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Bernard Moitessier, navigateur français (1925-1996), auteur de plusieurs livres relatant ses voyages.
Bernard Moitessier appartient à la légende de la mer. En 1968, il participe à la première course autour du monde, en solitaire et sans escale, le Golden Globe. Mais, alors qu'il est en tête, il renonce à couper la ligne d'arrivée, abandonne la course, et entame, toujours sans escale, un nouveau tour du monde. Une décision insensée. Pourtant, il ne cherchait ni à battre un record, ni à devenir un héros. Simplement la mer l'avait changé. Après dix mois de navigation, son périple s'arrêtera en Polynésie, où il choisira de vivre avec sa femme.
Au cours de sa vie, ce « vagabond des mers » (titre de son premier livre) a parcouru aussi bien l'Atlantique que le Pacifique, fait escale aux Antilles et en Polynésie, passé le cap Horn. Il a vécu une douzaine d'années entre Tahiti et les Tuamotu et milité contre la nucléarisation du Pacifique sud et la pollution des océans. Il est mort d'un cancer en 1996.
Bernard Moitessier naît en 1925 à Hanoï ( Indochine ) mais il passe son enfance à Saïgon. La mer l'attire depuis toujours, après des années de navigation locale, il rachète en 1952 un vieux bateau qu'il baptise Marie-Thérèse et part enfin en solitaire. Il fait naufrage à l'île Maurice trois ans plus tard, il repart avec un nouveau bateau, Marie-Thérèse II.
En 1958, Bernard réalise son rêve, visiter les Antilles. Il y laissera l'épave de son bateau, échoué sur une plage... Il rentre en France et sur les conseils d’un journaliste, il décrit ses aventures dans le Vagabond des mers du sud. Le livre publié en 1960 chez Flammarion dans la collection « l'Aventure vécue » aura des milliers de lecteurs.
Grâce à l'argent gagné et le courant de sympathie qu'il suscite, il fait construire en 1961 son nouveau bateau, un ketch en acier de 12 mètres, qu'il baptise « Joshua » en hommage au grand navigateur Joshua Slocum. En 1963, avec sa femme Françoise, il met le cap sur Tahiti via Panama. Ils rentrent en France par le cap Horn et sans escale. Dès son retour en France en 1966, il écrit Cap Horn à la voile, nouveau succès.
En 1968, arrive l'épisode de sa participation au Golden Globe qui le fait entrer dans la légende et transforme définitivement sa vie. Parti en solitaire de Plymouth, il ne remettra les pieds à terre qu'à Tahiti après dix mois de mer et un tour et demi de la planète. Il s'installe durablement en Polynésie. Cette longue navigation autour du monde donnera l'un des plus beaux livres de mer jamais écrit : la Longue route.
Le 8 décembre 1982, Joshua est arraché de son mouillage et jeté à la côte par un cyclone. Le voilier mythique a été racheté et restauré récemment par le Musée de la Marine de La Rochelle.
En 1983, sa notoriété permet à Bernard Moitessier de construire son troisième bateau, « Tamata ». Il part vers Hawaï, à l'âge de 58 ans. Il y reste dix mois à œuvrer pour la désescalade nucléaire. Jusqu’en 1985, il navigue et visite la Polynésie et ses lagons. En 1986, Moitessier rentre en France et commence à écrire Tamata et l'alliance son dernier livre, empreint d'une philosophie écologique et qui sera terminé en juillet 1993. Il s'éteint en 1996.
Bernard Moitessier aura eu, avec Éric Tabarly, une influence considérable, par son exemple et ses livres, sur toute une génération de marins qui participent aujourd'hui au rayonnement du sport nautique français dans le monde. La longue route deviendra rapidement le livre de chevet d'une génération de rêveurs, d'amoureux de mers lointaines et autres jeunes navigateurs qui ont pour noms : Loïc Peyron, Philippe Jeantot, Titouan Lamazou, Philippe Poupon ou encore Olivier de Kersauson.


