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BeOS est un système d'exploitation développé par Be, fondée par Jean-Louis Gassée, un transfuge d'Apple à partir de 1995. Initialement conçu pour un ordinateur spécifique, la BeBox, il a d'abord été adapté au Macintosh, puis sur PC en 1998.
BeOS est un système présentant des caractéristiques innovantes :
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La dernière version est BeOS R5. Il n'y aura plus de version éditée par Be, qui a été rachetée par Palm en 2001. Toutefois, de nombreux projets de logiciels libres se proposent de recréer des versions libres de BeOS.
Voici les 2 principaux projets libres :
Il est également à noter que la société allemande YellowTab développe une version mise à jour de BeOS, qui s'appelle Zeta.
La compagnie est fondée en octobre 1990 par Jean-Louis Gassée, un français et Steve Sakoman, deux exilés d'Apple et d'Hewlett-Packard.
Jean-Louis Gassée commence sa carrière informatique chez Hewlett-Packard en 1968, il crée Apple France en janvier 1981.
Sakoman a lui aussi commencé sa carrière chez HP, il fut ensuite engagé par Apple en 1984, pour ses connaissances sur les ordinateurs portables. Il sera ensuite à la tête du groupe Newton PDA, qui pour rappel était l'un des premiers PDA (Assistant Personnel Digital). Steve Sakoman a également été directeur des produits et technologies chez Silicon Graphics lors du projet de la Nintendo 64.
Jean-Louis Gassée (JLG) voulait appeler la société 'United Technoids Inc.', Sakoman n'aimait pas et se proposa de chercher l'inspiration dans le dictionnaire. Quelques jours plus tard, Jean-Louis lui demanda s'il avait trouvé, Steve dit qu'il s'était arrêté de fatigue à la lettre de 'B'. Jean-Louis lui dit que « Be » sonnait très bien, la société s'appellera donc ainsi.
Be s'implante à Menlo Park en Californie et aura ensuite son antenne européenne à Paris ainsi qu'une à Tokyo pour l'Asie. Leur rêve était de conçevoir un système nouveau, dédié aux applications multimédia, dans la lignée des Amiga.
À peine un an après, un premier prototype basé sur le processeur Hobbit d'AT&T est prêt ; fortuitement, celui-ci est le même que dans les premiers modèles Newton. Le second prototype voit son apparition en 1991, il s'agit alors d'une machine sans interface graphique, utilisant pas moins de 2 processeurs et 3 DSP : pour la téléphonie,l'audio et la vidéo ; un prémice à l'orientation multimédia...
Sakoman construira une trentaine de BeBox I dans son garage, avec l'aide de plusieurs ingénieurs de Be et de son fils de 12 ans. Il continuera à développer plusieurs adaptateurs. AT&T décidant de mettre fin la production des 'Hobbit', Be se tourne alors vers les PowerPC (PPC) de Motorola qu'Apple a intégré dans ses Macintosh en remplacement des 68000.
La première révision de la BeBOX PowerPC n'est pas moins qu'une BeBox I hybride munie d'une carte d'adjonction (soit 2 Hobbit/3DSP/2PPC), celle-ci permettra aux développeurs de concevoir le port PPC.
Le 3 octobre 1995, la première BeBox fait son apparition publique et génère effervescence des utilisateurs et des développeurs.
La BeBox, munie de ses 2 processeurs PowerPC, est commercialisée en 1996 avec la version DR6 (Developer Release) du logiciel, mais ne sera livrée en quantité qu'à partir de la version suivante. La raison de ce délai est notamment dû à la demande trop importante et à la finalisation de la DR7.
Le système d'exploitation de la Bebox trouvera enfin son nom en février 1996 : BeOS.
La version DR8 suit, un port pour Macintosh apparaît pour Power Macintosh en août 1996 avec la DR9. La société interrompt la production de ses BeBox en janvier 1997, elle concentre alors ses efforts sur le système d'exploitation. BeOS attire déjà l'attention de nombreux développeurs..
Apple, qui recherche alors de nouvelles technologies pour son futur système d'exploitation, voit BeOS à la fois comme un concurrent mais aussi comme un favori... La compagnie demandant soit-disant un prix trop élevé, 200 millions de $, Apple préférera investir le double dans la plate-forme Next de Steve Jobs, ce qui n'est pas surprenant étant donnée la position de celui-ci avait occupé chez Apple, auparavant... Il rejoindra d'ailleurs bientôt à nouveau la compagnie, mettant fin à l'aventure Next.
Contraint d'abandonner le monde d'Apple, Be migre alors vers le plate-forme Intel : l'x86, communément appelé PC. Intel devient même actionnaire de la petite société en 1997, la Preview Release arrive la même année.
BeOS version R3 (Release 3) arrive en mars 1998, marquant une grand étape : BeOS est enfin disponible pour le grand public. Il est disponible pour PC et un port pour PowerPC apparaît logiquement un mois après.
Avec une cinquantaine d'ingénieurs seulement, BeOS 4 arrive en novembre 1998 : le système continue de séduire tout une communauté d'utilisateurs, BeOS est rapide, simple, intuitif et stable... il grignote une part de marché insignifiante.
La société conclut des contrats avec certains géants de l'informatique, tel Hitachi, dans le but de fournir des ordinateurs préinstallés avec BeOS et Windows. La compagnie est trop petite pour prétendre à concurrencer Microsoft et c'est d'ailleurs dans l'esprit de Be de fonctionner en harmonie au côté d'autres systèmes.
Malheureusement, la société de Bill Gates voit d'un mauvais œil cette société montante et rend visite aux constructeurs de PC. Le lendemain, ils sont empêchés de livrer des machines avec BeOS, privant ainsi l'entreprise du principal vecteur de distribution.
1999 et voici la version 4.5 qui lève encore plus haut la barre du multimédia temps réel, BeOS fonctionne toujours sur les BeBox, sur les PowerPC et les plate-formes d'Intel.
La compagnie est coté au Nasdaq le 20 juillet, elle fait une offre publique d'achat de 6 millions de parts.
En janvier de l'an 2000, la compagnie n'arrive toujours pas à atteindre la rentabilité sur un marché largement dominé par Microsoft. Elle décide donc de se focaliser complètement sur un marché prometteur, celui des « appareils internet ». BeIA (Be Internet Appliances) est donc développé sur base de BeOS, il s'agit d'un système d'exploitation allégé destiné aux futurs appareils connectés à internet, tels que TV, PDA..
Be développe BeIA MAP, la première plate-forme de management complète des « appareils internet ». MAP comporte un serveur qui permet de gérer les clients BeIA à distance.
La compagnie étant clairement préoccupée par BeIA, BeOS est mis temporairement de côté, aux détriments des utilisateurs.
Dans un même temps, elle offre gratuitement la version 5 de son système en mars 2000, le succès fut rencontré avec plus d'un million de téléchargements, mais pas profitable..
Malgré plusieurs accords pour fournir BeIA avec entre autres Compaq et Sony, les finances s'amenuisent, Be est contraint de cesser ses activités en 2001, pour des raisons encore troubles.
Après avoir revendu sa propriété intellectuelle à Palm, où la plupart des ingénieurs trouvent refuge, Be intente un procès à l'égard de Microsoft. Le 6 septembre 2003, Be obtient 23 million de dollars de Microsoft ; cette somme dérisoire sera reversée à ses actionnaires, de plus le géant informatique n'admettra aucun méfait.
Après l'annonce de la banqueroute, la communaunté s'unit et les initiatives pour recréer BeOS se forment. Parmi elles, Haiku, anciennement appelée OpenBeOS, une solution libre qui offre son code-source et veut reconstruire l'OS depuis le néant. Notons aussi BlueEyedOS, BeFree et Cosmoe qui se basent sur un noyau Linux. Ces initiatives sont louables, mais la tâche est énorme. Elles visent toutes, via BeUnited, à être compatibles avec les applications de BeOS. Il faudra probablement du temps pour que ces équipes de bénévoles arrivent à terminer un système complet, mais la détermination d'un idéal n'est elle pas sans limites ? Notons aussi que d'autres projets s'inspirent de BeOS, tels Syllable. Bien qu'incompatible, celui-ci est très prometteur et bien avancé..
Zeta :
YellowTab, une société allemande, a repris le flambeau où Be l'avait laissé; elle a continué l'évolution de BeOS avec Zeta. Zeta est à vrai dire BeOS 6, (Zêta est la 6ème lettre de l'alphabet grec), il apporte maintes nouveautés, telles des icones vectorielles (SVG), une réécriture complète de la base-réseau, Java.. De plus, YellowTab veut évoluer et intègrera progressivement des composants d'Haiku. Tout comme BeOS, Zeta est destiné à un large public, il ne faut pas de connaissance poussée en informatique pour l'installer et l'utiliser. Je tiens tout de même à prévenir que Zeta/BeOS ne possède pas une pléthore d'applications, mais bien assez pour suffir aux tâches quotidiennes. De plus, il ne s'agit pas d'un clone de Windows, il est différent... rapplez-vous: rapide, simple, intuitif et stable..
Note : Ce texte se veut aussi complet et précis que possible, malheureusement je ne peux garantir son exactitude à 100%. Jean-Marc Louviaux


