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Contrexéville


Blason Image:Blason_contrex.jpg
Région Lorraine
Département Vosges
Arrondissement Neufchâteau
Canton Canton de Vittel
21 communes
13 651 habitants
Nom des habitants Contrexévillois
Population totale (1999) 3 708 habitants
Superficie 15 km²

Contrexéville est une ville du nord-est de la France, dans le canton de Vittel du département des Vosges.

Contrexéville est connue avant tout pour être une ville thermale dont l'eau minérale est commercialisée sous la marque Contrex.

Sommaire

Histoire

Les premiers hommes

La présence des premiers chasseurs-cueilleurs est attestée il y a plus de 40.000 années sur les plateaux qui dominent Contrexéville, grâce aux nombreuses découvertes d'outils en pierre taillée, dont des bifaces datées de la période du paléolithique.

Toute la gamme des objets trouvés, témoigne que les hommes se sont succédés en ces lieux. Les périodes mésolithique et néolithique, sont caractérisées par les pointes de flèches. C'est à partir de - 5000 ans avant notre ère, que la sédentarisation des hommes fut un facteur de transformation du paysage par les essartages et les cultures.

Les traces des gaulois, les Celtes de l'âge du fer sont encore visibles, les champs tumulaires parsèment encore nos forêts ; les nombreux objets qu'ils contenaient sont exposés au Musée National de Saint-Germain-en-Laye, et à celui d'Épinal.

Les Gallo-romains

Cette période est très riche en vestiges et découvertes. Nul doute qu'à cette époque l'eau avait une place prépondérante dans le mode de vie et dans l'organisation spatiale des hommes. Les voies romaines, les nécropoles, les villas fouillées ces 10 dernières années par l'INRAP ( Institut National des Recherches Archéologiques Préventives ), sont autant de jalons qui nous permettent de restituer l'occupation des hommes sur le territoire de Contrexéville entre la période qui s'étend de la Tène ( moins 300 avant JC ) à la fin de l'Empire romain ( plus 500 après JC ).

Les Mérovingiens

À cette époque les villages vont apparaître, des campagnes de fouilles ont permis de découvrir deux sites mérovingiens précurseurs du village de Contrexéville. Dans le centre ville : un habitat avec sa forge, édifié sur les ruines d'une villa gallo-romaine. À la sortie Nord de l'agglomération : une nécropole de 28 inhumations datées de 450 à 650 après JC, proche vraisemblablement d'un hameau. C'est la période où les noms de beaucoup de villes vont naître : Contrexéville en est un exemple, les études étymologiques ont longtemps été indécises avant de convenir que Contrexéville était formé du patronyme germain Gunderic, du nom du propriétaire des lieux à cette époque, auquel s'ajoute les suffixes iaca et villae ( iacum pour le domaine et villa pour l'habitat ). Initialement de Gundericiacavilla, le nom du village est devenu Gundrecivilla après les diverses modifications dues aux contractions linguales.

Le Moyen-Âge

Une longue période lacunaire de quatre siècles, nous prive d'éléments historiques susceptibles de nous faire connaître l'évolution du village entre Gunderic au VIIe siècle, et la construction de l'église romane dédiée à St Epvre au milieu du XIIe siècle.

Grâce à l'apparition du premier document écrit, un cartulaire qui fait sortir Gundericivilla de l'ombre en 1213. Nous savons que le seigneur de Contrexéville est Aubert de Darney, un grand personnage qui fait don de l'église qui lui appartenait aux moines clunisiens du prieuré de Relanges. ( fondé en 1030 par Ricuin de Darney et sa femme Lancrède - confirmé en 1050 par le Pape Léon IX ). De nombreux parchemins conservés aux Archives Départementales, nous permettent de suivre le lent développement rural de la communauté villageoise qui jusqu'à l'aube du XVIIe siècle, vivra au rythme des labours, des semailles et des moissons. La guerre de cent ans et l'arrestation d'un valet nommé Maurice qui espionnait pour le compte des anglais et qui fut arrêté par le prévôt de Lamarche, puis au XVe siècle l'érection des potences par les nouveaux seigneurs et la présence du moulin banal sont les seuls événements marquants. Vers 1580, à la recherche de l'eau miraculeuse, le célèbre Montaigne ne passe pas très loin de Contrexéville, il séjournera à Plombières souffrant de la gravelle ( maladie qui l'emporta ) il eut été bien inspiré en venant se soigner à la fontaine minérale de Contrexéville qui, il est vrai était réputée pour guérir ces maux, mais dont la notoriété ne dépassait guère les limites du finage. Il y a cependant au XVIe siècle un climat de prospérité qui va, dans un contexte spirituel exacerbé par les conflits religieux, se manifester par la création de nombreuses statues qui aujourd'hui encore ornent l'église paroissiale.

La terrible guerre de 30 ans

Le duché indépendant de Lorraine, va subir la plus grande catastrophe de son histoire. De 1631 à 1648, les armées françaises et celles de l'Empire allemand vont s'affronter en traversant dans tous les sens la Lorraine avec leurs alliés croates et suédois, des reîtres et sbires de tous acabits, qui causent morts et destructions. Ce que les hommes n'auront pas fini, c'est la peste et la famine qui le terminera ! Nombreux sont les horribles témoignages rapportés par les narrateurs de l'époque. Contrexéville sera épargné, protégé au fond de son vallon bien à l'écart des grandes routes de communication, ce ne fut pas le cas du petit village voisin d'Agéville, incendié en 1634.

La chronique du XVIIIè siècle

Peu de choses différencient Contrexéville des autres villages qui petit à petit se sont repeuplés, si ce n'est sa forge qui bat le fer en aval du village vers Outrancourt. Elle appartient au marquis des Salles, désormais seul seigneur de Contrexéville. Le beau père du roi de France Louis XV, le roi de Pologne déchu, Stanislas Leszczynski monte sur le trône de Lorraine laissé vacant en 1736, par le prétendant au titre François III, fondateur de la dynastie des Habsbourg-Lorraine parti régner sur l'Empire d'Autriche. À cette époque du siècle des lumières, on parle beaucoup des médecines douces et notamment des vertus curatives de certaines eaux minérales.

En Lorraine on connaît celles de Plombières, Bains-les-Bains et Bussang, quand soudain à la cour du duc de Lorraine, on vint à parler d'une fontaine minérale appartenant à Reine Lamblin la veuve Brunon, située à Contrexéville un village du bailliage de Darney, son eau a guéri une jeune fille de la petite noblesse qui souffrait de calculs rénaux. Il n'en faut pas moins pour que le docteur Charles Bagard médecin ordinaire de son altesse le duc de Lorraine ne s'intéresse de près à cette eau qu'il analysa pour la postérité puisqu'il présenta son célèbre «  Mémoire sur les eaux minérales de Contrexéville  » devant la Société Royale des Sciences et des Arts, le 10 janvier 1760.

La notoriété de l'eau de la fontaine minérale de Contrexéville va dès lors en grandissant. En 1773, Pierre Thouvenel un jeune médecin de 26 ans, tout frais émoulu de la faculté de Montpellier est nommé inspecteur des eaux minérales de Contrexéville. L'été dans la station et le reste du temps à Paris auprès de la cour du roi, il se livre à une étude dont le retentissement décida plus d'un noble à venir suivre une cure et faire des soins dans son modeste établissement thermal contrexévillois.

Pendant une dizaine d'année la fréquentation de la station est rehaussée par la présence d'une bonne partie de la bourgeoisie et de la noblesse lorraine et française.

Las de ne pouvoir améliorer le domaine thermal, et de n'avoir pu obtenir l'aide financière de l'intendant de Lorraine Chaumont de La Galaizière, le docteur Thouvenel quitte Contrexéville peu après 1781, alors que le propriétaire Jean Baptiste Brunon (fils de Reine Lamblin) très endetté et manifestement piètre gestionnaire vend la source et une partie du domaine à un homme d'affaire nancéien Jean François Villiez.

À cette époque la vente annuelle est de 2000 litres d'eau de Contrexéville. Lorsque la Révolution survint, la fréquentation de la fontaine minérale avait déjà bien périclité. Sans médecin inspecteur attaché à la station, elle avait perdu sa belle clientèle partie vers d'autres rivales.

La révolution passe sans dommage, les guerres qui s'ensuivent et celles du premier Empire déciment une partie de la jeunesse du village.

La chronique du XIXè siècle

Les documents de 1802 laissent entrevoir une reprise des cures, une cinquantaine de buveurs d'eau fréquentent la source minérale devenue propriété du sieur François Drouillot qui par la suite la léguera à son fils Victor (ils seront successivement maire du village de 1800 à 1826).

En 1840, Contrexéville est toujours un village voué à la culture. Il y a 708 habitants, 209 foyers et 184 maisons. Le nouveau propriétaire des eaux minérales Duperrier-Dumouriez annonce une centaine de buveurs d'eau autour de la fontaine minérale que l'on commence à appeler la source du pavillon, parce qu'un petit édifice octogonal en bois la protège, de chaque côté une galerie fermée en fer à cheval la relie au bâtiment des bains d'une part, et à l'hôtel de l'Établissement d'autre part.

Si la vocation céréalière du village ne se dément pas, on perçoit cependant une hausse de la fréquentation, le nouvel hôtel de la Providence, accueille les curistes. Le domaine thermal a changé de propriétaire ce sera le dernier, il se nomme Lormont-Brocard, et possède entre autres le parc et le château d'Épinal qu'il lèguera à la ville, ce qui lui vaudra une petite rue à son nom pour la postérité... Un nouveau réseau routier passe à Contrexéville : la route de Mézières à Belfort en 1845, puis la celle d'Épinal à Langres en 1865, ainsi désenclavée et desservie la station voit le nombre des curistes en augmentation. C'est en 1850, qu'un curiste qui deviendra célèbre par la suite est venu boire pour la première fois à la source, il s'agit de Louis Bouloumié le fondateur du domaine thermal de Vittel. Le 8 décembre 1864, une société des eaux minérales de Contrexéville est créée, elle achète le domaine thermal. Dès lors le village connaît une embellie qui progressivement transforme la trame rurale en station thermale, ce ne sont pas les terribles épidémies de choléra de 1832 et de 1854, ni la guerre de 1870 qui freineront son expansion, même si le fait d'arme d'un courageux lieutenant de l'armée française faillit déclencher en représailles l'incendie du village. En 1881, la voie ferrée dessert la station, mettant Paris à moins de 6 heures de Contrexéville, c'est ainsi que se déverse une foule de curistes de plus en plus nombreux.

En 1885, un nouveau pavillon des sources est construit par l'architecte Schertzer, sur le style du pavillon Baltard, où sont utilisés le fer la fonte et le verre.

Les fermes du village se convertissent en hôtels, en villas et meublés qui hébergent la clientèle. À la source on embouteille l'eau pour l'expédier. L'économie du village se transforme, les cultivateurs diversifient leur production en devenant éleveurs.

En 1899, la station compte 924 habitants, 268 foyers et 243 maisons auxquels il convient d'ajouter 32 hôtels. 3000 curistes fréquentent la station, la production d'eau embouteillée est de 2 millions de litres par an.

La chronique du XXè siècle

1900 à 1914 c'est la Belle Époque, la ville a fini sa mutation, son visage est totalement modifié, 7 hôtels sont édifiés dont deux palaces : le « Continental » et le « Cosmopolitain », les autres hôtels s'agrandissent quand ils trouvent encore de la place ou s'augmentent d'un étage supplémentaire. Le ruisseau qui traversait le village est désormais canalisé et recouvert d'une esplanade, la ville commence à s'agrandir en s'étendant le long des routes. Le parc est agrandi, un temple protestant est bâti ainsi qu'une chapelle orthodoxe. Le casino est inauguré en juin 1900, c'est l'œuvre de l'architecte Glasquin. Une nouvelle industrie vient de naître, pour répondre à la demande croissante d'eau en bouteille, une usine moderne est construite pour embouteiller l'eau minérale, la conditionner et l'expédier. À nouveau le domaine thermal est modifié, l'architecte Méwès qui avait construit l'hôtel Cosmos, en est le concepteur ; il utilisera le béton qu'il habillera ensuite de céramiques. Après la démolition des bâtiments à la fin de la saison 1909, on entreprend la reconstruction d'un nouveau pavillon, d'une longue galerie à péristyles et d'un établissement de soins thermaux.

Des personnalités se côtoient dans ce Contrexéville mondain, le Shah de Perse qui par trois fois viendra boire les eaux (1900 - 1902 - 1905), la grande duchesse Wladimir avec toute une colonie de russes et une foule de diplomates. Lorsque la guerre est déclarée en pleine saison thermale le 3 août 1914, la station se vide de tous ses curistes et des jeunes contrexévillois. S'ensuit 4 longues années de conflit, les hôtels désormais transformés en hôpitaux accueillent les blessés en provenance du front. En 1914, la station compte 942 habitants, 292 foyers et 276 maisons auxquels il convient d'ajouter 39 hôtels. 4800 curistes fréquentèrent la station en 1913.

L'après guerre voit à nouveau l'affluence des curistes remplir les hôtels et l'activité économique reprendre, cependant une lutte d'influence modifie la physionomie du conseil d'administration de la Société des Eaux Minérales : en 1929 un nouveau président est élu, il s'agit de monsieur François André le roi des casinos de France. À la même époque la crise économique frappe l'Europe après avoir ébranlée les États-Unis. Le comportement de la municipalité et celui de la société des eaux est différent pendant cette période de récession, le résultat qui va ensuite en découler s'en ressentira après la seconde guerre mondiale.

La ville de Contrexéville : le nouveau maire Marcel Boucher a des ambitions pour développer la station thermale, il tente de réaliser ses projets et s'il en réussit quelques uns, il n'aboutit pas dans celui qui devait modifier radicalement l'urbanisme de l'agglomération en agrandissant et en créant un nouveau réseau routier, des zones hôtelières, des zones résidentielles, des zones industrielles, des espaces verts et un espace sportif. Il ne trouvera ni promoteurs ni investisseurs.

La Société des Eaux Minérales : Elle aborde frileusement les événements, d'une part en gelant ses propres investissements, et d'autre part en ne s'engageant pas dans le projet municipal qui prévoyait entre autres la cession des terrains pour construire une nouvelle usine d'embouteillage. Le conseil d'administration axe toute son activité sur l'accueil des curistes qui représentent un potentiel de clientèle pour le casino. La vente de l'eau en bouteille est négligée, à peine modernisera-t-on les chaînes de production alors que les stations rivales investissent dans de nouvelles usines et dans l'agrandissement et l'amélioration de leur domaine foncier.

Blason et devise

D'azur à la fasce ondée d'argent, accompagnée en chef d'une aigle becquée et couronnée d'or, et en pointe d'un loin passant d'or sur sol de sinople, brandissant dans sa dextre un glaive devant le soleil d'or.

C'est par une délibération du 18 Mars 1925 que le Conseil Municipal a décidé de doter la ville d'un blason accompagné d'une devise.

L'aigle polonais est un hommage rendu à l'ex-roi Stanislas Leszcynski, duc de Lorraine, beau-père de Louis XV, qui envoya le docteur BAGARD, son premier médecin, étudier les propriétés des eaux de Contrexéville. La mort tragique du souverain en exil (sa robe de chambre prit feu accidentellement) eut pour conséquence directe le rattachement des duchés de Lorraine et de Bar à la couronne de France (1766).

Le Lion brandissant un sabre et le soleil évoquent le drapeau de la Perse dont l'un des souverains séjourna par trois fois dans la ville, au début du siècle, pour y suivre une cure bienfaisante.

La bande ondulée transversale (l'onde d'argent, l'eau) symbolise la vocation thermale de la Cité.

Quant à la devise (FONS NON FAMA MINOR) elle peut se traduire ainsi : « La source n'est pas inférieure à sa renommée ».

Monuments

- le site des Lacs de la Folie : deux lacs, piscine extérieure, aire de jeux, pédalos
- Place des fontaines : alignement de 24 fontaines sur 80 mètres

- parc thermal : 4 hectares verdoyant
- église Saint-Epvre : église romane du XIIè siècle
- usine d'embouteillage de l'eau de Contrex

Villes jumelées

Bad Rappenau (Allemagne)
Llandrindod Wells (Pays de Galles)
Luso (Portugal)
Mealhada (Portugal)

Photos

Liens externes



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