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Le 11 septembre 1973 eut lieu au Chili un coup d'État emmené par Augusto Pinochet en collaboration avec la CIA, pour renverser la coalition socialo-communiste de Salvador Allende.
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Au début du XXe siècle, le Chili connaît une industrialisation galopante soutenue par la forte progression économique des États-Unis d'Amérique. Cette dépendance vis-à-vis des États-Unis fait que la crise économique des années 1930 se répercute durement au Chili. De là vient une certaine sensibilité sociale qui s'impose dès 1938 avec l'arrivée du Frente Popular au pouvoir. Le Chili s'engage alors des réformes : rôle accru de l'État dans l'économie, législation et protection sociale.
Lors du scrutin présidentiel de 1958, Jorge Alessandri arrive au pouvoir soutenu par les partis de droite. Dès 1960, il doit affronter une forte agitation sociale et lors des élections de 1964, Salvador Allende (coalition socialo-communiste) s'oppose à Edouardo Frei (démocrate-chrétien). Celui-ci est soutenu par le centre et la droite (opposés à Allende) ainsi que par les États-Unis qui financent sa campagne électorale et une campagne fondée sur l'anticommuniste. Frei gagne les élections, engage des réformes : syndicats, éducation, réforme agraire, services sociaux. Mais il doit faire face au Congrès (qui ne le soutient plus), à ses propres partisans (doutant de sa réforme agraire) ainsi qu'à l'inflation.
Au scrutin de 1970, la gauche et la droite se livrent à un combat de coqs. Le communiste Pablo Neruda retire sa candidature et forme avec les autres partis de gauche l'Unité Populaire. Cette nouvelle alliance des gauches présente le socialiste Salvador Allende pour candidat unique et prône d'importantes réformes, « une révolution par voies légales » (expropriation des grands propriétaires terriens, nationalisations.). Face à Allende, se présentent Rodomiro Tomic pour la démocratie-chrétienne et Alessandri (président en 1958). Les résultats sont très serrés : 27.8 % pour Tomic, 34.9 % pour Alessandri et 36.3 % pour Allende. Puisqu'il n'y a pas de majorité absolue, et comme le veut la constitution, c'est au Congrès qu'il revient de confirmer l'élu à la présidence. Celui-ci adopte précipitamment plusieurs amendements constitutionnels visant à limiter les pouvoirs du futur gouvernement et confirme Allende en tant que président de la République. Le nouveau président met rapidement en place le programme de l'Unité Populaire et les effets ne tardent pas à se faire sentir.
Mais les États-Unis ne sont guère satisfaits de l'expropriation de grandes compagnies américaines du cuivre et de l'entente entre la Havane et Santiago du Chili. Les États-Unis décident d'instaurer un blocus vis-à-vis du Chili et coupent tous les crédits sauf ceux de l'armée chilienne. Ils offrent par ailleurs des stages aux officiers chiliens.
Des difficultés d'approvisionnement, l'inflation galopante et les grèves ont vite fait de mettre Allende dos au mur. Celui-ci nomme Carlos Prats, chef des armées, au poste de ministre de l'Intérieur. Lors des législatives de 1973, l'Unité Populaire obtient 44 % des voix. Il semble que la décision d'une intervention militaire soit prise à ce moment-là. Bien qu'il ait sauvé le gouvernement d'un premier putsch en juin 1973 (un régiment de chars s'en était pris au palais présidentiel, la Moneda), Prats doit démissionner suites à de nouvelles grèves dans les professions libérales (financées par les États-Unis). Il est remplacé par Augusto Pinochet. Allende prépare un discours aux Chiliens pour annoncer un plébiscite le 11 septembre.
Le 11 septembre 1973 à 9 h du matin, la Moneda est assiégée par l'armée sous le commandement de Pinochet. On ne laisse qu'un choix à Allende : s'exiler, mais il refuse, fait évacuer sa famille et le personnel et meurt. On ne sait actuellement pas de quelle façon : selon son médecin il se serait suicidé avec une arme offerte par Fidel Castro, mais pour d'autres il serait mort assassiné par les soldats.
La junte militaire se forme alors, dirigée par un conseil de quatre soldats qui mettent à leur tête Pinochet :
À sa prise de pouvoir, Pinochet fait en sorte d'être seul à la tête du conseil et est proclamé Président de la république. Il s'attache aussitôt à consolider son pouvoir.
Le 13 septembre, la junte dissout le congrès et met hors-la-loi les partis membres de l'Unité Populaire. Le stade national est temporairement transformé en une immense prison ; 130 000 personnes sont arrêtées en trois ans dont des milliers dans les premiers mois.
Dans ses mémoires, Pinochet affirme avoir organisé le coup d'État, mais d'autres hauts gradés affirment qu'il n'avait été mis dans la « combine » que quelques jours avant l'opération.
Sous cette dictature, des milliers de Chiliens sont arrêtés, torturés, déportés, exécutés (les célèbres « Caravanes de la Mort »). Quelques chiffres : 50 000 morts, 400 000 personnes emprisonnées, un million d'exilés dont 160 000 exilés politiques. Vers 1985, Pinochet veut donner à sa dictature une image plus humaine, et il organise un plébiscite en 1988 : 55 % des Chiliens le rejettent.
Aujourd'hui, le Chili est à nouveau une démocratie, mais de nombreuses questions sur l'époque Pinochet n'ont pas encore trouvé de réponse. De nombreuse personnes accusées de crimes restent libres et de nombreux corps de disparus, enlevés par les « Caravanes de la Mort » n'ont pas encore été retrouvés, empêchant ainsi les familles de faire leur deuil. Ainsi, les femmes de disparus se sont regroupées, demandent justice et réclamer du gouvernement des enquêtes approfondies. Elles sont sous le coup de menaces.


