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Cambodge colonial


Cet article fait partie de la série sur
l' Histoire du Cambodge.
L'histoire ancienne
Déclin et décadence
Le Cambodge colonial
Le Cambodge sous Sihanouk
La Guerre civile
Le Kampuchea démocratique
L'histoire récente


Sommaire

La période coloniale française

En octobre 1887, la France proclame l' Union Indochinoise comprenant Cambodge et les trois régions constitutives du Viêt Nam: Tonkin, Annam, et Cochinchine. Le Laos fut ajouté à l'union après avoir été séparé de la Thaïlande en 1893. Le chef colonial officiel, responsable auprès du gouverneur général de l'union et appointé par le ministère de la marine et des colonies à Paris, était le Résident Supérieur. Les résidents ou gouverneurs locaux étaient postés dans tous les centre principaux des provinces. En 1897 le résident général se plaint à Paris que le roi Norodom I ne pouvait plus assumer et reçu la permission d'émettre les décrets, collecter les taxes et nommer les fonctionnaires royaux. Norodom et ses successeurs n'étaient plus que des fantoches et le chef religieux bouddhiste. La bureaucratie coloniale augmenta rapidement. Les Français tenaient les postes les plus haut placés mais même dans les postes moins interessant les Cambodgiens trouvaient peu d'ouverture car le gouvernement colonial préférait embaucher les Vietnamiens.

Quand Norodom décéda en 1904 les Français firent le transfert du trone plutôt qu'à ses enfants, à son frère Sisowath Yuthevong (1904-1927). La branche de Sisowath était estimée comme plus coopérative car la première était considérée comme en partie responsable pour la révolte des années 1880 et le fils favori de Norodom, le Prince Yukanthor, s'était plaint publiquement des injustices de la colonisation. Pendant leur règne généralement pacifique, Sisowath et son fils Monivong (1927-1941) collaborèrent. Une mesure du statut des monarques était leur pension en opium. L'une des actions les plus importante du règne de Sisowath fut le succès de la France de faire signer la Thaïlande du roi Chulalongkorn un nouveau traité en 1907 pour rendre les provinces du nord-ouest de Batdambang et Siemreab au Cambodge.

L'économie coloniale

Peu après avoir établi leur protectorat en 1863 les Français réalisèrent que la richesse cachée du Cambodge était une illusion et que Phnom Penh ne serait jamais le Singapour de l'Indochine. À part obtenir les taxes plus efficacement ils firent peu pour changer la structure basée sur le village. Les Cambodgiens payaient le taux de taxes par tête le plus élevé d'Indochine et en 1916 une protestation non violente de plusieurs milliers de paysans dans la capitale apporta une pétition au roi pour une réduction. Cet incident choqua l'administration coloniale qui s'était imaginée que les Cambodgiens étaient trop indolent et individualiste pour organiser une protestation collective. Le taux de taxes continua à être considéré comme abusif. En 1925 des villageois tuèrent un résident français qui menaçaient de faire arreter les déliquants. Pour les paysans pauvres le service de la corvée - un substitut aux impôts - obligeait à participer jusqu'à trois mois par an sur des travaux publics.

Suivant Hou Yuon (un vétéran du mouvement communiste qui fut assassiné par les Khmer Rouge après qu'ils aient pris le pouvoir en 1975), l'usure augmentait sensiblement la charge des taxes. La thèse doctorale à l'Université de Paris en 1955 fut l'une des premières et des plus complètes études sur les conditions de vie dans les zones rurales pendant la période coloniale. Il argumentait que bien que la plupart des exploitations agricoles étaient petite (de un à cinq hectares) les paysans pauvres et des classes moyennes étaient victimes de pratiques usuraires qui incluaient des taux d'intérets effectif de 100 à 200 pour cent. Le défaut de paiement les réduisaient au statut de prolétaires ou de main d'œuvre. Bien que l'esclavage pour dettes et la féodalité étaient formellement interdit les élites anciennes controllaient toujours la campagne. Suivant Hou, les grandes fermes féodales à cause de leur caractère précapitaliste étaient déguisées en unités plus petites sous la forme de location et de divisions les rendant impossible à distinguer des véritables. Que oui ou non la campagne fut polarisée en termes de classes sociales est ouvert au débat mais il est clair qu'il y avait une grande tension et conflit malgré les sourires et les manières décontractées des villageois.

Pour développer l'infrastructure économique l'administration construisit un certain nombre de routes et de lignes de chemin de fer notamment celles reliant Phnom Penh à travers Batdambang à la frontière thaïlandaise. Les plantations d'hévéa et de maïs étaient trés importante et les provinces fertiles de Batdambang et Siemrab devinrent des greniers à riz de l'Indochine. Les années 1920 furent très prospère avec la demande extérieure mais la grande dépression cassa l'expansion.

L'industrie resta rudimentaire et seulement pour traiter les matières premières comme le caoutchouc. L'immigration fut importante qui créa une société comparable à beaucoup de pays du sud-ouest de l'Asie avec une portion importante de Vietnamiens qui étaient de petits entrepreneurs. Les Chinois vivaient depuis plusieurs siècles et dominaient le commerce local et ils étendèrent leurs réseaux de banque.

L'émergence du nationalisme

En net contraste avec la Cochinchine voisine et les autres territoires peuplés de Vietnamiens le Cambodge fut assez calme politiquement pendant les quatre premières décennies du XXe siècle. La fiction prudement maintenue du pouvoir royal fut un facteur important car légitime. Le faible taux de ceux qui étaient instruit politiquement, que l'administration ne souhaitait pas augmenter, les maintenaient hors des courants nationalistes qui balayaient le reste du sud ouest de l'Asie.

Néanmoins, la conscience nationaliste émergeait de la poignée de ceux qui étaient l'élite. La restauration des monuments à Angkor éveillaient la fierté dans leur culture et leurs réussites du passé. Beaucoup dans cette nouvelle élite étaient diplomés du lycée Sisowath à Phnom Penh où il y avait un mécontentement pour la discrimination positive en faveur des étudiants vietnamiens et commencèrent à publier en 1936 le premier journal en langage khmer Nagaravatta (Angkor Wat) par Son Ngoc Thanh et Pach Choeun qui dénonçaient la mainmise des vietnamiens.

Les Khmer furent heureux d'éviter les souffrances de presque tous les autres peuples de la région pendant la Seconde Guerre mondiale. Après l'établissement du régime de Vichy en France en 1940 les forces japonaises entrèrent au Viêt Nam et prirent la place des autorités françaises. À la mi-1941 ils entrèrent au Cambodge mais ne touchèrent pas à l'administration coloniale. Le régime pro-japonais en Thaïlande, avec à sa tête le maréchal Phibunsonggram, exigea qu'en cas d'arret de la souverainté française les territoires qui étaient autrefois à son pays lui seraient rendus. Devant le refus une force thaïlandaise envahit le Cambodge. La guerre sur terre fut indécise mais les Français eurent une victoire sur la marine thaï dans le golfe de Thaïlande. À ce moment Tokyo est intervenu et obligea les autorités françaises à signer un traité cédant la province de Batdambang et une partie de celle de Siemrad à la Thaïlande pour une compensation symbolique. Le Cambodge gardait Angkor. L'agression thaïlandaise eu un impact minimal sur les vies de la population en dehors des provinces de l'ouest.

Le roi Monivong décéda en avril 1941. Bien que son fils, le prince Monireth était son héritier l'administration coloniale choisit plutôt Norodom Sihanouk, l'arrière petit fils du roi Norodom car il était jeune (il avait dix neuf ans) et leur semblait favorable.

L'appel des Japonais pour « l'Asie aux Asiatiques » trouva une audience réceptive parmi les nationalistes cambodgiens, bien que la politique de Tokyo en Indochine était de laisser nominalement l'autorité coloniale. Quand un moine bouddhiste actif politiquement Hem Chieu, fut arreté et deshabillé sans cérémonie par l'administration en juillet 1942 les éditeurs de Nagaravatta menèrent une démonstration pour demander sa libération. Eux, comme les autres nationalistes, apparamment avaient surestimés la volonté japonaise de les soutenir, ce qui permit aux autorités de Vichy de les arretés et de condamner Pach Choeun, l'un des éditorialistes à la prison à vie. L'autre s'enfuit et on le retrouva l'année suivante à Tokyo.

Dans un effort desespéré de recruter du support local dans les derniers mois de la guerre les Japonais firent dissoudre l'administration coloniale le 9 mars 1945 et pressèrent le Cambodge de déclarer son indépendance dans la grande sphère de coprospérité de l'Asie de l'Est. Pour quatre jours le roi Sihanouk déclara un Kampuchea indépendant. Son Ngoc Thanh revint de Tokyo en mai et fut nommé ministre des affaires étrangères. Le 15 août 1945 il fut nommé premier ministre. Quand une force des Alliés occupa Phnom Penh en octobre Thanh fut arreté pour collaboration avec les Japonais et fut envoyé en France pour rester confiné à son domicile. Quelques uns de ses supporters allèrent dans le nord ouest du Cambodge alors toujours sous le contrôle thaïlandais où ils s'associèrent au mouvement Khmer Issarak.

la lutte pour l'indépendance

La situation du Cambodge à la fin de la guerre fut chaotique. Les Français libre sous le général de Gaulle étaient décidé à récupérer l'Indochine, bien qu'ils offrirent au Cambodge et aux autres protectorats de l'Indochine des mesures d'autonomie limité. Convaincu qu'ils avaient une mission civilisatrice ils envisgeaient la participation de l'Indochine à une sorte d'union des pays partageant la même culture française. Ni les professionels urbains ni le peuple n'étaient interessés par cet arrangement. Pour presque tous les Cambodgiens la période brève de l'indépendance fut une bouffée d'air frais. Leur résignation était une chose du passé.

A Phnom Penh Sihanouk agissant comme chef de l'état était placé dans une position délicate de négocier avec les Français pour une indépendance complète pendant qu'il essayait de neutraliser les politiciens et supporters des Khmer Issarak et le Viet Minh qui le considérait comme un collaborateur des Français. Pendant la période tumultueuse entre 1946 et 1953 Sihanouk montra une aptitude remarquable pour la survie politique qu'il continua jusqu'à sa chute du pouvoir en mars 1970. Les Khmer Issarak était un mouvement de guérilla extrèmement hétérogène agissant dans les zones de la frontière. Ce mouvement comprenait des gauchistes, des nationalistes anti-monarchiques et de simples bandits qui prenaient avantage du chaos pour terroriser les villageois. Bien que leurs fortunes varient (ils subirent une perte importante avec la perte du support de la Thaïlande en 1947) en 1954 opérant avec le Viet Minh il contrôlait presque la moitié du territoire.

En 1946 l'administration autorisa la formation de partis politiques et de tenir des élections pour une assemblée consultative qui conseillerait le monarque pour rédiger une constitution. Les deux partis principaux avaient à leur tête un prince royal. Le parti démocratique, mené par le prince Sisowath Yuthevong, mit l'indépendance en avant avec des réformes démocratiques et un gouvernement parlementaire. Ses partisants étaient les enseignants, les fonctionnaires, ceux politiquement actifs chez les prêtres bouddhistes et ceux influencés par les appels nationalistes du Nagaravatta. Ils approuvaient au moins partiellement les méthodes violentes de Issarak. Le parti libéral, avec le prince Norodom Norindeth, représentait les vieilles élites rurales qui préféraient une relation coloniales avec la France et des réformes très graduelles. Dans l'assemblée issue des élections de septembre 1946 les démocrates détenaient cinquante des soixante sept sièges.

Avec cette solide majorité les démocrates établirent une constitution copiée sur celle de la quatrième république de la France avec le pouvoir dans les mains de l'assemblée. Le roi proclama avec regret la nouvelle constitution le 6 mai 1947. Bien qu'il soit reconnu comme le chef spirituel de l'état elle le réduisait à être un monarque constitutionnel et laissait flou le rôle qu'il pouvait avoir. Sihanouk tourna cette ambiguité à son avantage les années suivante, cependant.

En décembre 1947 aux élections pour l'assemblée nationale les démocrates gagnèrent à nouveau une large majorité. Malgré cela la dissension dans le parti était rampant. Son fondateur était mort et aucun chef évident n'avait émergé pour lui succéder. En 1948 et 1949 les démocrates ne sont unis que dans leur opposition à la législation supportée par le roi ou ceux qu'il a nommés notamment l'union proposée par la France qui assurait 50% d'indépendance.

En juin 1952 Sihanouk prit le contrôle total du pouvoir et même décréta la loi martiale en janvier 1953. L'indépendance fut déclarée le 9 novembre 1953.

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