Croissance économique
Définition
La croissance économique est une formule utilisée par les économistes et journalistes pour désigner la hausse
du PIB d'un pays. Le contenu de la croissance économique n'est pas un simple
accroissement des volumes produits, mais aussi l'effet de l'innovation apportant des produits et services plus sophistiqués,
variés, performants ou adaptés à des besoins nouveaux.
L'expression croissance économique a ainsi une connotation généralement très positive, en permettant, selon ses partisans, d'élever le niveau de
vie de la population et de créer de l'emploi.
Lorsque la croissance du PIB est négative, c'est-à-dire lorsque le PIB diminue, on parle de récession. On n'utilise généralement ce terme que lorsque le PIB s'est réduit durant au moins deux
semestres consécutifs.
Pour 2003 le taux de croissance en France est de 0,2%. Le PIB est évalué à 1556 milliards d'€ et il devrait être de 1612
milliards d'€ en 2004.
Créer la croissance
Voici une liste de moyens généralement préconisés pour favoriser la croissance économique, du moins sur le court terme, dans
le cadre du cycle économique, indépendamment des aspects
structurels liés au développement
économique à long terme. Ces mesures sont parfois spécifiques à la pensée libérale, revue par le keynésianisme.
Encourager la consommation
- Baisser le taux d'intérêt de la banque centrale qui définit les
autres taux des banques (pour les emprunts et dépôts). Cette mesure encourage d'une part les entreprises à emprunter donc à
investir. D'autre part cela éloigne les risques de déflation. La déflation
est très crainte par les économistes car elle entraîne la récession et qu'il est très difficile de lutter contre elle, lorsque
les taux d'intérêts sont au minimum. En effet, lorsqu'un pays connait une déflation, les gens ont tendance à consommer moins et
attendre puisque les prix chutent (ils réalisent ainsi des économies).
- Baisse des impôts des particuliers (surtout des ménages les plus modestes qui ne
vont pas thésauriser et vont dépenser cet argent pour combler leurs besoins essentiels) et entreprises. Cette mesure encourage
les entreprises à investir comme dans le cas de la baisse d'intérêt et les ménages à consommer donc à favoriser les entreprises.
- Désavantage : creusement du déficit du budget de l'État.
- Augmentation des dépenses de l'État. Cette mesure favorise la création de l'emploi car l'État investit dans des projets. Ces
emplois créent par répercussion d'autres emplois et favorisent ainsi la croissance. D'autre part, cette mesure possède un
avantage sur la réduction des impôts : dans le cas de la réduction de la charge fiscale, les ménages peuvent accumuler
l'argent supplémentaire dont ils disposent (épargne) au lieu de consommer, alors
que dans le cas des investissements du gouvernement, on est sûr que l'argent soit dépensé. D'un autre côté, il est aussi
important que les ménages gardent des épargnes suffisamment élevées pour pouvoir absorber le coup, en cas de crise économique.
- Désavantage : creusement des déficits et critiques car les investissements de l'État doivent être bien ciblés et
l'efficacité est controversée.
Encourager les exportations
- Faire baisser le cours de la devise nationale (dévaluation, taux de change bas, discours en faveur de la baisse,
ventes/achats de devise par la banque nationale). Cette mesure favorise les exportations, car les produits vendus à l'étranger
reviennent moins chers pour les autres pays.
- Désavantage : le coût des importations augmente, le pouvoir d'achat baisse donc.
- User de pratiques commerciales (comme des subventions) qui ont pour but de rendre les produits nationaux plus compétitifs sur
le marché mondial. Ce genre de démarches est aujourd'hui freiné par les accords de l'Organistation Mondial du Commerce (OMC), du moins au sein des pays membres.
Controverse
La croissance économique n'est cependant pas unanimement admise comme étant le modèle économico-politique idéal. Ses
détracteurs dénoncent les désavantages suivants :
- Si chaque pays désire gagner plus avec ses exportations qu'il ne dépense avec ses importations, ce qui en toute logique ne
peut arriver à tous, le système est déséquilibré. On peut craindre, dans ce genre de situations, que les plus puissants ne
peuvent que dérober aux moins puissants et se concurrencer férocement les uns les autres. Cette concurrence peut expliquer
certaines suppressions d'emplois dans les pays puissants et des baisses de salaires dans les pays moins puissants.
- Elle crée des frictions avec la nature. Celle-ci est exploitée s'il y a recherche de croissance immédiate du profit, car
alors on peut ne pas se satisfaire de mieux gérer les ressources qu'on extrait déjà, mais on augmente aussi l'extraction. Or si
la priorité n'est pas donnée à une meilleure gestion (et donc aussi un meilleur recyclage), il y a des pertes de potentiel
d'extractions, de ressources.
- Une croissance matérielle sans limites entre en conflit avec la loi de l'entropie, à supposer qu'elle s'applique en l'occurrence, étant un peu contredite par la théorie moderne des
systèmes dynamiques, où la régle est plutôt l'auto-organisation
spontanée (criticalité auto
organisée) à des niveaux de plus en plus complexes. Toujours est-il que Nicholas Georgescu-Roegen, affirmant démontrer les limites de la croissance, a jeté les bases du
concept de décroissance durable qui commence à se
faire entendre.
Diverses sortes de personnes défendent ce point de vue qui leur est commun. Seules les alternatives et les solutions varient.
Ici, comme dans beaucoup d'autres débats dont celui de l'alter-mondialisation, on retrouve tant des opinions très radicales que très modérées, tant de gauche,
que de droite.
Zone euro
L'Allemagne a connu une croissance négative du PIB au début de l'année 2003 et la France
une croissance très faible du PIB. Cette situation a accentué les déficits budgétaires de ces deux états (les budgets étant basés
sur des perspectives de croissance), ce qui a suscité des critiques de la part du reste de l'Union Européenne en raison du pacte de stabilité qui la régit :
les pays membres ne peuvent pas avoir un déficit public supérieur à 3% de leur PIB. Selon les critiques, ce pacte doit être
réformé car il ne permet pas aux États d'encourager la croissance par la baisse des impôts et les investissements de l'État.
Voir aussi
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