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Critias (dialogue de Platon)


image:Platon.jpg
Cet article fait partie de la série
Les dialogues de Platon
Premiers dialogues
Second Alcibiade
Hippias mineur
Premier Alcibiade
Euthyphron
Lachès - Charmide
Lysis - Hippias Majeur
Ion
'
Protagoras - Euthydème
Gorgias - Ménexène
Ménon
Apologie de Socrate
Criton - Cratyle
'
Phédon - Le Banquet
La République - Phèdre
Les grands dialogues
Théétète - Parménide
Le Sophiste - Philèbe
Le Politique - Timée
Critias - Les Lois
Authenticité douteuse
Les Rivaux - Théagès
Minos - Clitophon


Critias ou Concernant Atlas est un dialogue de Platon.

Personnages du dialogue : Timée, Socrate, Hermocrate, Critias.

Platon, dans Le Timée et le Critias, s'attache à la description d'une cité idéale. Le philosophe grec poursuit dans ces deux ouvrages un but précis : démontrer aux hommes de son époque que dans les temps anciens la Grèce avait été capable de vaincre des ennemis puissants, commandés par des rois fabuleux. Ces livres constituent donc une mise en garde contre une décadence possible de la cité grecque, pour peu qu'elle abandonne les principes qui ont fait sa force.

Dans le Critias, Platon apporte des précisions sur l'organisation du royaume de l'Atlantide. En outre, il précise que les Égyptiens ont été les premiers à écrire cette histoire. Que celle-ci ait passé en Grèce, rien d'étonnant: il y avait des relations constantes entre les deux riverains de la Méditerranée, et Platon lui-même séjourna à Alexandrie, alors l'un des hauts lieux de la pensée, et aussi un creuset où se fondaient, les unes dans les autres, toutes les doctrines de l'époque.

C'est encore Critias qui parle :

« Les dieux divisèrent, par tirage au sort, toute la terre en lots, plus grands ici, plus petits ailleurs. Poséidon (dieu de la mer) installa. en certain lieu de cette île, les enfants qu'il avait engendrés d'une femme mortelle... sur une montagne habitait alors un des hommes qui, dans ce pays-là, étaient à l'origine nés de la terre. Son nom était Eveno, et il vivait avec une femme, Leucippe. Ils donnèrent naissance à une fille unique, Clito... Poséidon la désira et s'unit à elle. Or, la hauteur sur laquelle elle vivait, le dieu la fortifia et l'isola en cercle. À cet effet, il fit des enceintes de mer et de terre, petites et grandes... Poséidon embellit l'île, il fit jaillir deux sources d'eau, l'une chaude, l'autre froide, et fit pousser sur la terre des plantes nourricières de toute sorte. Là, il engendra et éleva cinq générations d'enfants mâles et jumeaux. Il divisa l'île Atlantide en dix parties. L'aîné devint roi, au-dessus de tous les autres. il fit de ceux-ci des princes vassaux... À tous, il imposa des noms : le plus ancien, le roi, reçut le nom qui a servi à désigner toute cette île et la mer qu'on appelle Atlantique, parce que le nom du premier roi fut Atlas, »

Suit alors la description matérielle du royaume :

« Les rois avaient des richesses en telle abondance que jamais sans doute avant eux nulle maison royale n'en posséda de semblables et que nulle n'en possédera aisément de telles à l'avenir. L'ile leur fournissait tous les métaux durs ou malléables (vraisemblablement le plomb et l'étain) que l'on peut extraire des mines En premier lieu, celui dont nous ne connaissons plus que le nom, l'orichalque (l'airain, ou cuivre pur); c'était le plus précieux, après l'or, des métaux qui existaient en ce temps-là. L'île fournissait avec prodigalité tout ce que la forât peut donner de matériaux propres au travail des charpentiers. De même, elle nourrissait en suffisance tous les animaux domestiques ou sauvages. Elle donnait encore et les fruits cultivés, et les graines qui ont été faites pour nous nourrir et dont nous tirons les farines. Ainsi, recueillant sur leur sol toutes ces richesses, les habitants de l'Atlantide construisirent les temples, les palais des rois, les ports. »

Mais, comme toujours, après la splendeur de l'été survient l'automne de la décadence :

« Pendant de nombreuses générations, les rois écoutèrent les lois et demeurèrent attachés au principe divin auquel ils étaient apparentés.. mais quand l'élément divin vint à diminuer en eux, par l'effet du croisement avec de nombreux mortels. ils tombèrent dans l'indécence... »

Le Critias s'arrête là. Platon n'écrira jamais la suite, dans laquelle il devait détailler la guerre des Athéniens contre les Atlantes.



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