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Le Darfour est une région de l'ouest du Soudan, dans le désert du Sahara. Elle est majoritairement peuplée par des populations musulmanes comme l'est le Soudan (sauf dans sa partie sud à majorité animiste). Administrativement, le Darfour se compose des provinces Gharb Darfour, capitale Al-Genaina, Chamal Darfour, capitale Al Fachir et Djanoub Darfour, capitale Nyala.
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Le Darfour couvre une surface de 196 555 km² et sa population est estimée à 3,1 millions d'habitants. Composé essentiellement d'un plateau aride, les monts Marrah (Jebel Marra), une chaîne volcanique culminant à 1 830 m, formant le centre de la région. Le nord est couvert d'un désert de sable, alors que le sud est couvert d'une savane. Les principales localités de la région sont Al Fachir et Geneina.
Le Darfour se trouve au sud-ouest du Soudan : 5-6 millions de personnes y vivent; la région a un très faible niveau de développement : seulement un tiers des filles (pour 44,5 % des garçons) vont à l'école primaire. La découverte du pétrole dans cette région a aussi excité les convoitises. Trois tribus principales sont installées au Darfour : les Fur (qui a donné son nom au Darfour), les Masalit et les Zaghawa. Jusqu'à présent, le passage des chameliers arabes dans le sud était demeuré sans incidents.
Le Soudan sort à peine d'un conflit qui a duré une vingtaine d’années depui s1983 entre les rebelles du sud et le gouvernement soudanais. Ce conflit a fait près de 2 millions de morts.
Pendant l'hiver 2003, l’opposition au président soudanais Omar al-Bachir se réveille. En représailles, Khartoum laisse agir les milices arabes (les djandjawids) dans tout le Darfour. Les armées soudanaises bombardent les villages du Darfour. Choukratalla, ancien officier de l'armée soudanaise, est le « chef des janjawids ». Les populations sont victimes de bandes armées que le gouvernement de Khartoum semble laisser faire. Plus grave, humanitaires et diplomates accusent le gouvernement d'avoir armé et payé les Djandjaouids.
En avril 2004 un cessez-le-feu est décrété ; mais les violences se poursuivent. En mai 2004, selon le journal allemand Die Welt, la Syrie aurait testé des armes chimiques dans le Darfour ; des officiers syriens ont rencontré des représentants du gouvernement soudanais dans la banlieue de Khartoum. La délégation syrienne aurait notamment « offert une coopération étroite dans le domaine de la guerre chimique ». De son côté, Khartoum aurait « conseillé de tester des armes chimiques sur la population » du Darfour.
Le 3 juillet 2004, lors de la venue à Khartoum du secrétaire général de l'ONU, Kofi Annan, les autorités soudanaises se sont engagées à désarmer les milices Djandjaouids (milices arabes) qui sont accusées de viols, de meurtres et de pillages dans les villages du Darfour. Les Nations Unies estiment depuis que peu de progrès avaient été enregistrés. « Je regrette de devoir dire que des attaques de milices djandjaouid continuent d'avoir lieu », déplorait le 21 juillet 2004, Kofi Annan.
Le 23 juillet 2004, l'ONU estime à 30 000 le nombre de personnes tuées en quinze mois et, plus d'un million ont été déplacées par les combats. Quelque 180 000 d'entre eux se sont massés dans des camps aux conditions de vie précaires de l'autre côté de la frontière tchadienne. Des discussions avec les milices ont été engagées à partir du 23 août 2004, organisées par l’Union africaine. Elles ont pour but de désarmer les milices et de garantir la sécurité des populations locales.
Le 18 septembre 2004, Le Conseil de sécurité de l'ONU adopte une résolution sur le Darfour (résolution 1564). Le texte menace le Soudan de sanctions pétrolières s'il ne remplit pas l'engagement de restaurer la sécurité au Darfour et ne coopère pas dans ce but avec l'Union africaine. Le ministre des affaires étrangères soudanais, Moustafa Osmane Ismaïl, a fait savoir qu'il rejetait ce nouveau projet de résolution.
Les destructions, les villages rasés, la politique de terre brûlée (attaque et vol du bétail, champs incendiés) forcent les populations à partir (200 000 réfugiés au Tchad et 1,4 millions de déplacés en septembre 2004)
Le bilan humain s'alourdit depuis février 2003 : meurtres, viols, y compris de fillettes sont rapportés par les témoins dans les camps de réfugiés. Les premières victimes de la crise sont les enfants. Les causes de mortalité infantiles sont multiples : sous-nutrition (un bol par jour d'assida, c'est-à-dire d'un mélange de farine et d'eau), maladies diarrhéiques provoquées par la pollution de l'eau, blessures, pneumonies, fièvres. Un génocide : au mois de juillet 2004, le congrès des États-Unis vote à l’unanimité une résolution pour donner un nom aux exactions des djandjawids au Soudan : génocide. Se référant à une enquête faite pendant l’été 2004 dans 19 camps de réfugiés soudanais au Tchad, le secrétaire d’Etat américain Colin Powell qualifie les événements du Darfour de génocide en septembre 2004. Il souhaite ainsi dénoncer les violences des milices arabes sur les populations du Darfour. Les rebelles sont satisfaits de cette reconnaissance et réclament une intervention directe de la communauté internationale.
D'autres comme Marc Lavergne, spécialiste du Soudan au CNRS, considère que le conflit du Darfour n’est pas racial, il a acquis la certitude que le problème majeur de ce pays vient des gouvernements médiocres qui se sont succédé depuis l’Indépendance. Ceux là même qui ont ignoré les provinces périphériques de la capitale, dont le Darfour, et qui instrumentalisent aujourd’hui des miliciens à des fins économiques. (lien article plus bas)
Les camps de réfugiés : Ardamata, Zalingei, Murnei, Niertiti et El-Geneina. À Ryad, les réfugiés sont essentiellement des femmes et des enfants. Les ONG, le Programme Alimentaire Mondial et le Haut Commissariat aux réfugiés se plaignent. Le manque de sécurité gêne le travail des ONG ; plusieurs travailleurs humanitaires soudanais ont été enlevés. Le président soudanais est accusé
Les conséquences locales : beaucoup d'hommes s'engagent dans l’armée rebelle pour combattre des milices. Les principaux mouvements rebelles sont :
Plusieurs Djandjawids ont été condamnés par la justice locale à la peine de mort. Des amputations de mains et de pieds ont été également prononcées contre les voleurs.


