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Benoît XV


Benoît XV
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Benoît XV

Cet article porte sur le pape Benoît XV (1845–1922). Pour l'antipape du XVe siècle, voir antipape Benoît XV.


Giacomo della Chiesa naquit à Pegli, près de Gênes en Italie, le 21 novembre 1845. Il fut pape sous le nom de Benoît XV du 3 septembre 1914 à sa mort le 22 janvier 1922.

Sommaire

La jeunesse

Della Chiesa naquit dans une famille d'ancienne noblesse lombarde, de la moderne Italie du Nord. Après des études classiques, il entra en 1871 à la faculté de droit de Gênes. Il obtint son doctorat de droit civil en 1875. Lors de ses études, le climat anticlérical l'avait poussé à s'engager dans l'Action catholique, dont il présida la section locale. Il poursuivit son cursus au collège Capranica de Rome, spécialisée dans la formation des jeunes ecclésiastiques. Il fut ordonné prêtre le 21 décembre 1878 en la basilique Saint-Jean du Latran.

La carrière dans la Curie

Il entra en 1879 à l'Académie des nobles ecclésiastiques. L'année suivante, il obtint son doctorat de droit canonique. Alors qu'il enseignait le style diplomatique à l'Académie, il fit la connaissance du cardinal Rampolla, dont il devint le protégé. Il suivit celui-ci dans sa nonciature en Espagne. Quand en 1887, Rampolla devint Secrétaire d'État, Della Chiesa devint minutante aux affaires ordinaires. Cette expérience lui procura une grande connaissances des rouages de la Curie romaine. En 1901, il fut nommé substitut de la Secrétairerie d'État puis, en octobre 1907, archevêque de Bologne.

Il ne fut nommé cardinal que sept ans plus tard, lors d'un consistoire secret, 25 mai 1914. Il reçut le chapeau de cardinal-prêtre de la basilique des Quatre Saints Couronnés (Santi Quattro Coronati) le 28 mai. Lors du conclave qui suivit la mort de Pie X, s'affrontèrent deux partis. Le « parti des Pie » était mené par des dignitaires de l'entrourage du feu pape, Merry del Val, De Laï ou encore Lafontaine. L'autre défendait la politique de Léon XIII, guidé par Domenico Ferrata et Pietro Gasparri. Della Chiesa fit figure de modéré. Il fut élu au dixième scrutin, le 3 septembre 1914. Après avoir hésité à accepter la charge, il choisit le nom de Benoît XV, en hommage à Benoît XIV (pape de 1740 à 1758), législateur de l'Église moderne.

Pape

Face à la crise moderniste

Le nouveau pape Benoît XV s'employa aussitôt à calmer les remous de la crise moderniste. Ce fut l'objet de sa première encyclique, Ad beatissimi, en date du 1er novembre 1914. Le Sodalitium Pianum (« la Sapinière ») fut dissout en 1921. Le cardinal Merry del Val fut remplacé par le cardinal Ferrata, puis Gasparri. Néanmoins, De Laï resta à la tête de la Congrégation des Évêques, et Merry del Val fut nommé à la tête de la Sacrée Congrégation du Saint-Office. L'encyclique Spiritus Paraclitus (15 septembre 1920) encourageait les fidèles à lire la Bible. Néanmoins, elle maintenait « l'immunité parfaite des Écritures à l'égard de toute erreur ». Le Manuel biblique de Vigouroux fut mis à l'Index en 1923, et Lagrange se vit empêché de publier ses travaux sur la Genèse.

Contre la Grande Guerre

Dès Ad beatissimi, Benoît XV s'était employé à dénoncer la Première Guerre mondiale, décrite en images vigoureuses dans l'encyclique :

« De tous côtés domine la triste image de la guerre, et il n'y a pour ainsi dire pas d'autre pensée, qui occupe les esprits. Des nations — les plus puissantes et les plus considérables — sont aux prises : faut-il s'étonner si, munis d'engins épouvantables, dus aux derniers progrès de l'art militaire, elles visent pour ainsi dire à s'entre-détruire avec des raffinements de barbarie ? Plus de limites aux ruines et au carnage : chaque jour la terre, inondée par de nouveaux ruisseaux de sang, se couvre de morts et de blessés. »

Dès lors, il maintint la neutralité du Saint-Siège, malgré les crimes de guerre comme l'invasion de la Belgique suite au plan Schlieffen. Ce refus de prendre position lui valut l'incompréhension ou l'hostilité des deux partis. Alors que Léon Bloy le rebaptisait « Pilate XV » et Clemenceau « le pape boche », Ludendorff voyait en lui le « pape français ». Dans son discours au consistoire du 22 janvier 1915, Benoît XV expliqua :

« Nous réprouvons grandement toute injustice de quelque côté qu'elle puisse avoir été commise. mais impliquer l'autorité pontificale dans les différends propres aux belligérants, ne serait certainement ni convenable ni utile. »

La diplomatie vaticane se fit très active pour inciter les deux camps à la paix, sans succès. Le clergé français lui fera défection, le père Sertillanges déclarant ainsi lors d'une cérémonie patriotico-religieuse, le 10 décembre 1917 : « Très Saint Père, nous ne pouvons pas pour l'instant retenir vos appels à la paix. » Benoît XV se montra également actif dans le domaine humanitaire, négociant l'échange de prisonnier ou faisant distribuer des rations alimentaires aux enfants.

Le résultat de cette politique pacifiste fut une mise à l'écart du Saint-Siège lors du traité de Versailles. Néanmoins, Benoît XV obtint une reconnaissance du statut supranational du Saint-Siège (art.238). Le pape se montra cependant très pessimiste sur le règlement du conflit. Dans son encyclique Pacem, Dei munus pulcherrimum du 23 mai 1920, il constata que le traité n'avait pas « extirpé les germes des anciennes discordes. » Le cardinal Gasparri, au sortir de la guerre, s'efforça de renouer les liens entre le Saint-Siège et les nations. Le nombre d'États représentés au Vatican augmenta, ainsi que les nonciatures à l'étranger. La France finit également par se réconcilier avec le Saint-Siège, et Benoît XV canonisa Jeanne d'Arc le 16 mai 1920.

Les missions

La Première Guerre mondiale eut pour conséquence, en matière missionnaire, une irruption des nationalismes : les missionnaires avaient pris parti au cours du conflit, et les ressortissants des pays vaincus se virent expulsés par ceux des pays vainqueurs. Benoît XV réagit vigoureusement en condamnant, dans sa lettre apostolique Maximum illud du 30 novembre 1919, cette « peste affreuse ». Il encouragea la constitution d'un clergé et d'un encadrement indigènes. Il s'appuya pour ce faire sur le père Vincent Lebbe, missionnaire belge en Chine (où il est connu sous le nom de « Lei Ming Yuan »), partisan des droits populations autochtones, et sur le cardinal Van Rossum, préfet de la Propaganda Fide.


Bibliographie

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