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République arabe syrienne - Gouvernorat de Deraa, 32° 3' N, 36° 29' E
Située à 150 km de Damas au cœur de la région fertile du Hauran, sur un plateau basaltique, Bosra entre dans l’histoire à l’époque hellénistique. Sous les rois Arétas lll et Arétas lV, elle tombe sous la coupe des Nabatéens. En 106 de notre ère, elle devient la capitale de la province romaine d’Arabie créée par Trajan après l’annexion de la Nabatène. Située au cœur du Hauran, une région très fertile, Bosra connut la prospérité. Située au débouché des caravanes venant d’Arabie, elle joua un rôle commercial important et elle compta jusqu’à 50.000 habitants. Ses roches noires, employées dans la construction depuis des siècles, confèrent à la région entière beaucoup d'originalité.
De plus, la dureté du basalte a permis aux monuments de faire admirablement face à l'usure. Mentionnée pour la première fois dans des archives égyptiennes en 1 350 av. J.-C. sous le nom de Busrana, elle ne se développe réellement qu'à partir du IIe siècle av. J. -C. lorsqu'elle devient la capitale régionale de la Nabatène.
Titre qui lui sera accordée officiellement au Ier siècle av. J. -C. sous Rabbel II.
En 106 ap J.-C., Trajan annexe la Nabatène et choisit Bosra comme capitale de la Provincial Arabie. Etant sur le principal axe de communication : la Via Nova Trajana, elle s'impose comme passage obligé et pas moins de 5 000 légionnaires romains s'y installent. Agrandie et embellie d'édifices publics organisés autour d'un Cardo et d'un Decumanus, elle est rebaptisée Nova Trajana Bostra par Trajan entre 98 et 117 ap. J.-C. Au cours du même siècle, on y construit le grand théâtre de 17 000 places, demeuré quasiment intact jusqu'à nos jours.
Dès le début du IIIe siècle ap. J.-C., le christianisme, en pleine expansion, va changer le paysage urbain : de nombreuses églises, une cathédrale dédiée aux saints Serge, Bacchus et Léonce sont bâties.
Jadis capitale de la province romaine d'Arabie et importante étape sur l'ancienne route caravanière de La Mecque, Bosra conserve, enserrées dans ses épaisses murailles, un magnifique théâtre romain du IIe siècle, des ruines paléochrétiennes et plusieurs mosquées.
Son théâtre, un des plus vastes de l’Orient romain, fut transformé en forteresse par les musulmans dès l’époque des Omeyyades. Dans son état actuel, la forteresse remonte aux Ayyoubides (13ème s.).
Pour la tradition musulmane, c’est à Bosra que Muhammad rencontra Bahira, un moine chrétien, qui l’initia au monothéisme.
Après la conquête musulmane de Bosra en 632, la région sert de champ de bataille aux Musulmans et aux Byzantins qui se disputent le contrôle de la Syrie.
Trente-six mosquées, dont la mosquée El Omar, sont construites et de nombreux Chrétiens se convertissent. Les Seldjoukides, gouvernant la ville à partir de la fin du XIe siècle ap. J.-C., y rétablirent la prospérité et la protégèrent des Croisés.
Fortifié par Nour Ed Din, les Ayyoubides feront du théâtre romain, une véritable citadelle qui sera conquise par les Mongols. Baybars la restaure en 1 261. La route menant à la Mecque modifiée (en partie à cause du brigandage sévissant dans le Hauran), Bosra perdra de l'importance au point de n'être plus qu'un simple village. Cette région agricole traditionnellement prospère ne reprit vraiment son activité qu'à partir de 1 886 lorsque des milliers de Druzes s’installèrent à Bosra.


