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Jean-Baptiste Jules Bernadotte, né le 26 janvier 1763 à Pau, mort le 8 mars 1844 à Stockholm, eut un destin singulier, passant, en l'espace de vingt-huit ans, d'un modeste grade de sous-officier français, en 1790, au rôle prestigieux, en 1818 de roi de Suède et de Norvège (sous les noms respectifs de Charles XIV de Suède (Karl XIV Johan) et Charles III de Norvège), après avoir été tour à tour, sous le Consulat et le Premier Empire, ambassadeur, ministre, général puis maréchal d'Empire.
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Engagé en 1780 au régiment de Brassac, il est adjudant sous-officier en 1790.
Ambassadeur à Vienne de février à avril 1798, ministre de la Guerre du 3 juillet au 14 septembre 1799, Bernadotte passe alors pour « l'épée » des néo-Jacobins en cas de coup d'État et Sieyès s'arrange pour le faire démissionner. Resté neutre au 18 Brumaire, il est cependant choyé par Bonaparte, car il a épousé Désirée Clary, sa première fiancée et la sœur de la femme de Joseph Bonaparte.
Mis à la tête de l'armée de l'Ouest, il est compromis par la conspiration des « libelles », dite aussi des « pots de beurre » montée par le général Simon, son chef d'état-major. Fouché étouffe l'affaire, mais Bernadotte est privé de son commandement.
L'Empereur le fait maréchal en 1804, prince de Pontecorvo en 1806. Bernadotte ne brille guère sur les champs de bataille : on ne le remarque pas à Austerlitz, il reste inactif à Auerstadt, arrive après la bataille à Eylau, laisse ses Saxons se débander à Wagram, d'où la fureur de Napoléon qui le met à l'écart. Fouché lui obtient l'armée de l'Escaut à la fin de juillet 1809, mais l'Empereur la lui enlève dès septembre.
Le 21 août 1810, le roi Charles XIII n'ayant pas d'enfant, les états généraux d'Oerebro élirent le maréchal Bernadotte prince héréditaire de Suède.
L'empereur Napoléon accepta ce choix, espérant tenir ainsi un allié solide au nord de l'Europe. Certains observateurs expliquent partiellement cet agrément par le fait que le maréchal avait épousé Désirée Clary, ancienne fiancée du jeune Bonaparte.
Quoiqu'il en soit, loin de se révéler l'allié escompté par l'empereur, le nouveau prince héritier préféra jouer avant tout la carte de l'avenir. Voyant l'Empire ébranlé, il favorisa, en 1813, l'entrée de la Suède dans la coalition contre la France, se révélant comme un général de talent, battant Oudinot à Gross Beeren (23 août 1813) et Ney à Dennewitz (6 septembre 1813). Il entra à Leipzig, mais se garda de faire marcher ses armées jusqu'en France.
Certains le soupçonnent d'avoir caressé l'espoir de remplacer Napoléon sur le trône impérial, perspective à laquelle le tsar Alexandre n'aurait pas été hostile, dans le cadre d'une sorte d'« échange » qui aurait vu l'un de ses neveux accéder au trône de Suède. Cette combinaison, si elle est avérée, n'eut pas de suite. Le Congrès de Vienne, ayant préféré entériner la Restauration des Bourbons en France, retira la couronne de Norvège au royaume de Danemark pour l'offrir aux souverains suédois.
Le 5 février 1818, l'ex-maréchal Bernadotte devint roi de Suède et de Norvège sous le nom de Charles XIV. Ses descendants règnent encore sur la Suède.
Il est rapporté que, de son vivant, Charles XIV n'aurait laissé aucun médecin l'examiner torse nu. On en aurait découvert l'explication lors de sa toilette funèbre : cet ancien soldat de la République aurait en effet été porteur d'un tatouage disant « Mort aux rois ! »
L'université suédoise de Chalmers à Göteborg lui a rendu hommage en faisant sienne sa devise en français : « Avancez ! ».


