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Cyclone tropical

En météorologie, un cyclone tropical (ou, informellement, typhon ou ouragan) est un type de dépression qui prend généralement forme dans les tropiques.

Structurellement, un cyclone tropical est une large zone de nuages en rotation, de vent, et d'orages. La source d'énergie principale d'un cyclone tropical est le dégagement de chaleur latente causé par la condensation de vapeur d'eau en altitude. On peut ainsi considérer le cyclone tropical comme une machine thermique, au sens de la thermodynamique.

L'importance de la condensation comme source principale d'énergie différencie les cyclones tropicaux des autres phénomènes météorologiques, comme les dépressions des latitudes moyennes, qui puisent leur énergie plutôt dans les gradients de température pré-existants dans l'atmosphère. Pour conserver la source d'énergie de sa machine thermodynamique, un cyclone tropical doit demeurer au-dessus de l'eau chaude, qui lui apporte l'humidité atmosphérique nécessaire. Les forts vents et la pression atmosphérique réduite au sein du cyclone stimulent l'évaporation, ce qui entraîne une rétroaction positive.

Le dégagement de chaleur latente dans les niveaux supérieurs de la tempête élève la température à l'intérieur du cyclone par quinze à vingt degrés Celsius au-dessus de la température ambiante dans la troposphère à l'extérieur du cyclone. Pour cette raison, on dit des cyclones tropicaux qu'ils sont des tempêtes à « noyau chaud ». Notons toutefois que ce noyau chaud n'est présent qu'en altitude - la zone touchée par le cyclone à la surface est habituellement plus froide par quelques degrés par rapport à la normale, en raison des nuages et de la précipitation.

Sommaire

Classification et terminologie

Les cyclones tropicaux sont divisés en trois groupes principaux: les dépressions tropicales, les tempêtes tropicales, et un troisième groupe dont le nom varie selon les régions.

Une dépression tropicale est un système organisé de nuages et d'orages avec une circulation atmosphérique définie en surface et des vents soutenus maximum de moins de 17 mètres par seconde (33 noeuds ou 38 mi/h ou 62 km/h).

Destruction à la Grenade de l'ouragan Ivan en septembre 2004
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Destruction à la Grenade de l'ouragan Ivan en septembre 2004

Une tempête tropicale est un système organisé de nuages et d'orages avec une circulation définie en surface et des vents soutenus maximum entre 17 et 33 mètres par seconde (34-63 noeuds ou 39-73 mi/h ou 62-117 km/h).

Le terme utilisé pour décrire un cyclone tropical dont le vent soutenu maximum excède 33 mètres par seconde varie selon les régions, comme suit:

(Cette terminologie est définie par l'Organisation Météorologique Mondiale (OMM). Voir liens en fin d'article).

Au Royaume-Uni et en Europe, de fortes tempêtes de l'Atlantique Nord-Est sont parfois appelées « ouragans », même si elles proviennent rarement de tropiques. Ces tempêtes de vent peuvent générer des vents de la force d'un ouragan mais on ne leur attribue pas de nom.

À d'autres endroits dans le monde, les cyclones tropicaux ont reçu les noms de willy-willy en Australie, Baguio aux Philippines, Chubasco au Mexique et Taino en Haïti.

On utilise une échelle de 1 à 5 pour catégoriser les ouragans selon la force de leur vent, selon l'échelle de Saffir-Simpson. Un ouragan de catégorie 1 a les vents les plus faibles, alors qu'un ouragan de catégorie 5 est le plus intense. Cette classification est relative, car des cyclones de catégories inférieures peuvent tout de même causer des dommages supérieurs à ceux des catégories supérieures, selon l'endroit frappé et les dangers qu'elles provoquent. En fait, les tempêtes tropicales peuvent elles aussi causer de graves dommages et des pertes de vies, surtout en raison des inondations.

Le National Hurricane Center (le centre de prévision des cyclones tropicaux aux États-Unis) classifie les ouragans de catégorie 3 et plus comme étant des ouragans majeurs. Le Joint Typhoon Warning Center classifie les typhons dont les vents atteignent au moins 150 mi/h (241 km/h) comme étant des super typhons.

La définition de vents soutenus recommendée par l'OMM est une moyenne de dix minutes. Cette définition est adoptée par la plupart des pays. Toutefois, quelques pays utilisent des définitions différentes : les États-Unis, par exemple, définissent les vents soutenus en vertu d'une moyenne d'une minute, mesurée à 10 mètres au-dessus de la surface.

Les ingrédients d'un cyclone tropical incluent une perturbation météorologique pré-existante, des mers tropicales chaudes, de l'humidité, et des vents relativement faibles en altitude. Si les conditions requises persistent suffisamment longtemps, elles peuvent se combiner pour produire les vents violents, les vagues incroyables, les pluies torrentielles, et les inondations qui sont associées à ce phénomène.

Il existe une contrepartie polaire au cyclone tropical, appelé un cyclone arctique.

Lieux de formation

Presque tous les cyclones tropicaux se forment à moins de 30 degrés de l'équateur et 87% se forment à moins de 20 degrés de celui-ci. Comme la force de Coriolis donne aux cyclones leur rotation initiale, ceux-ci se forment rarement à moins de 10 degrés de l'équateur (où la force de Coriolis est à son plus faible). La formation d'un cyclone tropical à l'intérieur de cette limite est toutefois possible si une autre source de rotation initiale se manifeste. Ces conditions sont extrêmement rares et de telles tempêtes se forment, croit-on, moins d'une fois par siècle.

La plupart des cyclones tropicaux se forment dans une bande d'orages tropicaux qui encercle le globe terrestre, et qu'on appelle la zone de convergence inter-tropicale (ZCIT).

De par le monde, il se forme en moyenne 80 cyclones tropicaux par année.

Principaux bassins

Il y a sept principaux bassins de formation des cyclones tropicaux:

Zones de formation inhabituelles

Les zones suivantes produisent très rarement des cyclones tropicaux:

Caractère saisonnier

Sur l'ensemble du globe, la fréquence des cyclones tropicaux atteint son maximum vers la fin de l'été, alors que l'eau est la plus chaude. Chaque bassin a toutefois ses propres caractéristiques saisonnières.

Dans l'Atlantique Nord, une saison des ouragans bien démarquée commence au début juin et se termine fin novembre, avec une forte poussée au début de septembre. Le nord-est du Pacifique a une période d'activité plus large mais similaire à celle de l'Atlantique. Le nord-ouest du Pacifique produit des cyclones tropicaux toute l'année, avec un minimum en février et une pointe au début de septembre. Dans le bassin du nord de l'océan Indien, les cyclones sont plus fréquents d'avril à décembre, avec des pointes en mai et en novembre.

Dans l'hémisphère sud, la formation de cyclones tropicaux commence à la fin octobre et se termine en mai. Les pointes surviennent en mi-février et début mars.

Structure

Un cyclone tropical intense comprend les éléments suivants:

Formation et développement

La formation des cyclones tropicaux est toujours un sujet de recherche scientifique intensive, et n'est pas encore complètement comprise. Cinq facteurs sont toutefois nécessaires pour que la formation d'un cyclone tropical soit possible:

  1. La température de surface de la mer doit dépasser 26,5 degrés Celsius jusqu'à une profondeur d'au moins 50 mètres. L'eau chaude est la source d'énergie des cyclones tropicaux. Lorsque ces tempêtes se déplacent sur la terre ou sur des eaux plus froides elles faiblissent rapidement.
  2. Les conditions doivent être favorables à la formation d'orages. La température atmosphérique doit diminuer rapidement avec l'altitude, et la troposphère moyenne doit être relativement humide.
  3. Une perturbation atmosphérique pré-existante. Le mouvement vertical ascendant au sein de la perturbation aide au démarrage du cyclone tropical. Un type de perturbation atmosphérique relativement faible, sans rotation, appelé onde tropicale sert généralement de point de départ à la formation des cyclones tropicaux.
  4. Une distance de plus de 10 degrés de l'équateur. La force de Coriolis démarre la rotation du cyclone et contribue à son maintien. Dans les environs de l'équateur, la force de Coriolis est quasi-nulle, ce qui interdit le développement de cyclones.
  5. Absence de cisaillement vertical du vent (un changement de force ou de direction du vent avec l'altitude). Trop de cisaillement endommage ou détruit la structure verticale d'un cyclone tropical, ce qui empêche ou nuit à son développement.

À l'occasion, un cyclone tropical peut se former en dehors de ces conditions. En 2001, le typhon Vamei s'est formé à seulement 1,5° au nord de l'équateur, à partir d'une perturbation pré-existante et des conditions atmosphériques relativement fraîches reliées à la mousson. On estime que les facteurs qui ont mené à la formation de ce typhon ne se répètent qu'aux 400 ans.

Quand un cyclone tropical de l'Atlantique atteint les latitudes moyennes et prend sa course vers l'est, il peut se ré-intensifier sous la forme d'une dépression de type barocline (aussi appelée frontale). De telles dépressions des latitudes moyennes sont parfois violentes et peuvent à l'occasion conserver des vents de force d'ouragan lorsqu'elles atteignent l'Europe.

Observation

Les cyclones tropicaux intenses posent un problème particulier quant à leur observation. Comme il s'agit d'un phénomène océanique dangereux, on dispose rarement d'instruments sur le site même du cyclone, sauf lorsque celui-ci passe sur une île ou une zone côtière, ou un navire infortuné se trouve pris dans la tempête. Même dans ces cas, la prise de mesures en temps réel n'est possible qu'en périphérie du cyclone, où les conditions sont moins catastrophiques.

La prise de mesures au sein même du cyclone est toutefois possible par avion. Des avions spécialement équipés, généralement de gros quadrimoteurs turbopropulsés, peuvent voler dans le cyclone, prendre des mesures directement ou à distance, et y lancer des sondes.

On peut aussi imager la tempête par radar, et par satellite météo en lumière visible et en infrarouge.

Effets

L'après-coup de l'ouragan Andrew, le cyclone tropical le plus coûteux de l'histoire des États-Unis
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L'après-coup de l'ouragan Andrew, le cyclone tropical le plus coûteux de l'histoire des États-Unis

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Le relâchement de chaleur dans un cyclone tropical mature peut excéder 2x1019 watts. Cela équivaut à détonner une bombe thermonucléaire de 10 mégatonnes à toutes les 20 minutes. Les cyclones tropicaux au grand large causent de grosses vagues, de la pluie forte, et des vents violents. Ceci dérange les routes de navigation et coule parfois des navire. Toutefois, les effets les plus dévastateurs des cyclones tropicaux se produisent quand ils frappent la côte et entrent dans les terres. Dans ce cas, un cyclone tropical peut causer du dommage de 4 façons:

Les effets secondaires d'un cyclone tropical sont souvent aussi destructeurs:

Cyclones notables

Cyclones historiques

Hugo (cyclone)

Actualités

Liens externes




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