route Y évite cet inconvénient à ceci près qu'elle met Dunkerque à 130 km de Douvres ; qui plus est, elle constitue un terrain de chasse pour les vedettes lance-torpilles de la Kriegsmarine. La voie la plus praticable est la route X, longue de 80 km ; elle ne sera toutefois déminée que le 29 mai. Malgré la vigilance de la RAF, le principal danger vient des airs. Le 29 mai par exemple, 400 bombardiers, protégés par 180 stukas, ont méthodiquement pilonné Dunkerque, mitraillant les plages sans omettre de bombarder les bâtiments croisant au large. Ce jour-là, le bilan des pertes est tellement lourd que l'Amirauté décide d'arrêter l'opération : au total, près de 250 embarcations sont envoyées par le fond ; des vedettes lance-torpilles ont raison de deux torpilleurs français modernes, le Jaguar et le Sirocco. Heureusement que le plafond des nuages, souvent très bas,et les fumées des incendies gênent la Luftwaffe, laquelle ne peut sortir ses escadrilles que les 27, 29 mai et 1er juin
Les opérations de rembarquement sont incommodes. Il y a trop d'hommes et pas assez de bateaux. Pour s'échapper, il faut soit
être accepté à bord d'un navire accostant au môle est du port (l'actuelle jetée est s'avance en effet de 1 500 mètres dans la
mer), soit rejoindre la plage et avancer en file indienne jusqu'à une embarcation légère qui fait le va-et-vient entre le rivage
et le bâtiment au large. La machine s'est rodée ; le premier jour, 7 669 hommes ont pu rejoindre un port allié, 17 804 le
second, 47 310 le troisième, 53 823 le quatrième. C'est inespéré !
Le 4 juin à 3 h 20, le Shikari, chargé à ras bord de soldats, quitte le môle pour sa dernière rotation. À 10 h, l'armée
allemande investit Dunkerque.
En neuf jours, 338 226 combattants (dont 123 095 Français) ont pu être évacués sur une mer d'huile ; la Wehrmacht capture
quelque 35 000 soldats ; la quasi-totalité sont des Français dont la plupart avaient participé aux combats
d'arrière-garde.
L'évacuation de Dunkerque suscite néanmoins pas mal d'aigreur chez les responsables français. Weygand et d'autres feront
notamment grief aux Britanniques d'avoir fait échouer la contre-attaque sur Arras. Les relations entre les Alliés, souvent assez
confuses, avec des difficultés de communication perceptibles à bien des échelons, seront désormais placées sous le signe de la
méfiance.
À Londres, on éprouve du soulagement et de la gratitude : les combattants de Dunkerque sont traités en vainqueurs et non en
vaincus ; sur les quais de débarquement comme dans les gares, on leur fait fête. Quand bien même Churchill prend soin de tempérer l'enthousiasme de son peuple en soulignant que « les guerres ne se
gagnent pas avec des évacuations » aussi héroïques soient-elles, ces mots imprimés dans les colonnes du journal américain
New York Times au lendemain de l'opération Dynamo ont conservé
toute leur acuité : « Tant que l'on parlera anglais, le nom de Dunkerque sera prononcé avec le plus grand
respect ».
Sources : « 1939-1940, l'année terrible. Dunkerque : sortir de la nasse » - Jean-Pierre Azéma, Le Monde, 27 juillet 1989.


