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Collaboration désigne littéralement une action ou un travail réalisé en commun avec deux ou plusieurs personnes.
En histoire contemporaine, le terme collaboration désigne également le fait d'avoir aidé sciemment un pays
occupant des forces de l'Axe (en général allemand) à ses tâches de domination lors de la Seconde Guerre mondiale. Différents régimes ont été
concernés : celui de Vidkun Quisling en Norvège ou celui des Oustachis en Croatie.
En France, la politique mise en place par le Maréchal Pétain durant l'occupation allemande pendant la Seconde
Guerre mondiale rentre également dans cette catégorie. En effet, Pétain alla parfois au-delà de ce qui était strictement
exigé par l'occupant.
La collaboration fut lancée médiatiquement par la rencontre entre Pétain et Hitler à Montoire-sur-le-Loir, le 24 octobre 1940, avec sa fameuse poignée de mains de Montoire. L'argument donné par Pétain à son procès est qu'il cherchait à obtenir le retour le plus rapide des prisonniers de guerre français. Le Régime de Vichy accorda ensuite, en échange de diverses concessions dont le rapatriement de prisonniers de guerre, son soutien au régime nazi et particulièrement l'expulsion (qui menait à la déportation) d'étrangers (130 000) et de Français (70 000) juifs ainsi qu'à la spoliation de leurs biens. Bien que le port de l'étoile jaune ne fut jamais instauré en zone non-occupée, le régime fut responsable de la rafle du vel' d'Hiv à Paris.
Les collaborateurs venaient d'horizons politiques divers :
Plusieurs écrivains de renom furent des collaborateurs :
Le cas de Jean Giraudoux est plus complexe (voir l'article de ce nom) et il s'avèra qu'il n'était pas collaborateur, mais informait au contraire discrètement la Résistance.
Des hommes de spectacle (par exemple Sacha Guitry furent un moment taxés de collaboration parce qu'ils avaient, après l'occupation, continué à exercer leur métier. De fait, nombre d'autres artistes (comme Ray Ventura) émigrèrent à ce moment-là, mais pour reprendre l'expression de Guitry, continuer à exercer leur métier fut le lot de tous les Français restés sur le territoire national, sans exception, pendant cette période - hormis de ceux qui avaient pris le maquis et dont la famille vivait on ne sait comment.
Bien que largement responsables de la collaboration, le chef de l'État et le chef du gouvernement de l'époque ne sont habituellement pas classés parmi les collaborateurs. Philippe Pétain était plutôt un réactionnaire, ayant peu d'affinité avec les nazis, mais voyant la défaite de 1940 comme une opportunité pour mener à bien son projet de Révolution nationale. Pierre Laval était un opportuniste, qui pensait qu'il était préférable d'être du côté du vainqueur et qui croyait en la victoire de l'Allemagne. Il prononça d'ailleurs cette phrase : Je souhaite la victoire de l'Allemagne, parce que si elle était vaincue le bolchevisme s'installerait partout en Europe.
Lors de la Libération, les collaborateurs furent poursuivis. Une estimation veut que presque la moitié furent exécutés sommairement. Les autres furent jugées. La loi d'amnistie d'août 1953 mit un terme à l'épuration.
Outre la France, d'autres pays connurent un régime de collaboration :
Selon les yougoslaves pays articiel créé en 1918 et contrôlé de faite par les Serbes. Selon les Croates, ils n'ont qu'exercé leur indépendance.
Le régime politique de la Slovaquie aussi peu difficilement se qualifier de collaborationniste. Puisque la Slovaquie est redevenu un pays indépendant.
La politique d'Hitler était en effet d'installer un Gauleiter dans chacun des pays occupés par l'Allemagne, et de le laisser se charger des basses besognes.


