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Le créationnisme est une doctrine de pensée, soutenue jusqu'au XIXe siècle par les religions reconnaissant la Bible comme livre
sacré, puis depuis 1873 (Colloque de Niagara), essentiellement par certaines églises
chrétiennes, au moyen de la doctrine de l'inerrance et de l'autorité de la Bible.
Elle déclare que le monde a été créé de la façon littérale décrite dans la Genèse, et que Dieu a créé la terre en six jours réels, de vingt-quatre heures. Par conséquent, le premier jour de la création a débuté il y a environ 6000 ans, puisque la chronologie biblique donne cet âge à l'humanité.
Le créationnisme n'est donc pas simplement la croyance en la création, mais une doctrine détaillée de l'origine de la terre. Se réclamer du créationnisme va donc plus loin que croire en la création.
Le créationnisme est opposé à l'évolutionnisme.
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En 1859, Charles Darwin publie son essai sur l'origine des espèces qui est diversement reçu par les églises. Le clivage de l'intelligentsia européenne s'organise pour une bonne centaine d'années autour de ce livre et du Syllabus
Dans un premier temps, l'Église catholique lutte nettement contre le transformisme, ainsi nomme-t-on, alors, l'évolutionnisme. En 1893, l'encyclique Providentissimus Deus expose la chose comme suit :
Cette doctrine se nomme l'« inerrance de la Bible ».
Le motu proprio Sacrorum Antistitum ou serment anti-moderniste (1910) interdit de parler des questions qui fâchent, à savoir d'histoire des dogmes et de tout ce qui est « moderne ». Jusqu'à l'abandon de celui-ci en 1961, c'est-à-dire à la veille de la préparation du concile Vatican II, elle reste créationniste comme en témoignent les manuels d'apologétique investis de l'imprimatur et du nihil obstat, et interdit par exemple au jésuite paléontologue Pierre Teilhard de Chardin de continuer à publier ses travaux dans leur état du moment, bien que ne constestant pas son droit à les poursuivre sans inconvénient et à les communiquer en interne.
Après Vatican II, l'Église catholique reste discrète sur cette doctrine jusqu'au 23 octobre 1996 où le pape Jean-Paul II reconnaît que les théories de Darwin sont plus qu'une hypothèse.
Une immense majorité de chrétiens n'a pas attendu 1996 pour donner à ce passage principalement une valeur symbolique et poétique. Pour ceux-ci, l'ensemble de l'Univers reste l'œuvre de Dieu, façonné au cours des millénaires, selon un processus que tente de décrire la science et notamment la théorie de l'évolution de Darwin.
Les idées créationnistes n'ont cependant pas disparu et prospèrent même dans le monde anglo-saxon, aux États-Unis d'Amérique, où elles se sont propagées depuis le sud agricole du Bible Belt pour atteindre les couches diplômées de la population des États du nord, et en Australie en particulier. Elles ont été à l'origine de plusieurs procès.
Le plus fameux d'entre eux, dit le procès du singe, s'est déroulé en 1925, dans le Tennessee. Un jeune professeur, Thomas Scopes, y est inculpé pour avoir enseigné les lois de l'évolution, contrevenant à une loi de cet état qui l'interdit. À cette époque, l'opinion publique était majoritairement du coté de Scopes, aussi, même s'il récolta une légère amende, ce procès est considéré comme une victoire des évolutionnistes parce que l'opinion publique était favorable au professeur.
En 1981, sous la pression des créationnistes qui voulaient que leur croyance soit considérée comme une hypothèse scientifique concurrente aux théories de l'évolution, un procès fortement médiatisé s'est tenu à Little Rock, en Arkansas, où ont témoigné des biologistes, des physiciens, des épistémologues, des théologiens et des politologues.
Le dernier de ces procès célèbres voit s'affronter des fondamentalistes protestants australiens et Ian Plimer, professeur de géologie à l'université de Melbourne. Accompagnant le mouvement américain, l'État du Queensland autorise, au début des années 1980, l'enseignement du créationnisme en tant qu'hypothèse scientifique. Ian Plimer s'oppose à cet état de fait. Bien qu'il ait donné la preuve, au cours de six années de procès incessant, des fraudes scientifiques et financières des créationnistes australiens, les particularités du système judiciaire australien ont mis ce chercheur en grande difficulté.
La survivance de ce concept obscurantiste attriste ou rend furieux beaucoup de scientifiques à travers le monde, cette croyance étant loin d'être vaincue. Certains États américains interdisent l'enseignement des sciences de l'évolution au profit d'un créationnisme ne reposant sur aucune preuve concrète.
Depuis les années 1980, les arguments créationnistes sont devenus populaires parmi les musulmans, surtout en Turquie, Indonésie, Malaisie et dans la diaspora européenne et nord-américaine.


