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Charles Martel (v.685 - 22 octobre 741), fils de Pépin de Herstal dit le Jeune ou Pépin II et Alpaïde de Bruyères, maire des Palais d'Austrasie, de Neustrie et de Bourgogne (719-741).
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À la mort de son père (714), Charles qui a déjà 26 ans est tout désigné
pour reprendre la charge de maire du palais qu'occupait le défunt,
ses deux frères Drogon et Grimoald étant eux aussi décédés. Mais Charles était un enfant illégitime, et Plectrude, la femme de
Pépin, fit tout pour l'écarter du pouvoir, et préserver l'avenir de son petit-fils Théodobald — fils de Grimoald, âgé de six ans
à peine — l'héritier légitime. Elle fit donc enfermer Charles.
Mais c'était sans compter l'opinion des différentes provinces du royaume, qui n'acceptèrent pas de voir une femme diriger le
royaume; les révoltes commencèrent alors à éclater, d'abord en Neustrie en 715,
lorsque Rainfroi — maire du palais de Neustrie — battit Théodobald en forêt de Cuise, et mena ses
troupes jusqu'aux abords de la Meuse. Ce fut ensuite le peuple du
Nord de l'Italie qui se souleva et se rallia à la Neustrie. Puis ce fut au tour des Saxons et des Austrasiens...
C'est à ce moment que Charles parvint à s'évader (715), et à prendre la tête des révoltés
d'Austrasie. Il dut tout d'abord affronter les Neustriens : après deux batailles victorieuses (Amblève - 716, Vincy - 21 mars 717), il les repoussa jusqu'à Paris. Puis il se dirigea vers Cologne, que Plectrude
avait choisie pour s'installer avec son petit-fils. Celle-ci n'eut d'autre option que de reconnaître sa défaite et livrer la
mairie d'Austrasie à Charles.
Aussitôt au pouvoir, Charles fait le ménage autour de lui, installant sur le trône Clotaire IV à la place de Chilpéric II, répudiant
l'évêque de Reims Rigobert favorable à Plectrude... Puis, petit à
petit, il reprend le contrôle de tout le royaume franc, vainquant tout d'abord Rainfroi, le maire du palais de Neustrie, puis le duc d'Aquitaine, Eudes... Pour réunifier le grand royaume franc, il devra à nouveau affronter la Neustrie ;
celle-ci, se soumettra définitivement après sa défaite lors de la bataille de Soissons. Il entreprend également de repousser la frontière est du royaume : de 720 à 738, il conquit ainsi,
l'Autriche et le sud de l'Allemagne.
C'est ainsi que sera rétabli le royaume franc tel qu'il était sous Pépin de Herstal.
À la mort de Clotaire IV, il sera tout de même obligé de remettre sur le trône Chilpéric III. Mais celui-ci meurt en 721. Charles va alors rechercher, au monastère de Chelles, le fils de Dagobert III, Thierry IV, et l'installe sur le trône.
En 732, il dut affronter les armées musulmanes du gouverneur d'Espagne Abd el Rahman. En effet, depuis 711, les Arabes (et leurs supplétifs berbères) occupaient la péninsule ibérique, et continuaient lentement à avancer vers le Nord, au-delà des Pyrénées, si bien qu'en 725, ils avaient déjà conquis le Languedoc et une grande partie de la Bourgogne actuelle et allaient entrer au cœur du territoire franc... Du fait de l'intervention du duc d'Aquitaine, Eudes, qui les arrêta une première fois à Toulouse, en 721, les premières tentatives furent repoussées. Fort de sa victoire, le Duc d'Aquitaine voulut prévenir le retour des musulmans d'Espagne en s'alliant au gouverneur berbère de la Septimanie. Le dénommé Munuza, bien que de religion musulmane, était en révolte contre ses coreligionnaires d'Espagne. Eudes lui donna sa fille en mariage. Mais Munuza fut tué en affrontant le gouverneur d'Espagne Abd el-Rahman et ce dernier, dans la foulée, lança une expédition punitive contre les Aquitains. Il engagea donc en 732 une importante offensive au travers de la frontière franque, dans le but, entre autres, d'aller piller le sanctuaire de Saint-Martin de Tours.
Cette fois, le duc Eudes ne put les arrêter seul, et demanda à Charles de venir à son aide. En octobre, les armées de Charles
et du duc furent réunies, face à la razzia le 19 octobre 732 à Moussais, sur
l'actuelle commune de Vouneuil-sur-Vienne, entre Tours et Poitiers ; Charles fit tout pour
éviter l'affrontement mais encourager le pillage aux alentours. Ce qui eut pour double effet de saturer de butin les
sarrazins les rendant moins mobiles et cupides, après six jours la bataille fut assez brève : Charles tua leur
leader Abd el Rahman, ce qui décida ses troupes à prendre le chemin du retour.
Selon certains auteurs, c'est suite à cette victoire que Charles fut surnommé Martel, puisqu'il avait violemment écrasé
les troupes mahométanes, tel un marteau — le marteau étant à l'époque une arme de combat aussi. Selon d'autres,
profitant de l'affaiblissement du duc Eudes, il s'empare des évêchés de la Loire puis descend dans le Midi qu'il saccage
consciencieusement et d'où il chasse les chefs musulmans qui s'y étaient installés quelques années plus tôt. C'est seulement
alors à cette occasion qu'il aurait gagné le surnom de Martel, sans doute pas dans le sens aussi positif pour les populations que
l'on a bien voulu le laisser croire... En tout état de cause, il est certain que ce surnom a surtout « frappé » les
esprits ce qui a contribué à la création du mythe de Charles Martel, mythe repris et amplifié par de nombreux historiens par trop
« nationalistes »...
Les troupes arabo-musulmanes ne sont pas pour autant battues sur tous les fronts. Elles prennent Avignon et Arles en 735, attaquent la Bourgogne. Beaucoup de seigneurs Bourguignons « pactisent » alors avec les Arabes. Charles Martel les refoule dans la vallée du Rhône en 736. En 737, il reprend Avignon avec son frère Childebrand, mais n'arrive pas à prendre Narbonne. Il s'allie aux Lombards pour reprendre la Provence. Tous ceux qui avaient collaboré avec les Arabes sont châtiés et leurs biens donnés aux guerriers Francs. Les Arabes ne possèdent alors plus que Narbonne. Ces batailles ont grandement contribué à unifier le royaume franc autour de Charles Martel.
À la mort du roi Thierry IV (737), Charles, fort de son très grand pouvoir, décida de ne pas lui choisir de successeur, le rôle des monarques mérovingiens étant devenu totalement insignifiant. Il prit donc réellement le pouvoir du royaume franc, et régna donc ainsi en toute illégalité jusqu'à sa mort.
À sa mort, son pouvoir sera partagé entre ses deux fils :
Son corps fut inhumé à Saint-Denis.
Bien qu'il n'obtint jamais le titre de roi, il eut malgré tout plus de pouvoir que les souverains francs de l'époque, la dynastie mérovingienne étant déjà à ce moment en pleine décadence. Son pouvoir marque les prémices de la lignée carolingienne, confirmée par le sacre de Pépin le Bref le 28 juillet 754.
Voir aussi Carolingiens
Charles dit Martel est né v. 685 et il est mort le 21 octobre 741 à Quierzy-sur-Oise.
┌─ Ansegisèle (?-† av.679), maire du palais d'Austrasie (629-639). ┌─ Pépin de Herstal dit le Jeune (v. 635-† 714), maire des palais d'Austrasie (v. 680), de Neustrie (687) et de Bourgogne (687), ainsi que dux et princeps Francorum (duc et prince des Francs). │ └─ Begga (620-† 693). │ Charles dit Martel │ │ ┌─ X └─ Alpaïde de Bruyères (?-?). └─ X
Charles dit Martel 1) ép. Rotrude de Tréves 2) ép. en 725 Swanahilde de Bavière (cf. Agilofing) 3) ép. Ruodhaid │ ├─De 1 Carloman (?-?), maire du palais d'Austrasie (741-747). Moine du Mont-Cassin. │ ép. X │ ├─De 1 Pépin III dit le Bref (v.715-† 768), maire des palais de Bourgogne (741), de Neustrie (741), et d'Austrasie (747), roi des Francs (751). │ ép. en 744 Bertrade ou Berthe de Laon dite au Grand Pied (cf. Hugobertides) │ ├─De 1 Hiltrude (720-† 754). │ ép. Odilon de Bavière (cf. Agilofing) │ ├─De 1 Hadeloge ou Aude dite sainte Hadeloge (?-† 751). │ ép. Théodoric. ├─De 2 Griffon (726-† 753). ├─De 3 Bernard (725-† 787), abbé et comte de Saint-Quentin. │ ép. X │ ├─De 3 Jérome (?-† ap.775), abbé de Saint-Quentin. └─De 3 Rémi dit saint Rémi (?-† 771), évêque de Rouen.


