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Le format (ou taille) de la pellicule est fixé par le format de l'appareil photo, c'est-à-dire la taille de la chambre noire située au dos de l'appareil et qui sert de réceptacle à l'émulsion sensible recevant l'exposition à la lumière. La plupart des appareils fonctionnent avec une seule taille d'émulsion, et ne peuvent supporter des formats plus petits ni plus grands.
Les formats commercialisés vont du petit format 110, au grand format 8" x 10" (20,32 x 25,44 cm) et même 16" x 20" (40,64 x 50,80 cm)! Le format le plus utilisé depuis la deuxième moitié du vingtième siècle est le format 135, encore appelé format 35mm ou 24mm x 36mm. Le format APS de 16,7mm x 30,2mm de taille d'image a été conçu pour remplacer le format 135, avec un succès mitigé. Les émulsions se trouvent soit en bobines de plusieurs vues (le film étant enroulé autour d'un axe à l'intérieur d'une gaine), soit en plan film qui correspond à un cliché unique. On distingue généralement trois catégories de format: le petit format (110, APS et 135), le moyen format (6x6, 6x7) et le grand format. Les deux premiers viennent généralement en bobines (sauf pour les dos Polaroïd), le dernier en plan film. Ces formats ont été standardisés par la norme ANSI PHI.51 1983 (« Photography Film Micrographic Sheet and Roll Film Dimensions ») puis la norme ISO 1012:1998 (« Photographie -- Films en feuilles et pellicules à usage général --Dimensions »).
Le tableau ci-dessous donne un récapitulatif des formats les plus courants, et certaines des caractéristiques associées :
| Nom du Format | Taille d'émulsion | Taille d'image | Bobine (B) ou Plan (P) | Rapport de surface par rapport au format 135 | Commentaires |
|---|---|---|---|---|---|
| 110 | bobine 16 mm | 13 x 17 mm | B | 0,3 | Lancé par Kodak en 1972. Obsolète mais toujours produit au compte-goutte. |
| 135 | bobine 35 mm | 24 x 36 mm | B | 1 | Lancé par Kodak en 1934 sous la forme d'une cartouche jetable. |
| 118 | "" | 3 1/4 x 4 1/4 pouces, ou 80 x 105 mm | B | 9,7 | Lancé en 1900. Permettait de prendre 6 clichés par bobine. Arrêté en 1940. Typiquement utilisé pour les appareils Kodak N°3 |
| 120 | "" | 645: 60 x 45 mm / 6x6: 60 x 60 mm / 6x7: 60 x 70 mm | B | 645: 3,1 6x6: 4,2 6x7: 4,9 |
Lancé en 1901. Toujours la star du moyen format. Papier protecteur derrière le film, originalement destiné à visualiser le numéro de la photo sur d'anciens modèles d'appareils. |
| 126 | bobine 35 mm | 28 x 28 mm | B | 0,9 | Lancé par Kodak en 1963. Arrêté en 1999. |
| 127 | "" | 1 5/8 x 2 1/2 pouces, ou 41 x 64 mm | B | 3,0 | Arrêté en 1995. |
| 128 | "" | 1 1/2 x 2 1/4 pouces, ou 38 x 57 mm | B | 2,5 | Arrêté en 1941. |
| 129 | "" | 1 7/8 x 3 pouces, ou 48 x 76 mm | B | 4,2 | Lancé en 1912. Arrêté en 1951. |
| 130 | "" | 2 7/8 x 4 7/8 pouces, ou 73 x 124 mm | B | 10,5 | 1916-1961 |
| 220 | "" | 645: 60 x 45 mm / 6x6: 60 x 60 mm / 6x7: 60 x 70 mm | B | 645: 3,1 6x6: 4,2 6x7: 4,9 |
Introduit en 1965, il a deux fois la longueur du 120 mais utilise la même bobine. Pas de papier protecteur derrière le film. |
| 616 | "" | 2 1/2 x 4 1/4 pouces, ou 64 x 108 mm | B | 7,9 | 1932-1984 |
| 620 | "" | 2 1/4 x 3 1/4 pouces, ou 57 x 83 mm | B | 5,5 | Lancé par Kodak en 1932, en remplacement du 120. Arrêté en 1995. |
| 828 | "" | 28 x 40 mm | B | 1,3 | 1935-1985 |
| 4 x 5 inch | "" | 10x14,5 cm | P | 14,9 | "" |
| 5 x 7 | "" | "" | P | 26,1 | "" |
| 8 x 10 inch | "" | "" | P | 59,7 | "" |
| 11 x 14 | "" | "" | P | 115,0 | "" |
| 16 x 20 | "" | "" | P | 238,9 | "" |
| 20 x 25 cm | "" | "" | P | "" | "" |
On notera qu'un pouce est équivalent à 25,4 mm.
Les émulsions ci-dessus ont des surfaces allant de 0,3 à 238,9 fois la surface du format 135. Comme généralement l'ensemble des films bénéficient des dernières évolutions sensitométriques (contrairement à ce qu'avaient prétendu les promoteurs du nouveau format APS), la définition des images augmente avec le format. En effet, si on reste en dessous de la limite optique, une même image est « décrite » par d'autant plus de grains d'argent que la surface de l'image latente est grande pour une résolution donnée d'émulsion. Il y a donc davantage d'information dans un négatif 6x6 que dans un négatif 24x36, pour un même sujet et des conditions identiques de prise de vue.
On voit dans le tableau ci-dessus que les bobines 120 et 220 se déclinent en formats 645, 6x6 et 6x7. Ainsi pour une largeur de bobine donnée, c'est l'appareil photographique qui détermine la longueur de l'image, et dans le cas du moyen format, il existe trois longueurs standard pour une même largeur de bobine. Le même phénomène existe pour le format 135 puisque certains appareils panoramiques doublent la longueur d'image et utilisent le format 24 x 64 mm (c'est néanmoins assez rare).

Une grande partie des formats ci-dessus existent ou existèrent en: Couleur ou Noir et blanc, Négatif ou Inversible (diapositive), et en diverses sensibilités. Il existe même des inversibles noir et blanc qui permettent d'obtenir des diapositives noir et blanc (la scala) ! Mais il faut choisir entre négatif et diapo, et couleur ou N&B... Ce choix est le plus souvent d'ordre esthétique (veut-on donner un traitement réaliste du sujet, ou au contraire utiliser le contraste du noir et blanc pour dramatiser le traitement de la scène, etc. Les groupes de discussion et les journaux de photographie amateur regorgent de ce type de débats). Mais il y a des aspects plus pratiques dans ce choix : rapidité de traitement (malheureusement les laboratoires commerciaux ne garantissent des délais rapides que pour le négatif couleur), numérisation des épreuves, possibilité d'effectuer soit-même ses traitements (le noir et blanc présente alors l'avantage de la simplicité et d'une plus grande tolérance aux écarts de température - un tirage noir et blanc en laboratoire amateur peut s'effectuer en une vingtaine de minutes, alors qu'il faut au moins une heure pour un tirage Ilfochrome de même dimension), volonté de projeter ses photographies ou au contraire choix d'une présentation en album (il faut noter qu'on peut tirer ses diapositives tout comme ses négatifs mais les prix et délais pratiqués par les laboratoires commerciaux sont dissuasifs). Une fois ce choix effectué, les différences entre les films ne se limitent pas à leur sensibilité nominale (celle marquée sur la boîte du film, généralement de 25 ISO à 3200 ISO). Celle-ci n'est d'ailleurs pas vraiment une caractéristique réelle du film, mais plutôt le résultat de tests effectués dans des conditions déterminées, qui ne sont pas les tests normalisés pour la détermination de la sensibilité ISO. Pour un grand nombre de films, les fabriquants préfèrent en effet indiquer sur la boîte un index d'exposition (EI ou Exposure Index) plutôt que la valeur ISO, pour les raisons suivantes:
Il est néanmoins important de se référer à la sensibilité ISO afin de pouvoir comparer différents films. Voir la détermination de la sensibilité ISO pour plus de détails.
La courbe caractéristique ou courbe sensitométrique normalisée: on soumet les zones successives d'un même film à des expositions croissantes, par exemple chaque vue d'une pellicule de 36 poses avec un quart de diaph supplémentaire pour chaque vue (ou à l'aide d'un dispositif spécial, le sensitomètre), on développe de façon à obtenir la courbe qui permet de déterminer la sensibilité ISO ci-dessus, puis on mesure la densité de chaque zone à l'aide d'un densitomètre. La courbe ainsi obtenue est la courbe caractéristique ou courbe sensitométrique du film. Par convention, et pour une meilleurs lisibilité, on représente en abscisse non pas l'exposition réelle mais le logarithme base 10 de cette exposition (souvent de 0 à 4 pour des valeurs qui varient de 0 à 10000).
En pratique, le photographe ne réalise jamais cette courbe en laboratoire lui-même mais il est très utile de se référer aux courbes pré-établies par les fabricants et disponibles sur leurs sites Internet afin de comparer les différents films. Les fabricants établissent en général non pas la courbe normalisée ci-dessus, mais des courbes caractéristiques réalisées avec les révélateurs qu'ils conseillent et à des températures habituelles, c'est-à-dire le plus souvent 20°C, 24°C voire 30°C. Voici comment lire ces courbes:



