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Carnéade, en grec ancien Καρνεάδης Karneadês
(Cyrène, v. 219 av. J.-C.–Athènes, 129 av. J.-C.) fut l'un des plus grands
philosophes de la Nouvelle Académie et de l'Antiquité.
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Carnéade, fils d'Épicomus ou de Philocomus, naquit à Cyrène le même jour que Platon, un sept mai (jour consacré à Apollon). Il eut pour maître Hégésinus, à qui il succéda et Diogène de Babylone, un stoïcien qui lui apprit la dialectique. Il est possible qu'il apprit la philosophie en grande partie par la lecture des ouvrages de Chrysippe, car, selon Diogène Laërce (IV, 62), il répétait souvent :
En 156, il fut chargé d'une ambassade à Rome, avec Diogène de Babylone et Critolaüs, pour faire exempter les Athéniens de l'amende reçue pour le sac d'Orope. Son discours sur la justice effraya Caton l'Ancien. Il n'y eut guère d'autres événements importants dans sa vie. Dans sa vieillesse, il devint aveugle. Il mourut à l'âge de 90 ans, en 129 avt. J.C.
Sa réputation était exceptionnelle : Cicéron parle d'une vivacité d'esprit, d'une promptitude et d'une assurance incroyables (De oratore, II, XXXVIII 161). On dit même que ses adversaires s'enfuyaient en le voyant. Après sa mort, on disait en proverbe, d'un problème difficile (Lactance, Institutions divines, V, 14) :
Carnéade n'a rien écrit, et c'est grâce à son successeur, Clitomaque de Carthage, que nous pouvons connaître sa pensée. Il reprit l'œuvre d'Arcésilas et la développa considérablement en s'efforçant de remédier à ses défauts. Il s'opposa au stoïcien Chrysippe de la même manière que son prédécesseur s'était opposé au stoïcien Zénon de Citium. La principale nouveauté qu'il apporta à la théorie d'Arcésilas est la notion de probabilité que l'on associe particulièrement à l'histoire de la Nouvelle Académie.
Il n'y a pas de critère de la vérité, car il n'y a pas de représentation vraie. La thèse est dirigée particulièrement contre le stoïcisme, qui admet l'existence de représentations manifestant intrinsèquement leur vérité. Cicéron (Acad., II, XIII, 41) résume en quatre propositions cette thèse de Carnéade et de l'Académie :
Cette argumentation est si solide qu'elle fut encore le point de départ de la théorie de la connaissance de Bertrand Russell, au premier chapitre des Problèmes de Philosophie : les variations de nos représentations ne nous permettent pas d'affirmer avec certitude qu'un objet a telle couleur, telle forme et tel mouvement. La vérité ne se manifeste pas avec évidence dans le témoignage de nos sens ; la représentation n'est donc pas un critère de vérité.
De plus, le raisonnement du sorite, qui, en ajoutant une à une de petites quantités, fait parvenir insensiblement à une grande quantité, montre que l'on ne saurait mettre nulle part de limites précises, encore moins entre nos représentations.
Mais, pour Carnéade, comme pour l'ensemble des philosophes sceptiques, la raison n'a pas non plus la faculté de nous faire connaître les choses telles qu'elles sont en elles-mêmes. La raison seule, sans représentation, ne peut en effet connaître le monde. Mais, même considérée en elle-même la dialectique de la raison conduit à des contradictions insurmontables. Carnéade allait égalment jusqu'à remettre en question la certitude des mathématiques. Ainsi, selon Clitomaque (Cicéron, Acad., II, XXXIV, 108) :
Cette critique de la certitude conduit à l'état d'incompréhension (acatalepsie), état dans lequel on suspend son jugement et on ne croit en rien. De ce fait, le même problème qui s'était posé aux sceptiques et à Arcésilas va se poser à Carnéade : si pour agir, il faut croire, comme agir, si rien ne peut être cru ?
Mais, sur cette question, nous avons plusieurs témoignages contradictoires. Le témoignage de son disciple Clitomaque, et celui de Métrodore et de Philon.
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