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Les Cagots étaient une partie de la population réprouvée pour des raisons encore mystérieuses
L'existence des Cagots se retrouve dans l'ensemble du Sud-Ouest de la France. Ce
phénomène semble avoir pris naissance vers l'anMil pour se terminer au XIXe siècle, très progressivement. Ces coutumes, peu
glorieuses, prenaient la forme d'un racisme populaire, en général condamné par les puissants, mais fortement ancré
localement.
A la différence des discriminations fondées sur la race, la religion, la langue qui peuvent être relayées par des théoriciens ou des politiques sans scrupules, cette
ségrégation est restée locale et le plus souvent arbitraire: La naissance dans une famille de Cagots suffisait à établir pour le
reste de la vie la condition de Cagot. Cette mise à l'écart et la spécialisation dans certains métiers évoque les basses castes de l'Inde comme les intouchables.
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Les explications les plus diverses ont été données quand à l'origine des Cagots. Il est d'ailleurs vraisemblable qu'au cours
des siècles des populations d'origines diverses se soient mélangées. Leurs origines sont probablement aussi diverses que la
multitude de noms dont on les affublait, et qui ont chacun une explication.
Le terme de Cagots tire ses origines d'un mot béarnais signifiant lépreux, et qui
apparaît dans les textes vers l'an 1300. La lèpre désigne au Moyen-âge différentes maladies; la lèpre rouge
est presque toujours mortelle; la lèpre blanche ou lèpre tuberculeuse présente des signes semblables, mais peut se stabiliser.
Mais tous ces malades inspirent la peur de la contagion et sont isolés hors des villages.
C'est essentiellement au Nord de l'Espagne et au Sud-ouest de la France que se
retrouve le phénomène. Agots en Navarre, ils sont les premiers, en 1514 à se plaindre
de leur sort au pape Léon X. Présents en Asturies, Pays Basque, Béarn, Gascogne, ils sont nommés, outre les
noms déjà cités, Gahetz, Gafets, Agotas, et en Bigorre Graouès
ou Cascarrots. Ils sont nombreux à Bordeaux et appelés Ladres ou Gahetz.
Mais on trouve aussi des traces en Anjou sous les noms de Capots, ou Gens des Marais, et
en Bretagne: Caqueux, Caquins ou Caquouss.
Un ensemble de préjugés et de discriminations ont marqué l’histoire des Cagots. À l’origine en partie justifiés par la peur de la contamination par la lèpre, ils se perpétuent arbitrairement.
L’absence de lobe de l’oreille, les pieds et les mains palmés peuvent s’expliquer par des restes de maladies, mais ne sont pas héréditaires. Ils sont décrits comme goitreux, mais le goitre est une maladie typique des populations privées de nourriture iodée. L’isolement et la consanguinité expliquent des cas d’arriération.
Un grand nombre de prescriptions pèsent sur eux, certaines sont orales, mais d’autres sont transcrites dans les « fors » (lois) de Navarre et du Béarn des 12ème et 13ème siècles. Les Cagots ne doivent pas approcher les autres hommes, ils ne doivent pas habiter dans les mêmes quartiers, ils seront séparés à l’église et n’auront pas le même bénitier. Ils ne devrons pas marcher pieds nus ( ce qui était courant pour les pauvres) et devront signaler leur approche par une crécelle. Ils ne pourront pas posséder de bétail ni manipuler de la nourriture. Dans ces conditions ils ne peuvent souvent compter que sur la charité, en particulier de l’Église et de certaines fondations destinées à subvenir aux besoins des lépreux revenus des Croisades.
A Marmande en 1396 le règlement précise que les Gahets devront porter, cousu sur leur vêtement de dessus, coté gauche, un signal de tissu rouge, long d’une main et large de trois doigts ; Adolf Hitler et son étoile jaune n’avait vraiment rien inventé !
La trace la plus ancienne de la lutte des Cagots pour la liberté et la dignité situe en Navarre. En 1514 les Agots de Navarre s'adressent au Pape Léon X, se plaignant de discriminations dans les églises. Léon X répond par une bulle de « les traiter
avec bienveillance sur le même pied que les autres fidèles » et confie l'exécution de cette bulle au chanoine de Pampelune Don Juan de Santa Maria.
Mais la mise en pratique provoqua des procès interminables, malgré l'appui en 1524 de
Charles Quint, Empereur.
Pendant plus de trois siècles, le scénario se répète: brimades des Cagots, procès gagnés, appui du haut clergé et des princes, mais résistance des autorités locales et du peuple. En France, en 1683, et en échange d'une forte somme d'argent ( destinée à racheter les impôts dont ils étaient dispensés jusque là), une Lettre patente de Louis XIV « affranchit » les Cagots. Il semble que cette lettre soit restée à l'état de projet, mais après cette date, les Cagots gagnent presque tous leurs procès. Par ailleurs, ils payent la taille.
Dans les faits, la Révolution Française n'avait pas suffi à effacer ces discriminations. Il y faudra la révolution industrielle, le brassage de la Première Guerre mondiale et l'exode rural.
Le terme cagot a pris, tout comme bigot, le sens d'une personne dévote à l'excès. L'origine de ce sens proviendrait des efforts desespérés des Cagots pour s'intégrer dans les communautés chrétiennes.
Un présentation complète des Cagots en Bigorre


