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Modèle:Terrorisme
Le bioterrorisme est l’utilisation ou la menace d'utilisation de virus, de bactéries, de champignons, de toxines ou de micro-organismes dans le but de provoquer intentionnellement une maladie ou le décès d'êtres humains, d'animaux ou de plantes, sans déclaration de guerre officielle ni même nécessité que l'agresseur soit un État (cela pourrait être par exemple un groupement comme le crime organisé). Il se distingue en cela de la simple guerre bactériologique.
Le terme est difficilement définissable d'une manière objective tant il existe de définitions du mot terrorisme. Par exemple, la distribution de couvertures infectées par le choléra et la variole au XIXe siècle aux aborigènes des amériques pourrait être considéré comme une attaque bioterroriste délibérée. Ainsi, il est peut-être plus prudent de parler d'incidents que d'attaques et de n'utiliser le terme que pour des évènement contemporains plutôt qu'historiques.
Les agents biologiques sont habituellement disséminés par aérosol (inhalés ou avalés). La difficulté principale dans la préparation d'une attaque est généralement de trouver une méthode de dissémination de l'agent qui permettra une infection la plus large possible.
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Le bioterrorisme est la diffusion de germes capables de déclencher des maladies mortelles. Différents types de germes peuvent être utilisés en tant qu’arme biologique : les bactéries, les virus* (tous les termes suivis du symbole*sont définis dans le lexique page 26), les champignons, les protozoaires et, de plus en plus, les Organismes Génétiquement Modifiés (OGM). En effet, avec les progrès réalisés en génétique et en biologie moléculaire, des bactéries inoffensives peuvent être rendues pathogènes par insertion de gènes de toxicité empruntés au génome de bactéries dangereuses. Pire encore, il est devenu possible de rendre encore plus virulentes des bactéries qui étaient déjà dangereuses ou bien de modifier ces bactéries afin qu’elles ne soient pas reconnues par le système immunitaire ou résistantes à tous les antibiotiques.
On peut distinguer deux voies d’attaque du bioterrorisme :
• Attaque directe sur la population. Outre les conséquences physiques, l’effet psychologique est très fort, la terreur et la panique s’installent, ce qui aboutit à la paralysie complète ou partielle du pays concerné et donc à des conséquences néfastes pour l’économie.
• Attaque de l’élevage et/ou de l’agriculture d’un pays. L’économie du secteur concerné est directement touchée. La conséquence est un affaiblissement plus ou moins important de l’économie en fonction des dommages subis. De plus, si la population apprend l’origine bioterroriste de la chute d’un secteur alimentaire, l’effet de panique est décuplé et le pays également paralysé.
Dans les deux cas le but est de paralyser un pays et par conséquent de ruiner son économie.
Cependant, malgré l’efficacité potentielle impressionnante de certains germes, il y a un très grand nombre de variables à prendre en compte dans la réussite d’un attentat bioterroriste, telles la taille des spores (pour une bactérie) ou la qualité de l’aérosol utilisé, mais certaines sont incontrôlables, c’est le cas du taux d’humidité dans l’air ainsi que du sens et de la vitesse des vents. Si bien que l’efficacité d’un tel attentat, en terme de nombre de victimes, reste encore à prouver. D’autant plus que l’utilisation de virus est rendue délicate non seulement à cause du danger et de la difficulté que représentent leur manipulation mais aussi du fait de leur relative fragilité dans le milieu extérieur car contrairement à certaines bactéries, les virus n’ont pas de spore permettant de résister à un environnement hostile. Seuls des bioterroristes appuyés par un laboratoire d’État très équipé pourraient réussir à obtenir une arme biologique réellement efficace, mais ceci s’apparente plus à du bioterrorisme d’État qu’à du bioterrorisme indépendant. C’est pourquoi le bioterrorisme joue essentiellement sur l’effet de panique, sans compter qu’il s’agit d’une menace invisible.
Il est surprenant de constater que l’utilisation d’armes biologiques n’est pas récente, au contraire elle commence dès le VIe siècle avant notre ère et se poursuit à travers les siècles jusqu’à sa forme actuelle. En voici trois exemples.
Au XXe siècle, l’utilisation des armes biologiques est étroitement liée à la guerre, notamment à partir de la Seconde Guerre Mondiale pendant laquelle les Japonais utilisent la peste sur des villes chinoises et les Britanniques expérimentent le bacille du charbon (Bacillus anthracis) sur l’île de Gruinard au large de l’Ecosse. L’accès à cette île, toujours contaminée, est encore aujourd’hui interdit. C’est à partir de cette époque et surtout pendant la Guerre Froide que les recherches sur les armes biologiques ont été effectuées en particulier aux États-Unis et en URSS. La fin de la Guerre Froide et la chute de l’Union Soviétique sont en grande partie à l’origine de l’apparition du bioterrorisme que nous connaissons aujourd’hui (voir partie suivante : Causes de l’apparition du bioterrorisme).
Avant les attentats à l’anthrax qui ont eu lieu au États-Unis à la fin de l’année 2001, et qui sont les premiers véritables attentats bioterroristes, seuls des membres de la secte Aum, au Japon, avaient tenté par deux fois d’utiliser une arme biologique. Tout d’abord en 1992, ils tentent en vain de se procurer le virus Ebola au Zaïre. Puis en 1993, ils échouent dans leur tentative de disséminer de l’anthrax du haut d’un immeuble. En 1995, la secte se tourne alors vers une arme chimique beaucoup plus sûre et plus facile d’utilisation : le gaz sarin, qu’elle utilise lors de l’attentat du métro de Tokyo. Ceci illustre parfaitement la difficulté de manipulation et d’utilisation des armes biologiques.
Par opposition à la bombe atomique, les armes biologiques sont bon marché et nécessitent peu d’infrastructures pour leur production et leur stockage. Elles sont donc plus discrètes. En effet, s’il est extrêmement difficile de camoufler une usine fabriquant l’arme nucléaire, il est en revanche aisé de maquiller un laboratoire de production d’armes biologiques en un laboratoire de recherche tout à fait ordinaire. De plus, même s’il est délicat de rendre efficace une arme biologique, il est relativement simple de s’en procurer, et le manque d’efficacité est comblé par l’effet de panique provoqué.
Enfin, le cœur du problème de l’apparition du bioterrorisme est le lien très fort entre la guerre et la science. Particulièrement pendant la Guerre Froide, période durant laquelle l’équilibre de la terreur entre les deux Blocs ne s’est maintenu que par une course permanente à l’armement incluant les armes de dissuasion telle la bombe atomique, la plus connue car la plus spectaculaire arme de destruction massive, mais aussi les armes biologiques, dont des stocks impressionnants ont été constitués à l’abri des regards indiscrets.
La première cause de l’apparition du bioterrorisme est très probablement l’éclatement de l’URSS qui a mis au chômage les scientifiques soviétiques, parmi eux ceux qui travaillaient à l’élaboration d’armes biologiques. Certains ont été invités à venir travailler pour les États-Unis, d’autres laissés à leur propre sort, ont pu accepter l’offre généreuse de certains terroristes qui leur ont proposé de continuer à travailler pour eux.
La seconde cause est paradoxale, c’est une des forces des États-Unis qui se révèle être aussi une faiblesse. En effet, les laboratoires de recherche américains, dans un soucis de progrès et d’innovation, sont très ouverts aux chercheurs venus du monde entier. Seulement ceci implique le fait que les informations sont accessibles à un nombre important des personnes parmi lesquelles certaines n’ont peut-être pas de bonnes intentions.
le bioterrorisme : Rapport bibliographique de Julien Tap et al. pour l' IUT génie biologique de Créteil Paris XII


