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AZF désigne une usine chimique (AZotes de France) qui appartenait à la société Grande Paroisse, filiale d'Atofina, société qui regroupe, depuis la fusion de Total et d'Elf-Aquitaine, toutes les activités chimiques du groupe TotalFinaElf. Cette usine était située à 5 km du centre de Toulouse. Construite à l'écart de la ville en 1920, elle a été progressivement englobée par l'agglomération.
Le 21 septembre 2001, à 10 h17, un stock d'environ 400 tonnes d'ammonitrate (engrais à base de nitrate d'ammonium) y a explosé, creusant un cratère de près de 30 mètres de diamètre et d'une dizaine de mètres de profondeur.
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Le bilan fait état de 30 morts, dont 28 employés du site, plus de 2500 blessés graves, et près de 8000 blessés légers. Certains des blessés les plus graves sont décédés de leurs blessures dans les semaines qui ont suivi.
La majorité des victimes ont subi les effets directs du souffle de l'explosion (blast) ou indirects en étant touchés par des objets portés par ce souffle (éclats de verre notamment).
Selon l'Institut de Veille Sanitaire, de nombreuses personnes souffrent de désordres psychiques (dépressions, angoisses, insomnies). 18 mois après l'explosion, quelque 14.000 personnes sont toujours sous traitement pour pouvoir dormir, calmer les angoisses ou soigner une dépression.
L'explosion a causé des destructions importantes dans la partie sud-ouest de la ville, dont de très nombreux logements, plusieurs entreprises et quelques équipements (piscines, gymnases, salles de concert, lycée Déodat-de-Séverac). Les dégâts (murs lézardés, portes et fenêtres enfoncées, toitures et panneaux soufflés ou envolés, vitres brisées...) ont été visibles jusqu'au centre-ville.
Parmi les équipements publics touchés on peut citer le petit palais des sports (entièrement démoli et reconstruit suite à ces dommages), le Bikini (salle de spectacle, reconstruite ailleurs), l'École Nationale Supérieure de Chimie de Toulouse...
On estime globalement à 1,5 milliards d'Euros le coût de la catastrophe.
Le site de l'usine et ses alentours, dévastés, ont entièrement été rasés. Plusieurs projets ont été présentés, dont une zone verte et un centre international de recherche sur le cancer, proposé par le maire de Toulouse Philippe Douste-Blazy, juste avant sa nomination comme ministre de la santé.
La tour la plus haute de l'usine, qui avait survécu à l'explosion, a finalement été mise à terre (bien qu'elle fût un point de repère apprécié des pilotes d'avions en approche vers l'aéroport de Blagnac), principalement en raison de la pression des habitants des alentours à qui elle rappelait la catastrophe de manière trop présente.
Autre réminiscence du traumatisme subi par la population, la combinaison de lettres AZF n'a pas été utilisée sur les plaques d'immatriculation des véhicules du département : on est passé directement de la combinaison 999 AZE 31 à la combinaison 1 AZG 31.
Trois jours seulement après la catastrophe, le procureur de la République, M. Bréard déclarait qu'il s'agissait « à 99 % » d'un accident.
Cette hypothèse de l'accident reste toujours privilégiée par les autorités, mais la thèse du procureur semble infirmée. En effet cette thèse (l'accident chimique) postulait que la catastrophe soit la conséquence d'une erreur de manipulation qui aurait conduit un employé d'AZF à déverser, un quart d'heure avant l'explosion, 500 kg de produit chloré pour piscines (DCCNa ou Dichloroisocyanurate de sodium), produit dans une autre partie de l'usine sur le tas d'ammonitrate stocké en vrac, le contact des produits suffisant à déclencher la réaction. Or d'une part la reconstitution réalisée sur place en octobre 2002 a démontré l'impossibilité de confondre les deux produits, ce qui rend ladite erreur très improbable, et d'autre part des expertises internationales n'ont pas pu démontrer la possibilité d'une telle réaction dans les conditions réelles rencontrées ce jour-là.
La thèse d'un attentat a aussi été évoquée par certains médias, la catastrophe s'étant produite dix jours après les attentats de New York et Washington. Cependant, les autorités ont toujours mis cette hypothèse de côté et aucune revendication sérieuse n'a jamais été formulée. D'autres éléments semblent invalider cette hypothèse : selon environ 200 témoins, des phénomènes électriques et électromagnétiques se seraient produits avant la catastrophe, y compris la veille au soir de l'explosion. Ces témoins auraient assisté à des phénomènes de boules de feu et de rayons lumineux. Ces phénomènes n'auraient pas d'explication dans le cadre d'un acte terroriste.
En revanche, il semble que de tels phénomènes pourraient être explicables dans le cas d'un séisme. Une expertise menée par le juge d'instruction de l'affaire est en cours (septembre/octobre 2004) pour le déterminer, mais elle serait handicapée par le fait que le sismographe de l'Observatoire Midi-Pyrénées aurait eu au moment de l'explosion quelques problèmes de fonctionnement en n'étant pas calé sur l'heure universelle délivrée par diverses horloges atomiques. La difficulté consiste à retrouver la chronologie exacte des événements, pour savoir si le séisme relevé a précédé l'explosion ou bien si l'explosion du nitrate a donné l'impression d'un séisme. Pour cela, une campagne de mesures est conduite pour déterminer la vitesse de propagation des ondes sismiques entre le site AZF et l'Observatoire Midi-Pyrénées.
En Novembre 2004 le juge d'instruction Perriquet a signé un non-lieu en faveur des neuf personnes (cadres et employés de l'usine AZF) qui avaient été mises en examen pour non observation des régles de sécurité et autres manquements. Visiblement les thèmes de l'usine « mal tenue » ou « d'erreur » ne sont plus retenus.
Il apparait également en fonction des témoignages obtenus lors des compléments d'enquêtes qu'il y a eu une ou plusieurs explosions qui ont précédé l'explosion principale du nitrate d'ammonium, dans la quinzaine de secondes « avant ». Mais une explosion à quelques dizaines de mètres est incapable de créer la surpression instantanée de 50 000 bars nécessaire au déclenchement d'une explosion de nitrate d'ammonium sans ajout d'un carburant.(Il est déjà très difficile et rarissime de faire sauter du nitrate d'ammonium en y mettant une cartouche de dynamite)
Il est vraisemblable que l'enquête s'oriente en fin 2004 sur la recherche d'un phénomène d'origine électro-magnétique très spécifique et peu fréquent ayant été la cause de la génération de plusieurs axplosions.
Des essais de décharge électrique de 63kV dans un tas de nitrate d'ammonium ne donnent aucun effet.
Des essais de mise à la terre des batiments, d'une phase de la ligne de 63kV n'ont donné qu'une augmentation de tension de 15 volts sur les dits bâtiments (leurs carcasses) c'est à dire aucun effet possible.
Trois ans après, les responsabilités n'ont donc toujours pas pu être établies et aucune explication convaincante n'a encore été apportée. Explication qui serait d'autant plus nécessaire que la société Grande-Paroisse exploite d'autres sites similaires à celui de Toulouse en France, dont trois directement : les usines AZF de Grand-Quevilly (Seine-Maritime), Mazingarbe (Pas-de-Calais) et Grandpuits (Seine-et-Marne) ; et une autre en partenariat avec BASF : l'usine PEC-Rhin d'Ottmarsheim (Haut-Rhin).
Accidents industriels impliquant du nitrate d'ammonium | Catastrophes industrielles| Toulouse


