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Classification des sinogrammes


Écriture chinoise, les sinogrammes

Article principal :
Sinogramme

Aspects graphiques :
Composition graphique
Radicaux et clefs
Types de caractères
Histoire et styles calligraphiques
Variantes graphiques
─ Caractères traditionnels et simplifiés

Aspects linguistiques :
Langues asiatiques à sinogrammes
Son et sens des caractères
─ Dictionnaires de caractères

Autres écritures liées aux sinogrammes :
Kanji, hira- et kata-kana
─ Hanja et hangŭl
─ chữ nôm

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Il existe plusieurs types de caractères chinois, parmi lesquels quelques rares pictogrammes, un petit nombre d'idéogrammes (simples ou composés) et une écrasante majorité de composés nommés idéo-phonogrammes, principalement. L'écriture chinoise ne comportant en fait qu'un petit nombre d'idéogrammes, il est erroné d'appeler ainsi ses caractères.

Sommaire

Quels sont les différents types de caractères chinois ?

Il existe selon la nomenclature chinoise six catégories de caractères. Cette nomenclature, décrite la première fois par 許慎/许慎 Xú Shěn (58-147 de notre ère) dans son 說文解字/说文解字 Shuōwén jiězì, bien qu'ancienne et maintenant dépassée reste cependant pratique et simple à comprendre. Elle suffira pour cet exposé.

Les plus anciens caractères ont été écrits par des oracles sur des carapaces de tortue ou des omoplates de bœuf pour la scapulomancie. On les appelle jiǎgúwén 甲骨文. Il s'agissait alors de purs pictogrammes et de quelques idéogrammes. Leur formes ont plusieurs fois évolué, ainsi que leur utilisation. Au cours des siècles, les sinogrammes se sont grandement diversifiés, tant quant à leur tracé qu'à leur signifié.

Actuellement, la grande majorité des caractères chinois (plus de 90%) sont des idéo-phonogrammes. Toutefois, comme la prononciation du chinois a changé depuis que l'écriture a été créée, le lien entre prononciation et graphie a disparu pour certain d'entre eux. La prononciation du chinois archaïque est l'objet d'une branche de la phonétique historique qui se nomme en chinois, yīnyùnxué 音韻學.

Pictogrammes

象形 xiángxìng « imitation de la forme ».

En minorité dans l'écriture (environ six cents), les pictogrammes représentent directement une chose concrète par un dessin. Ce sont généralement les caractères les plus anciens. Certains, indiqués ici par leur graphie archaïque, peuvent être attestés dans une période s'étendant entre 8000 à 1600 avant notre ère sur des supports variés : os d'omoplates de buffles ou carapaces de tortues pour la divination par scapulomancie (qui consiste à écrire une question sur un tel support et passer le tout par le feu. Les craquelures apparaissant alors révèlent, selon leur configuration par rapport aux caractères, la réponse des dieux), stèles etc.

La graphie sigillaire s'étend jusqu'à 200 avant notre ère ; elle servait aux sceaux et les calligraphes la pratiquent encore. La graphie simplifiée, le cas échéant, est utilisée en République Populaire Chinoise, principalement, et ce depuis 1958 (voir plus haut). Ces caractères simplifiés sont, pour la plupart, attestés depuis des périodes anciennes en tant que variantes calligraphiques. D'autres sont inventés.

Archaïques Image:ren_arch.png Image:nuu_arch.png Image:zi_arch.png Image:ri_arch.png Image:yue_arch.png Image:shan_arch.png Image:chuan_arch.png
Sigillaires Image:ren_sigil.png Image:nuu_sigil.png Image:zi_sigil.png Image:ri_sigil.png Image:yue_sigil.png Image:shan_sigil.png Image:chuan_sigil.png
Modernes
rén




yuè

shān

chuān
Simplifiés
Sens homme femme enfant soleil lune montagne rivière


Archaïques Image:shui_arch.png Image:yu_arch.png Image:zhu_arch.png Image:mu_arch.png Image:ma_arch.png Image:niao_arch.png Image:gui_arch.png Image:long_arch.png
Sigillaires Image:shui_sigil.png Image:yu_sigil.png Image:zhu_sigil.png Image:mu_sigil.png Image:ma_sigil.png Image:niao_sigil.png Image:gui_sigil.png Image:long_sigil.png
Modernes
shuǐ


zhú



niǎo

guī

lóng
Simplifiés
Sens eau pluie bambou arbre cheval oiseau tortue dragon

Notes :

Remarquez que les caractères modernes ne peuvent utiliser qu'un nombre défini de traits (au rang desquels la courbe est exclue), ce qui explique les différences notables entre les graphies anciennes et le résultat actuel ; il existe vingt-quatre (ou vingt-et-un, selon les exégètes) traits fondamentaux.

Les pictogrammes ont été classés depuis longtemps en huit groupes (corps, homme, voyager, village, pinceau, dragon, jade et jaune), par affinités sémantiques ou par association d'idées ; deux cent quatorze d'entre eux constituent les « clefs » du chinois, élément primordial de tout caractère. Chaque caractère, en effet, doit être composé d'au moins une de ces clefs.

Idéogrammes simples (indicateurs)

指示 zhǐshì « indicateurs »

Les idéogrammes traduisent directement une idée abstraite au moyen d'un signe explicite ou bien en complétant un pictogramme préexistant. La plupart du temps, ce sont des points ou des traits placés sur un pictogramme qui indiquent ce qu'il faut regarder. Ainsi, en se servant d'un à trois traits, l'on peut commencer à compter et en plaçant un trait sur le pictogramme pour l'arbre, on en désigne des parties.



èr

sān

shàng

xià

běn

un deux trois dessus dessous racine cime

Notes :

Idéogrammes composés (ou agrégats logiques)

會意 huìyì « réunion sémantique »

Plusieurs caractères juxtaposés indiquent un nouveau sens découlant de l'association engendrée ; remarquez que tout sinogramme devant s'inscrire dans un carré idéal, les éléments de tels caractères sont réduits ; ainsi :

Plusieurs formes réduites sont possibles pour un même caractère.

Ces idéogrammes se distinguent des indicateurs en ce sens qu'ils mettent en jeu la réunion de deux sens pour en obtenir un troisième, alors que dans le cas des idéogrammes simples l'idée est représentée directement. Le résultat obtenu par agrégation, cependant, ne mérite pas réellement le qualificatif de logique. En effet, le caractère 明, réunion du soleil et de la lune, singnifie « lumière ». On pourrait très facilement imaginer qu'une telle alliance êut pu tout aussi bien désigner la marée.

Voici quelques exemples de tel idéogrammes composés.

×2 =
lín
×3 =
sēn
+ =
xiū
deux arbres
bois
trois arbres
forêt
un homme contre un arbre
se reposer
+ =
×2 +=
shuāng
+ =
hǎo
+ =
cǎi
un oiseau sur un arbre
se rassembler
deux oiseaux sur la main droite
paire
une femme et un enfant
bon
une main sur un arbuste
cueillir
+ =
dōng
+ =
míng
+ =
fén
+ =
qiū
le soleil derrière un arbre
Orient
soleil et lune
lumière
le feu sous un bois
brûler
la céréale et le feu
automne

Le lecteur pourra compléter sa lecture par celle de Radicaux des sinogrammes.

Idéo-phonogrammes

形聲 xíngshēng « forme et son »

De loin la catégorie la plus représentée en chinois (plus de 90% des caractères), il s'agit cette fois de l'association d'un caractère utilisé pour le sens (la clef) et d'un autre pour le son. L'existence de tels composés doit beaucoup à la structure syllabique de la langue, dans laquelle existent nombre d'homophones.

Par exemple, il faut représenter le verbe « se laver les cheveux », qui se dit  ; or, le caractère de « l'arbre » se prononce de la même manière ; ainsi, écrire « arbre » tout en accompagnant le caractère de celui (dénommé ici « clef sémantique ») pour « eau », qui renvoie à l'idée principale de lavage, permet de créer un nouveau mot tout en distinguant les sens des homophones.

Notes :

Idée Son Résultat

eau


= « se laver les cheveux »

eau

lín

lín = « verser »

herbe

cǎi

cài = « légume »

Il est évident que l'élément phonétique n'est pas choisi au hasard et s'avère souvent sémantiquement motivé, ce qui n'apparaît parfois qu'a posteriori, mais permet une analyse interne des caractères.

Ainsi, 認 rèn « connaître (quelqu'un) » est composé de trois pictogrammes :

Le caractère se prononce alors comme 刃 rèn, qui fournit le composant phonétique. Le choix de 刃 rèn, cependant, n'est pas gratuit ; il est possible de comprendre l'agrégat idéographique ainsi : connaître quelqu'un, c'est se servir de la parole comme d'une lame pour trancher le cœur, l'intimité, et ainsi avoir accès à ce qu'est réellement cette personne au fond d'elle-même.

Plus simplement, 菜 cài « légume » est composé de la clef de l'herbe pour le sens de « végétal » et de 采 cǎi « cueillir » pour le son. Mais la notion de « cueillette » n'est pas étrangère à celle de « légume ». On retrouve, en dernière analyse, le caractère 木 « arbre », qui connote aussi la sphère du végétal. L'interprétation sémantique des composants d'uncaractère idéo-phonogrammatique est ainsi souvent prétexte aux jeux poétiques. Il ne faut pas perdre de vue qu'elle reste, dans la majorité des cas, secondaire et a posteriori.

En outre, la partie phonétique d'un idéo-phonogramme a souvent été déterminée à une époque où la langue, phonétiquement, était différente de la langue actuelle : or, de tels changements peuvent masquer le lien censé exister entre la prononciation réelle et la prononciation indiquée par la partie phonétique. De sorte, nombreux sont les idéo-phonogrammes dont la partie phonétique ne correspond plus au son désigné.

Défléchis

轉注 zhuǎnzhù « échange réciproque »

Ce sont des caractères dont le sens et parfois la graphie divergent, qui sont cependant l'évolution d'un même étymon (souvent un pictogramme). Il s'agit de doublets historiques (voire de triplets ou de quadruplets), au même titre, mutatis mutandis, que chance et cadence en français, qui dérivent tous deux du même étymon latin cadentia(m), « chute » ; des défléchis gardent un lien sémantique (parfois lointain)



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