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Montréal est la métropole économique du Canada à l'invention du cinéma. On y montre et on y fait des films très tôt. Les Frères Lumière y font une présentation. Monsieur Ouimet ouvre le premier cinéma commercial sur la rue Sainte-Catherine.
Le cinéma Québécois a été surtout florissant au niveau artistique dans les années 60-70. À l'époque les réalisateurs oeuvrant à l'ONF jouissent après d'âpres luttes d'une grande liberté de création ainsi que des moyens techniques novateurs et performants (Michel Brault, Norman McLaren).
On y invente par exemple un des premiers appareils de prise de son portable, dont le support est un ruban magnétique perforé (le "SprocketapeMD"). On y invente aussi et perfectionne le cinéma direct, à la fois techniquement et éthiquement. Outre sa contribution à l'animation, c'est probablement la contribution la plus importante du cinéma québécois au cinéma mondial.
Cette façon nouvelle de sortir la caméra des studios amène une société qui n'a jamais vu son image à porter un premier regard, une première oreille sur elle même.
Le résultat est une grande incompréhension entre le cinéma québécois et son public. Car outre une courte parenthèse dans les années 50, les salles de cinéma au Québec sont depuis toujours occupées par le cinéma de fiction de la France et des États-Unis d'Amérique. Et la télévision québécoise propose une vision policée, bien pensante, de la société. Le choc pour le public est donc très grand.
Pendant cette période ces cinéastes engagés de grand talent sont pour une large part boudés, au profit d'un cinéma populiste.
Depuis ce jour, le cinéma québécois tente de sédure son public. Cela se fait grâce à des budgets plus grands et une copie toujours plus raffinée de la manière américaine de tourner. Ainsi, à vouloir joindre complaisamment un public aliéné, le cinéma qébécois est en passe de devenir un second cinéma américain.
Montréal demeure grâce à l'héritage de l'ONF un lieu de créativité technique dans le domaine des images en mouvement. De nombreuses entreprises de multimédias y sont établies. Mais cette créativité ne sert plus les cinéastes et créateurs Québécois.
On y démarre, par exemple, le IMAX. Grâce au soutient de l'ONF on invente la technologie d'imagerie 3D derrière les succès de Softimage [1] puis de Discreet Logic [2] . Ces deux compagnies font des logiciels d'une grande complexité qui permettent de réaliser les effets spéciaux des films américains tel que Jurassic Park.
Ironiquement, le cinéma québécois n'y a pas accès, car il sont trop chers.
http://bilan.usherbrooke.ca/bilan/pages/clips/220.html
http://www.onf.ca/f/rayonnement/innovations.html
http://home.ica.net/~paulc/canux/article/cochons.html


