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Champ (cinéma)


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La notion de champ au cinéma est définie différemment selon les auteurs et selon les étapes (story-board, tournage, montage, projection, analyse critique).

Le champ désigne tout ce qui se trouve dans le champ de la caméra.

Le champ désigne tout ce qui impressionne la pellicule, ce qui exclut le dos des acteurs, ce qui se trouve dans l'ombre, etc.

Le champ désigne tout ce qui se trouve dans l'espace de la scène du plan. Un acteur est filmé dans un dialogue, même si son interlocuteur n'est pas visible il est considéré dans le champ. Cette définition est moins courante, on préfère utiliser la notion de scène qui prend en compte la notion de hors-champ.

La notion de champ est capitale. D'un point de vue technique d'abord, les microphones (prise de son) et les projecteurs sont en général à la limite du cadre afin d'être au plus près de la scène, la moindre erreur de cadrage peut rompre la magie du spectacle (par exemple micro dans le champ, voir par exemple les premiers films de Hal Hartley comme Trust Me). La maîtrise du champ est un des coûts du film, puisqu'une des raisons pour lesquelles on filme plusieurs fois la même scène, c'est qu'un élément parasite peut se trouver accidentellement dans le champ. À ce titre, les formats larges (comme le cinémascope) sont plus difficile à maîtriser que les formats étroits.

D'un point de vue artistique ensuite. Le champ est au film ce que le cadre est au tableau, c'est la base de la composition de l'image.

Hors-champ

Le hors-champ désigne tout ce qui ne se voit pas à l'écran mais existe dans la scène filmée.

On considère parfois que le hors-champ comprend l'ensemble de l'espace diégétique, c'est-à-dire tout ce qui intervient dans la fiction. Certains cinéastes jouent avec cette notion de hors-champ : Jean-Luc Godard dans le Mépris.

Pour certains auteurs le hors-champ désigne tout ce qui n'est pas visible à l'écran y compris le Japon actuel pour un film européen de cape et d'épée. Cette définition, provocante, est à peu près inutilisée. Elle permet toutefois de rappeler que l'équipe de tournage et la caméra constituent le principal hors-champ du cinéma : jamais visibles à l'écran bien qu'il soit évident qu'ils y étaient.

Le hors-champ est un élément très utilisé pour générer un effet d'attente, de suspens. En effet, notre œil d'européen est éduqué par la lecture des textes écrits, donc lorsque nous regardons une image, l'œil la balaie de gauche à droite et de haut en bas. Ainsi, l'œil fixe d'abord un objet en haut à gauche, puis va vers la droite ; si aucun objet (ou personnage, mur...) ne se trouve à la droite de l'image, notre regard sort du cadre avant de revenir vers la gauche de l'image. Ainsi, en ne mettant aucun objet à droite d'une image (on dit que l'image est « ouverte »), le réalisateur laisse un espace de liberté, d'inconnu — le spectateur s'inquiète de ce qui se trouve hors-champ à droite, alors que la gauche le laisse indifférent. Ainsi, dans de nombreuses scènes d'angoisse (notamment dans les films policier ou fantastiques), les personnages sont serrés à gauche et se dirigent vers le droite (l'inconnu), l'image étant ouverte à droite et fermée à gauche.

Dans les pays ayant un sens de lecture différent, l'effet n'est pas ressenti de la même manière.

Champ/contre-champ

L'effet de contre-champ est une notion utilisée au montage, très courante dans les dialogues. Il constiste à montrer en alternance les deux côtés d'une scène : le personnage qui parle puis celui qui lui répond.

En général l'effet champ/contre-champ est atténué : les caméras ne sont pas en opposition en face à face (180 °) mais entre 90 et 120 ° d'opposition ce qui permet d'éviter qu'elles soient l'une dans le champ de l'autre et de donner un effet de continuité d'espace au spectateur.

Une règle importante est la "règle des 180 ° : les caméra doivent être du même côté d'une ligne joignant les deux personnages (donc dans un angle inférieur à un angle plat, 180 °). Ainsi, un personnage est toujours vu de profil gauche et l'autre toujours de profil droit ; ceci donne un sentiment de cohérence au spectateur et facilite sa compréhension de la scène.

Un effet de champ/contre-champ trop accentué empêche le spectateur de se situer dans la scène, créant un sentiment de malaise souvent utilisé dans les films d'angoisse. À l'opposé l'absence de contre-champ est également utilisée pour donner le sentiment de ne voir qu'une partie de la scène du point d'un personnage par exemple.

Parmi quelques exemples remarquables de champ/contre-champ, on peut citer :

Note

  1. le rédacteur de cette remarque (Cdang) a un souvenir très net qu'il s'agit d'un film de Marcel Pagnol avec Fernandel, mais ne se souvient pas duquel ; il s'agit peut-être de Angèle, 1934.


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