| Liste Articles: [0-A] [A-C] [C-F] [F-J] [J-M] [M-P] [P-S] [S-Z] | Liste Catégories | Une page au hasard | Pages liées | ||||||
Cormeilles-en-Parisis est une commune française, située dans le département du Val-d'Oise et la région Île-de-France.
Cormeilles est chef-lieu du canton de Cormeilles-en-Parisis et dépend de l'arrondissement d'Argenteuil. Son code INSEE est 95176 et son code postal 95240.
| Sommaire |
Cormeilles est donc, malgré sa proximité d'avec Paris, une commune plutôt verte, située sur la butte de Cormeilles tout comme Montigny-lès-Cormeilles, Sannois et Argenteuil.
Le nom « Cormeilles » tire vraissemblablement sa racine de l'arbre nommé cormier. Le nom « Parisis » vient, lui, de la tribu gauloise des Parisii.
Les premières traces d'habitation remontent à 4000 av JC. Des vestiges de villa romaine ont été découverts à Cormeilles-en-parisis (IIIe siècle), ainsi que des cercueils en plâtre (VIIIe siècle).
La ville de Cormeilles est mentionnée pour la première fois en 697, dans une charte du roi Mérovingien Childebert III qui offre aux sœurs du monastère d'Argenteuil la forêt royale qu'il situe à Cormeletus, sur la rivière Seine, au pays Parisis.
En l'an 832, Louis le débonnaire confie le destin de Cormeilles-en-parisis à l'Abbaye de Saint-Denis. Certains historiens de l'architecture considèrent que l'église de Cormeilles, ou plutôt sa crypte, construite par Suger au 12e siècle, est un laboratoire de l'architecture gothique, antérieur à l'édification de la basilique de Saint-Denis.
Cormeilles est à l'époque une ville agricole où l'on produit du vin (les armes de la ville sont la vigne et le blé). On sait que le vignoble médiéval Cormeillais était de qualité honorable puisque c'est celui que les rois envoyait comme présent.
Pendant les états généraux, les
viticulteurs de la ville réclamment que leur production ne soit plus taxée à son entrée dans Paris... eu égard à sa médiocrité. À
cette époque, le vignoble de Cormeilles/La Frette couvre 538
ha.
Sous la terreur, Daguerre (enfant) et Cauchoix (adolescent), les deux célébrités locales, fuient la ville.
Pour faire face aux disettes qui sévissent à Paris, le vignoble est pour bonne part remplacé par des cultures céréalières ou
maraîchères.
Le filon de gypse de la butte de Cormeilles ainsi que le moyen de transformer le gypse en plâtre étaient connus depuis l'époque gallo-romaine, de petites carrières ouvertes servaient à extraire le minéral dont l'exploitation n'a jamais cessé. En 1822, Pierre-Étienne Lambert crée à Cormeilles une carrière importante dont la production ne sera réellement industrialisée qu'en 1878 par Jules-Hilaire Lambert. Le « plâtre de Paris » acquiert une grande renommée et les « Frères Lambert » deviennent une famille industrielle de premier plan dont le nom restera longtemps associé à Cormeilles.
Pendant la guerre de 1870, le vin est temporairement interdit à Paris par les Allemands, victorieux, au profit de la bière. Chaque dimanche, les Parisiens se ruent sur la banlieue, notamment à l'ouest : Chatou, Argenteuil,... Et Cormeilles qui, du coup, produira plus de vin que jamais. La qualité est si basse (le vin est mélangé à des figues et autres colorants !) que dans une nouvelle de Maupassant on peut lire : « Il se comparaît lui-même à un homme qui goûterait coup sur coup, les échantillons de tous les vins et ne distinguerait bientôt plus le Château Margaux de l'Argenteuil » (le vin « d'Argenteuil » étant autant celui de Cormeilles).
Le réseau ferré français se construit, permettant le transports de vins venus du sud : le vin d'Île de France perd peu à peu de son importance (alors qu'il fut de loin le premier vignoble du territoire) et ne survit pas à l'arrivée, à cette époque, du Phylloxéra. C'est la fin de l'histoire du vin sur la butte de Cormeilles.
Entre 1874 et 1877 est construit le fort de Cormeilles, un des plus grands forts militaires de Paris. Il servira de décor à plusieurs films.
Le chemin de fer atteint Cormeilles en 1892, impliquant un relatif décalage du centre de la ville et la construction de villas bourgeoises, de «folies» comme on disait alors.
Fabriquant du plâtre mais aussi des briques, de la chaux, du ciment,... La carrière Lambert est la plus grande carrière à ciel ouvert d'Europe. Au cours des années 1930 et ensuite, une importante main d'œuvre exogène est importée : Bretons, Chinois, Polonais, Serbes, Tchèques, Portugais, Maghrébins. Cette immigration précoce et diverse fait encore aujourd'hui partie de la personnalité de la ville. Au cours des années 1980, l'exploitation de la carrière est appelée à cesser et le site manque de justesse de devenir la plus grande décharge du monde. Une courageuse mobilisation des citoyens contre leur maire ou les ministères concernés fera heureusement capoter ce projet. Le site de la carrière est peu à peu remblayé pour devenir un parc régional ornithologique qui devrait être un des parcs naturels les plus proches de Paris.
Encore plus qu'ailleurs les prix de l'immobilier à Cormeilles s'envolent, faisant perdre peu à peu ses quartiers populaires à la ville (notamment le quartier des ouvriers de la carrière, disparu en 1994 et remplacé par une cité-dortoir) et, paradoxalement, une partie de son cachet.
La mairie de Cormeilles achète peu à peu tous les derniers champs (car Cormeilles est restée une ville autant agricole qu'ouvrière jusqu'aux années 1960-1970) du bas de la ville et y permet l'établissement de nouvelles zones d'habitation pavillonnaires. Les nouveaux équipements municipaux ont eux aussi tendance à être prévus pour ces quartiers du futur, laissant le haut de la ville (quartier de l'église) sinistré, sans commerces et sans loisirs. La population de Cormeilles connaît en ce moment la plus forte augmentation de son histoire, mais curieusement Cormeilles a tout d'une petite ville : pas de cinéma, pas d'hôtels, presque pas de restaurants, deux supérettes mais aucun hypermarché, etc.


