| Liste Articles: [0-A] [A-C] [C-F] [F-J] [J-M] [M-P] [P-S] [S-Z] | Liste Catégories | Une page au hasard | Pages liées | ||||||
Cet article est tiré d'une publication du département d'État américain, et a subi pour l'instant peu de modifications. Il peut légitimement être soupçonné de biais.
Benjamin Franklin (1706-1790) est, entre autres, un écrivain et physicien américain. C'est aussi le premier ambassadeur des États-Unis.

Celui que le philosophe écossais David Hume nommait le «premier grand homme de lettres» de l'Amérique incarnait l'idéal rationnel du Siècle des lumières. À la fois pragmatique et idéaliste, travailleur acharné dont les entreprises connurent le plus grand succès, Benjamin Franklin raconta les débuts de sa vie dans sa célèbre Autobiographie. Écrivain, imprimeur, éditeur, savant, philanthrope et diplomate, il fut le personnage le plus célèbre et le plus respecté de son temps. Ce démocrate né pauvre dans un âge aristocratique que son exemple contribua à libéraliser fut le premier grand self-made-man de l'Amérique.
Immigrant de la deuxième génération, Benjamin Franklin avait pour père un puritain, fabricant de chandelles, qui avait quitté l'Angleterre en 1683 pour s'installer à Boston. La vie de Franklin illustre de bien des manières l'impact des Lumières sur un individu doué. Autodidacte, il avait lu John Locke, lord Shaftesbury, Addison et d'autres contemporains; il avait appris d'eux à mener sa vie conformément à la raison et à rompre avec la tradition - en particulier avec la vieille tradition puritaine - chaque fois qu'elle menaçait d'étouffer son idéal.
Tout jeune, Benjamin Franklin avait appris plusieurs langues, avait beaucoup lu et s'était exercé à écrire. Lorsqu'il quitta Boston pour Philadelphie, en Pennsylvanie, son bagage intellectuel était celui des couches sociales supérieures. Mais il avait aussi les vertus puritaines du travail soigné, de l'auto-examen minutieux et du désir de s'améliorer. Grâce à ces qualités, il accéda progressivement à la richesse, à la respectabilité et aux honneurs. Jamais égoïste, il essaya toujours d'aider les autres à réussir en inaugurant un genre bien américain, le manuel d'auto-apprentissage.
Le succès pendant de nombreuses années de son Almanach du Bonhomme Richard, lancé en 1732, fit de lui un homme prospère et célèbre dans toutes les colonies. Dans cet ouvrage annuel, qui contenait toutes sortes de conseils et d'informations utiles, des personnages distrayants, comme le vieux père Abraham ou le bonhomme Richard, exhortaient le lecteur en termes piquants et mémorables. Dans «Le chemin de la richesse», publié d'abord dans l'Almanach, le père Abraham «respectable vieillard aux longues mèches blanches», cite abondamment le Bonhomme Richard. «Le sage se contente d'un seul mot », dit-il. « Dieu aide ceux qui s'aident eux-mêmes.» « Tôt couché, tôt levé, te donnera sagesse, santé et prospérité. » Richard est un fin psychologue («l'industrie paie les dettes que le désespoir augmente») qui conseille toujours de travailler (« la diligence est mère de la chance»). Ne soyez pas paresseux, ajoute-t-il car « un aujourd'hui vaut bien deux demains ». Il avait le génie de la formule qui condense un principe moral : « avec ce qu'on dépense pour un vice, on élèverait deux enfants»; «une petite avarie fera couler un grand navire»; « les sots organisent les banquets où festoient les sages ».
L' Autobiographie est aussi, en partie, un livre d'auto-apprentissage écrit pour son fils. La section la plus connue de ce récit décrit son programme scientifique d'amélioration personnelle. Une liste de treize vertus: tempérance, silence, ordre, détermination, frugalité, industrie, sincérité, justice, modération, propreté, tranquillité, chasteté et humilité, s'accompagne pour chacune d'une maxime. Pour la tempérance, il est dit : « Ne mange pas jusqu'à la somnolence. Ne bois pas jusqu'à la griserie.»
Pour acquérir de bonnes habitudes, il avait inventé un calendrier perpétuel dans lequel il cultivait chaque semaine une vertu, notant d'un point noir chacun de ses manques. Sa théorie préfigure le béhaviorisme, tandis que son système de notation présage la modification moderne du comportement. Ce projet de travail sur soi mêle la croyance des Lumières en la perfectibilité humaine à la pratique puritaine de l'examen de conscience.
Très jeune, Benjamin Franklin comprit que l'écriture serait le meilleur moyen de répandre ses idées, aussi perfectionna-t-il sa prose souple, non pour le principe mais pour se forger un outil. « Ecris comme les savants, disait-il, et parle comme le vulgaire.» Il se conforma au conseil donné par la Royal Society en 1667 recommandant «une manière de parler naturelle, sans fioritures ».
Malgré sa réputation et sa richesse, Franklin ne perdit jamais sa sensibilité de démocrate. Il joua un rôle important à la Convention constitutionnelle de Philadelphie de 1787 au cours de laquelle fut rédigée la Constitution des États-Unis. À la fin de sa vie, il présidait une association contre l'esclavage et l'une de ses dernières entreprises fut de promouvoir l'enseignement public universel.
En tant que « père fondateur » du pays, son effigie a figuré sur plusieurs timbres d'usage courant, dont le cinq cents rouge, un des deux premiers timbres des États-Unis.
La Royal Society lui décerne la médaille Copley en 1753.
Cet article est basé sur l'Esquisse de la littérature américaine [1] publiée par le Département d'État américain. Le texte d'origine est dans le domaine public.
L'épitaphe de Franklin, écrite par lui-même, est restée célèbre :
Ci-git, - nourriture pour les vers le corps de Benjamin FRANKLIN, - imprimeur, comme les restes d'un vieux livre ont les feuillets sont déchirés et la reliure usée. Mais l'ouvrage ne sera pas perdu et reparaîtra, c'est la foi de Franklin, dans une nouvelle édition, revue et corrigée par l'AUTEUR.


