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Les Cathares, du mot grec katharos qui signifie purs, fut le nom tardif donné par les ennemis
des adeptes de ce mouvement hérétique chrétien. Principalement concentré dans le midi de la France, le
catharisme subit une violente répression armée au XIIIe siècle lors de la croisade contre les Albigeois. Les adeptes de ce mouvement se nommaient eux-mêmes « Bons
Hommes », « Bonnes Femmes » ou « Bons Chrétiens ».
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La théologie cathare n'était qu'un travail de recherche scripturaire, centré sur l'Évangile selon Jean, dont les rapports avec la Gnose et le docétisme sont bien connus.
Pour Rome, les cathares sont pires que les infidèles (juifs et musulmans) car, tout en étant chrétiens, ils interprètent différemment certaines croyances et contestent la doctrine des sept sacrements que les théologiens catholiques ont fixé dès le début du XIIe siècle.
Les cathares poussent à l'extrême le sens du message des Écritures qui formule la croyance dans l'existence de deux mondes, l'un bon et l'autre mauvais. Le premier, le monde invisible aux créatures éternelles, est l'œuvre de Dieu le Père ; le second, visible et corruptible, est l'œuvre du diable. Désirant exempter Dieu du mal expérimenté dans le monde matériel, les cathares échafaudent leur propre système de croyances, variable selon les périodes et les aires culturelles d'implantation. Il est tout de même possible de tenter la description générale de ces croyances :
Les principales croyances des cathares étaient donc :
Comme les cathares, qui se considéraient comme les seuls vrais disciples des apôtres, adoptent le modèle de vie, les rites et les sacrements des premières communautés chrétiennes (leur unique prière est le Notre Père) s'appuyant principalement sur les enseignements du Nouveau Testament, ils considèrent que toutes les pratiques instaurées par l'Église romaine tout au long du Haut Moyen Âge, sont innefficaces, tels que le baptême d'eau que les prêtres catholiques confèrent aux nouveaux-nés (incapables selon eux de comprendre l'engagement qu'est le baptême pour celui que le reçoit), la médiation des saints et le culte des reliques et des morts (offrandes et messes pour les défunts). De la même manière, ils n'attachent pas d'importance aux églises bâties qui ne sont pas pour eux les seuls lieux du culte car la parole du Christ peut être enseignée partout où se réunissent les fidèles.
Ils contestent le sacrement de l'Eucharistie, refusant de croire en la transformation des espèces (transubstantiation), c'est-à-dire la transformation du pain et du vin devenant le corps et le sang du Christ lors de leur consécration par le prêtre lors de la messe. En mémoire de la dernière Cène du Christ avec ses apôtres, les cathares bénissent le pain lors du repas quotidien pris avec leurs fidèles. Ils contestent aussi le sacrement du mariage, celui-ci légitimant à leurs yeux l'union charnelle de l'homme et de la femme, union à l'origine du péché du premier couple selon leur interprétation de la Genèse.
Le sacrement du consolamentum (consolation) ou baptême d'imposition des mains pratiqué par le Christ est le seul à apporter le salut en assurant le retour au ciel de la seule partie divine de l'homme : l'esprit. Ce sacrement joue un rôle fondamental dans les communautés cathares car il est à la fois sacrement d'ordination (il fait d'un croyant cathare un parfait), de pénitence, d'eucharistie et de viatique (extrême-onction) aussi appelé « consolamentum des mourants ». Le consolamentum est conféré par un membre de la hiérarchie et exige de celui qui le reçoit le respect de la Règle (pratique de l'ascèse, abstinence de toute nourriture carnée) ainsi que la pratique de la morale évangélique (interdiction de jurer, de mentir, de tuer).
Astreints à la chasteté, les Bons Hommes et les Bonnes Femmes devaient aller deux par deux de même sexe. Cette prédication au coin du feu de deux personnes de même sexe conduira à l'accusation de bougrerie (homosexualité) fréquemment enregistrée dans les registres de l'Inquisition.
Finalement, trois carêmes annuels étaient pratiqués, la pauvreté absolue était prescrite ainsi que le travail manuel pour vivre.
La doctrine cathare aurait prit naissance en Bulgarie à la fin du Xe siècle où on les nommait bogomiles. Elle s'étend chez les moines de Constantinople puis en Asie Mineure, en reprenant quelques thèmes manichéens, tel le dualisme de la création.
Des communautés cathares d'« apôtres itinérants » s'étendent en Europe vers l'an Mil sous différents noms selon les régions (manichéens, origénistes, piphles, publicains, tisserands, bougres, patarins, albigeois). On connut donc plusieurs catharismes ayant un tronc commun et quelques divergences théologiques en Allemagne, en Flandre, en Champagne, en Bourgogne, et surtout dans le Midi et l'Italie aux XIIe et XIIIe siècles. On parle donc parfois des Albigeois, du fait des deux centres d'implantation les plus durables que sont Albi et Toulouse. Le dernier cathare meurt en Italie au XIVModèle:E siècle. Le mouvement subsistera en Bosnie, dont c'était la religion officielle, jusqu'à la conquête turque à la fin du XVModèle:E siècle.
Dans ces régions, les Bons Hommes (seule l'Inquisition les appellera « parfaits ») s'organisent en communautés d'hommes ou de femmes dirigées par des anciens, des diacres et des évêques. Ces communautés sont constituées de plusieurs « maisons ». On y pratique souvent des métiers liés à l'artisanat local. Plusieurs communautés constituent une Église ou diocèse cathare, à la tête desquels se trouve l'évêque.
Au milieu du XIIModèle:E siècle (1167) les Églises cathares sont au nombre de quatre : Albi, Toulouse, Carcassonne, Val d'Aran. Au XIIIModèle:E siècle, deux nouvelles Églises se constituent : celles d'Agen et du Razès, mais celle du Val d'Aran n'est plus mentionnée. Ces Églises sont indépendantes. Elles ne reconnaissent pas d'autorité supérieure à leur évêque, comme celle du pape pour l'Église romaine.
Leur obstination, leur anticléricalisme intransigeant, leur opposition à la hiérarchie catholique, à laquelle ils reprochent sa richesse ostentatoire et ses abus de pouvoir, valent aux cathares de s'attirer les foudres de l'Église romaine. Ils sont condamnés comme hérétiques. Ainsi que beaucoup d'autres mouvements dissidents ou contestataires, les cathares deviennent l'objectif d'une lutte permanente. L'Église romaine tente de purifier la chrétienté occidentale en en excluant systématiquement tout individu ou groupe mettant en péril le projet de société chrétienne qu'elle instruit depuis le début du XModèle:E siècle.
L'Église catholique confie aux cisterciens, au XIIModèle:E siècle, puis, au XIIIModèle:E siècle, aux ordres mendiants (franciscains et dominicains) le soin de combattre ce danger supposé de la dissidence ou de l'hérésie. Les cathares sont difficiles à convaincre. La prédication ou le débat doctrinal instaurés à cette fin dans le Midi de la France par l'Église est un échec. Au contraire des autres « hérétiques », comme les vaudois, les cathares ne fuient pas la persécution mais restent où ils sont, tout en se montrant irréconciliables, préférant presque toujours le martyre à l'abjuration.
Voir aussi Croisade des Albigeois
Face à cet échec pour tenter de faire disparaître cette hérésie, le pape Innocent III lance en 1209 contre les « albigeois », ou cathares, la première croisade à se dérouler sur le territoire de la chrétienté occidentale. La guerre durera vingt ans (1209-1229). La lutte armée se poursuivit dans le Midi et ailleurs dans l'occident chrétien tout au long du XIIIModèle:E siècle, relayée plus tard par l'institution de l'Inquisition, créée en 1231 pour traquer la « dépravation hérétique ». En 1243, le bûcher de Montségur sonne la fin du catharisme en France.
Pour certains analystes, la croisade des Albigeois contre le catharisme fut en fait une guerre coloniale des princes du Nord de la France contre les princes occitans afin d'annexer cette région prospère à la civilisation cultivée et raffinée.
Cette lutte se déroula donc en trois temps :
1930, découverte et la publication de textes originaux, par Antoine Dondaine o.p. La dogmatique des origénistes l'est par un Livre des deux principes italien de la première moitié du XIIIe siècle, et par un fragment latin de la fin du XIIe siècle de provenance occitane.
Le rituel cathare est attesté en occitan et en latin, ainsi qu'en vieux slavon pour un fragment.
L'historiographie est faite à partir de documents inquisitoriaux, lus en négatif et de l'étude plus précise des sources connues et publiées depuis longtemps.


