Page d'accueil encyclopedie-enligne.com en page d'accueil
Liste Articles: [0-A] [A-C] [C-F] [F-J] [J-M] [M-P] [P-S] [S-Z] | Liste Catégories | Une page au hasard | Pages liées

Big band

image:Panneau_attention_40.png Important : cet article est soupçonné d'enfreindre un copyright. Consultez la page listant les pages soupçonnées de copyright pour tout éclaircissement et informations complémentaires, ainsi que la page de discussion de l'article.



image:Musique_jazz.png
Jazz
Grands courants
Dixieland - Swing
Middle jazz - Acid jazz
Cool jazz - West coast Jazz
Hard bop - Free jazz
Jazz-rock fusion - Modal jazz
Bossa nova - Bebop
Jazz manouche - Smooth jazz
Les Instruments
Cuivres - Claviers - Bois
Cordes - Percussions
Interprètes
Interprètes par style
Interprètes par instrument
Liste de A à K et de L à Z
Méta
Le projet Jazz
Le portail des musiques

Un big band est un formation orchestrale professionnelle ou amateur qui interprète des œuvres du répertoire jazz. Son nom vient de l’anglais et signifie littéralement « grand groupe ».

Sommaire

Définition

Dans l'acception commune du terme, trois critères touchant à l'effectif, l'organisation et la nature de la formation doivent être réunis.

Effectif

L'effectif du big band est, comme son nom l'indique, large, ce qui le distingue des petits ensembles ou des combo, mais il serait hasardeux de fixer un seuil numérique qui conditionne l'existence d'un big band. La formation la plus traditionnelle emploie quatre sections instrumentales, appelés aussi pupitres :

Nous voyons donc l'effectif du big band « classique » oscille donc entre seize et dix-neuf instrumentistes, cependant, toutes les variantes sont possibles: pour décupler la puissance sonore en augmentant les pupitres, créer une pâte sonore nouvelle (usagé en particulier d'un tuba ou de deux cors) jouer sur les timbres (adjonction de bois). introduire des percussions ou des vocalistes, etc….

On ne peut d'autre part exclure de la famille des big bands certains ensembles de neuf à douze musiciens qui, malgré un effectif plus réduit, entretiennent avec celle-ci des liens évidents: historiquement, c'est bien de l'évolution de telles formations qu'émerge le big band (Fletcher Henderson)-ces orchestres qui suppriment une section (pas de trombone chez les Savoy Sultans et les autres sections sont réduites; pas d'anches dans les « brass ensembles » souvent réunis en studio dans les années 1950, comme avec Sonny Rollins) se comportant comme des big bands, et les formations moyennes, nombreuses dans les années 1950, découlent, dans leur conception générale, du big band proprement dit (Shorty Rogers par rapport à Count Basie).

Nature du big band

Le big band est aussi le lieu où se développe l'écriture d'arrangements pour des interprètes regroupés en sections instrumentales. L'histoire du big band est donc indissociable de la personnalité des grands arrangeurs (v. arrangement et arrangeur). Le critère de l'écriture, pourtant, n'a rien d'absolu, puisque certaines pièces sont basées sur des « head arrangements » (conventions simplement mémorisées) tandis que certains orchestres free jazz ménagent de larges espaces à l'improvisation collective.

L'expression big band sous-entend enfin qu'on a affaire à un grand orchestre de jazz. La nature des orchestres a souvent été mise en doute, singulièrement à propos de formations usant d'arrangements atypiques ou particulièrement élaborés (Stan Kenton, Thornhill). Une frontière parfois mince sépare le big band de jazz de l'orchestre de variétés, de revue ou de show télévisé, d'autant que les répertoires peuvent être composés des mêmes standards et que des musiciens de jazz reconnus franchissent eux-mêmes cette frontière (Bix Beiderbecke chez Whiteman). Sur la côte ouest des états unis, en particulier, le travail des musiciens de jazz pour l'industrie cinématographique hollywoodienne aboutit à présenter des formations mixtes avec cordes et des arrangements très circonstanciés d'où émergent de pures séquences de jazz - il en va souvent de même pour l'accompagnement des vocalistes.

Evolution

Les origines

Le grand orchestre trouve son origine dans les revues, comme celles de Noble Sissle dans les années 1910 ou de Eubie Blake au début des années 1920. Certaines dimensions orchestrales apparaissent aussi dans des formations aux caractères néo-orléanais: Floyd Troy et Alphonso Trent (tous deux à Dallas), Doc Cook et le Dreamland Orchestra (à Chicago), Charles Elgar's Creole Orchestra... Les « riverboats », bateaux à aubes du Mississippi, possèdent déjà des formations élargies (Fate Mamble's Society Syncopators, Charlie Creath's Jazz O'Maniacs). W. C. Handy lui-même a enregistré en grand orchestre..

On s'accorde à reconnaître que l'histoire du big band débute réellement avec Fletcher Henderson. De fait, entre le milieu des années 1920 et la fin des années 1930, l'évolution de l'orchestre témoigne du passage de la polyphonie néo-orléanaise à la structure classique de la grande formation avec ses sections instrumentales. Cette évolution aura des prolongements nombreux, tant dans les orchestres d'anciens arrangeurs d'Henderson, Don Redman et Benny Carter, que dans celui de Benny Goodman, ou encore ceux d'Artie Shaw et des frères Dorsey (ensemble, puis séparément à partir de 1935). En revanche, l'orchestre de Duke Ellington, déjà d'une éclatante singularité, aura peu d'influences directes, à l'exception de celles exercées un temps, sur la formation de Charlie Barnet. De nombreux oubliés jalonnent cette période: les Krazy Kats de Cliff Jackson à New York et leurs arrangements raffines, le plus fruste Plantation Orchestra d'Alex Jackson à Cincinnati. Pendant cette période charnière, des formations restent plus proches du style Nouvelle-Orléans d'origine (comme celles de Luis Russell et du remarquable trompettiste Dewey Jackson) ou dixieland (Bob Crosby and his Bob's Cats).

Les années 1920

Cette période est aussi celle du « style Chicago » (v. ce mot), dans lequel des grands orchestres se forment: Jean Goldkette, Bunny Berigan, etc. Ce style se propage à New York, et les grands orchestres suivent le mouvement, parfois littéralement, puisque les musiciens de Goldkette partent pour devenir à New York le Casa Loma Orchestra sous la direction de Glenn Gray; malgré leur nom, les California Ramblerssont des Chicagoans parfois célèbres officiant à New York dans les années 1920 et 1930. C'est également à New York que Jack Teagarden enregistre, à mi-chemin entre l'écriture orchestrale plus policée et les traditions du dixieland. L'orchestre de Paul Whiteman est relié aux Chicagoans du fait de l'emploi de nombre d'instrumentistes de cette « école » (Beiderbecke, Trumbauer, Berigan, Venuti.); sacre « King of jazz », décrié par les puristes, s'aventurant en des terrains divers (il fut le destinataire et le créateur de la Rhapsody in blue, fit chanter un Bing Crosby débutant), l'orchestre ne méritait sans doute ni les lauriers ni l'opprobre qui lui ont été réserves. La scène musicale de Chicago n'est toutefois pas monopolisée par les « Chicagoans » blancs, et nombre de grandes formations comptent dans leurs rangs d'authentiques Néo-orléanais: Sam Morgan, Walter Barnes, Tiny Parham, Erskine Tate et ses invites de marque (Louis Armstrong, Keppard, Bailey, Simeon.)-à noter qu'Armstrong enregistre à Chicago avec des orchestres de dimension élargie..

Les années 1930

Nombre de formations évoluent dans les centres urbains les plus divers: Neal Montgomery à Atlanta, tandis que les big bands se multiplient sur la côte ouest: Ben Pollack (and His Californians puis and his Park Central Orchestra), Sonny Clay, Curtis Mosby, Red Spikes (peut-être le plus archaïque avec son retour au rag). Chaque période est marquée par ses expériences plus commerciales: outre les dérapages de Whiteman, l'orchestre d'lsham Jones remporte de grands succès en flirtant avec une conception symphonique.. Du milieu des années 1930 à la fin des années 1940, l'évolution du big band aboutit à l'apogée du genre dans sa configuration classique. Elle se développe d'abord sur la scène new-yorkaise, voire harlemite, avec les piliers du Cotton Club (Cab Calloway, Duke Ellington.), les stars du Savoy Ballroom (Chick Webb, Claude Hopkins les Savoy Sultans d'Al Cooper, les Savoy Bearcats ou même l'orchestre de Cootie Williams) et, surtout, l'orchestre de Jimmie Lunceford, remarquablement servi par les arrangements de Sy Oliver et sa rythmique, qui révolutionne l'interprétation de la métrique à quatre temps. Les formations mémorables de cet « âge d'or » sont nombreuses: Teddy Hill, Lucky Millinder, le Mills Blue Rhythm Band, Edgar Hayes, Charlie Johnson ou Willie Bryant ont, parmi tant d'autres, inscrit leurs noms dans la riche pepinière du moment L'éclosion du style classique s'opère aussi avec ce qu'on nommera le « style Kansas City » (v. ces mots) marqué par la double caractéristique de privilégier la structure harmonique du blues et la phrase en forme de riff: George E. Lee, Andy Kirk and His Clouds of Joy, Jay McShann, Harlan Leonard, Bennie Moten et Count Basie en sont les principaux représentants. Au-delà de ces deux centres, nombre d'orchestres régionaux, ou « territory band », ne doivent pas être oubliés: Boots Douglas et Ernie Fields au Texas George Hudson à Saint Louis, Les Hite en Californie, Milt Larkins à Houston (avant d'émigrer à Chicago et New York), etc..

Avec le succès de Basie ou Lunceford c'est la formation de style classique qui s'impose, en un schéma d'école (une ossature premier trompette-premier trombone-premier alto-baryton se doublant, comme axe de l'arrangement) que l'on retrouve de Lionel Hampton à Erskine Hawkins. Les tendances plus commerciales de cette période peuvent être représentées par Harry James ou Glenn Miller. Au contraire quelques formations brillent par la qualité de l'écriture qu'elles développent: celle d'Ellington, mais aussi celle de Red Norvo..

Les années 1940

La fin des années 1940 brille par plusieurs apports essentiels. D'une part, certains orchestres à la suite de Billy Eckstine lui-même héritier de l'excellent big band d'Earl Hines, s'imposent comme spécialistes du bebop en grande formation, mais: ils restent peu nombreux: outre le big band, dirigé par Dizzy Gillespie à partir de 1946" on ne peut guère recenser comme formations significatives que celles de Georgie Auld, Charlie Ventura, Chubby Jackson (qui passera progressivement au cool) ou, en Californie, de Roy Porter (connu pour avoir tenu la batterie avec Charlie Parker dans, l'enregistrement de Moose the mooche). C'est aussi pendant cette période que des recherches d'écriture se manifestent avec les orchestres de Boyd Raeburn ou Stan Kenton (élargissement aux bois et cordes,) tentatives harmoniques proches de Stravinski ou Milhaud, style concertant, etc.). Entre ces tendances gravitent de nombreuses formations: Les Brown and hisBand of Renown, Johnny Richards (ex-arrangeur de Raeburn), Elliot Lawrence. font partie de cette époque transitoire,: dont Gil Evans, George Russell ou Don Ellis seraient les descendants directs. Des, recherches liées à un effectif instrumental, original parcourent encore l'orchestre que dirige Oscar Pettiford (cors, harpe)..

Deux événements sont encore fondamentaux dans cette période. D'un côté, l'orchestre de Woody Herman définit, en 1947, une nouvelle sonorité qui va faire école, avec ses « Four brothers » (v. ces mots), expression qui visant les saxophonistes de la formation, deviendra un mot d'ordre en; même temps qu'une donnée esthétique nouvelle. D'un autre côté, l'ensemble réuni par Miles Davis en 1948 pour les sessions de « Birth of the cool » fera date sous l'intitulé (il faut toutefois rappeler que la formule instrumentale rendue célèbre par Miles avait trouvé son inspiration via Gil Evans, dans l'orchestre de Claude Thornhill, déjà utilisateur de cors et tuba et définissant un son très particulier). La plupart des orchestres « west coast » ou des ensembles de la période « cool » relèvent de cette double paternité, d'autant que nombre de formations, dans les années 1950, ont la chance de travailler avec des arrangeurs sachant leur donner un: « grain » particulier (Paich, Shorty Rogers,' Giuffre, Munigan, Rugolo), notamment;. par l'utilisation du veloute des anches ou du moelleux des tessitures graves (cors)..

Les années 1960

Dès le début des années 1960, la masse salariale nécessaire au fonctionnement des grands orchestres ajoute une difficulté à la désaffection d'un public considérant ces « machines »y comme les représentants d'un style désuet, et les big bands deviennent occasionnels, réunis pour des enregistrements ou des tournées. Les orchestres ouverts au free jazz, y compris dans la génération dite des lofts (v. ce mot) ne font pas exception: Anthony Braxton et le Creative Music Orchestra, Alex von Schlippenbach, Leo Smith et Roscoe Mitchell avec leur Creative Orchestra, John Tchicai, Lester Bowie (à la tête du Sho' Nuff Orchestra - une cinquantaine de musiciens en 1979), Alan Silva (avec son parisien Celestrial Communication Orchestra), Archie Shepp ("Attica blues"), Sam Rivers-mais aussi Charles Mingus-ne peuvent conduire de grandes formations que par intermittence, au contraire d'un Sun Ra qui a une activité régulière d'une étonnante ampleur. Entre ces deux extrêmes, quelques orchestres parviennent à avoir une existence substantielle: le Globe Unity Orchestra, l'AACM Big Band ou l'MCM Experimental Band (dirigés par Muhal Richard Abrams); le Jazz Composers' Orchestra, réunissant des musiciens en association, permet des enregistrements dirigés par Carla Bley, Michael Mantler, Roswell Rudd et d'inviter comme solistes ou leaders occasionnels des musiciens de premier plan. Malgré l'extrême diversité des points de rupture avec l'esthétique habituelle du big band, la seule constante est que les arrangements subissent une désagrégation des harmonies traditionnelles au profit de blocs sonores plus denses, que l'improvisation devient moins encadrée, que la rythmique est plus percussive et que les anches sont, majoritairement, privilégiées..

Les années 1970-1980

Les années 1970-1980 ne sont pas marquées par l'apparition d'un style orchestral nouveau, mais plutôt par deux phénomènes: la nostalgie entretenue par des chefs opiniâtres (Count Basie, Rich, Herman, Bellson, Gerald Wilson, Kenny Clarke-Francy Boland, Clark Terry et son Big Bad Band.), des repreneurs qui tentent de faire survivre l'orchestre d'un disparu célèbre (Buck Clayton ou Frank Foster dirigeant des anciens de Basie) ou d'en faire revivre l'esprit (Frank Wess-Harry Edison Orchestra), des hommes qui ne savent pas s'arrêter (Lionel Hampton): la subtilité d'une écriture qui, à défaut d'être nouvelle, attire l'attention par son raffinement (Thad Jones-Mel Lewis), ses couleurs instrumentales inédites (Gil Evans), ses sophistications du jeu en sections (Toshiko Akiyoshi, Gruntz), s'impose et marque certains orchestres en activité..

Le big band en France

En France, à la fin des années 1920 Gregor peut être considéré comme pionnier avec ses Grégoriens. Mais c'est dans les années 1940 que se développent les grands orchestres, du début de la décennie, avec Alix Combelle, à sa fin qui voit les débuts de Claude Bolling (activité poursuivie sous le nom de Show Bizz Band), mais aussi avec l'orchestre de Tony Proteau, premier big band à véritablement s'essayer aux tournures du bop. Dans les années 1950, André Hodeir avec le jazz Groupe de Paris signe des compositions d'une grande richesse et d'une personnalité reconnue; Michel Legrand dirige une séance célèbre (Webster Miles, Coltrane, Bill Evans.), Martial Solal projette au niveau orchestral sa virtuosité pianistique eût son goût des contrastes; Christian Chevallier s'inspire de l'esthétique cool. Au cours des années 60, Jef Gilson poursuit sa carrière avec un orchestre (qui deviendra l'Europamerica) où se développe une écriture foisonnante inspirée (mais démarquée) de G. Evans, tandis que Claude Cagnasso dirige une formation (fortement teintée d'afro-cubanisme) dans une lignée Thad Jones-Mel Lewis à mémoire kentonienne. Dans le même temps, Roger Guérin conduit le Paris Jazz All Stars depuis la fin des années 1960 et Jean-Claude Naude apparaît comme le gardien du jazz classique. Ivan Jullien dans les années 1960 ("Paris point zero) et 1970, a su tirer profit de la masse orchestrale et des apports électroniques, l'évolution de l'instrumentation électrique se prolongeant chez Raymond Boni. Solal réussit des alliages de timbres et des ruptures séquentielles dans quelques enregistrements en big band. Didier Levallet conçoit plutôt des suites concertantes (et conduit une manière de big band à cordes, Swing String System); le trompettiste Jean-Loup Longnon écrit des arrangements subtils pour ses formations. Certains musiciens appelés à la tête de l'Orchestre National de Jazz ont conduit également leurs propres formations, tels François Jeanneau et son Pandemonium à la fil des années 1970 ou Denis Badault avec La Bande à Badault. De façon originale, c'est sa rencontre avec Gil Evans qui conditionne l'esthétique Big Band Lumière de Laurent Cugny..

Le big band ailleurs

Parmi les orchestres européens les plus connus, citons au Royaume-Uni, ceux de Jack Hylton (premier orchestre « bot », célèbre pour avoir invité Coleman Hawkins), Ted Heath à partir des années 1940, ou Johnny Dankworth dans les années 1950. Aux Pays-Bas, l'orchestre de Boy Edgar a connu un beau succès dans les années 1960 avec ses « guest stars » (Webster, Roach, Dolphy), mais les libertés du free ont surtout conditionné l'apparition de formations comme celles de Willem Breuker (devenue Kollektief dans les années 1970) ou de Misha Mengelberg (ICP Tentent, ICP Orchestra). L'Europe a également bénéficié de deux atouts: la présence de musiciens expatriés (Kenny Clarke-Francy Boland) et l'existence d'orchestres attachés à une radio ou une télévision (Kurt Edelhagen et l'orchestre de la Südwestfunk en Allemagne l'orchestre de la radio danoise, etc.). Signalons aussi que le Brotherhood of Breath du Sud-africain Chris McGregor s'était établi en Europe..

Dans une évolution du jazz d'abord conditionnée par l'individualisme de l'improvisateur (d'Armstrong à Parker, de Hawkins à Coltrane ou de Lester Young à Ornette Coleman.), le big band reste plus un lieu d'organisation qu'un pôle central de mutations stylistiques-l'histoire du big band suit pas à pas celle des différentes étapes du jazz (on pourrait élargir le panorama, depuis les orchestres à tendance rhythm 'n' blues-Tiny Bradshaw, Buddy Johnson, Oliver Sain et naturellement Ray Charles à partir de 1955-jusqu'aux exercices de big band du jazz-rock-excroissances de Return To Forever, United Jazz and Rock Ensemble) II est donc impossible de réduire la notion de big band à quelques traits: il faudrait refaire l'histoire du jazz, ne pas oublier que sous la présentation didactique d'une chronologie les styles coexistent (Count Basie vit en même temps que le free) ou se mêlent (Lionel Hampton joue Moment's notice, l'orchestre Thad Jones-Mel Lewis doit autant à Basie qu'aux consonances bop), etc. De même faudrait distinguer entre les fonctions des orchestres (danse, accompagnement d'une chanteuse, réunion autour d'un leader-du faire-valoir d'Armstrong à l'écrin rétrospectif du dernier Miles), leurs modes de fonctionnement (de la fidélité légendaire de Carney, Hodges à Duke, de Green à Basie, aux réunions ponctuelles). On retiendra que les plus créatifs sont ceux marqués par des personnalités hors du commun qui ont su imposer une démarche à nulle autre pareille (Duke Ellington), s'accommoder de toutes les modes avec brio (Quincy Jones), renouveler les alliages (Evans)..

L’avenir du big bang

II n'en reste pas moins que quelques éléments spécifiques sont indissociables du big band. D'abord l'effet de masse, en ses diverses organisations, de la section classique très huilée (Count Basie) aux vastes tournoiements sonores (Sun Ra). Ensuite, la spécialisation d'interprètes dans certaines fonctions propres au big band: si la plupart des orchestres sont constellés de solistes de premier plan, on y trouve aussi des « musiciens de pupitre » rarement (ou jamais) solistes. Des spécialistes occupent certains postes pivots: le premier trompette conduit l'ensemble des souffleurs (Charlie Shavers, Ernie Royal, Snooky Young, Jon Faddis, Al Porcino, Conrad Gozzo, Lew Soloff.), le premier alto est le référent privilégie du chef (Marshall Royal, Bobby Plater, Earle Warren, Jerome Richardson.). Des qualités spécifiques sont requises chez le batteur qui doit « pousser » l'orchestre (en jouant un peu en avant) dans un jeu efficace (Dave Tough), tout en conservant souplesse d'exécution (Jo Jones) et qualités d'invention (Mel Lewis). Et naturellement l'orchestre a un chef dont la fonction est variable: s'il cumule souvent les rôles de compositeur, d'arrangeur, d'instrumentiste et de direction (Duke Ellington), il délègue souvent le travail d'arrangeur. Quelques orchestres ont fait l'objet d'une codirection (Coon-Sanders, Thad Jones-Mel Lewis, Clarke-Boland, Akiyoshi-Tabakin); plus rares sont ceux sans chef attitré (les Blue Devils), parfois, le chef délègue à un directeur musical certaines fonctions (mise en place, répétitions, etc.)..


II est évident que l'art du big band est en régression. Quelles que puissent être les satisfactions procurées par certaines formations contemporaines, le discours de l'orchestre est aujourd'hui moins prégnant Dans les styles dominant au début des années 1990, qu'il s'agisse de perpétuer (en le revivifiant) un mainstream hard bop ou de privilégier les réunions de certains collectifs (M-Base), le plus vif du jazz pointe en petite formation. En revanche le big band a toujours constitué une excellente école: ceux de l'armée, des « high schools », des universités. La haute technicité instrumentale nécessaire au musicien contemporain fait du big band un remarquable lieu d'apprentissage par lequel nombre de créateurs du moment sont passés..




This site support the Wikimedia Foundation. This Article originally from Wikipedia. All text is available under the terms of the GNU Free Documentation License Page HistoryOriginal ArticleWikipedia