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La décolonisation est un processus d'émancipation des colonies par
rapport aux métropoles, elle implique la prise d'indépendance de ces pays. Elle commenca
dès 1775 en Amérique, mais c'est au
lendemain de la Seconde Guerre mondiale que le terme
naît, au moment où le phénomène prend une véritable ampleur mondiale avec la naissance des nationalismes. On peut dire qu'elle n'est pas encore terminée à ce jour.
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La Seconde Guerre mondiale entraîne une perte de prestige des empires coloniaux : L'image d'invincibilité est morte. Pendant la guerre, Britanniques et Français ont eu besoin des colonies et ont multiplié les promesses d'émancipation. Pourtant, en 1944 lors de la conférence de Brazzaville, la France refuse l'autonomie et l'indépendance à ses peuples. Après 1945, l'opinion politique évolue en France.
Les pays colonisés sont victimes d'exploitation au service d'une économie d'exportation. Ces peuples accèdent à la conscience politique en retournant contre les pays colonisateurs ses propres valeurs.
L'opinion international est de plus favorable à la décolonisation, par l'intermédiaire de la Charte de l'Atlantique, de l'ONU, de la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme ou encore des intellectuels comme Jean-Paul Sartre. La décolonisation est devenue, après 1945, une évolution inéluctable.
La France entreprend de reconquérir l'Indochine en octobre 1945 avec le général Leclerc. En décembre 1946, la guerre éclate car les Français ne s'entendent pas avec Hô Chi Minh, le dirigeant du Viêt-Minh. Cette guerre est aussi un conflit de la guerre froide, car la France considère le Viêt-Minh comme un groupe terroriste et révolutionnaire, manipulé par le Parti Communiste indochinois. La France cherche alors une solution politique : en juin 1948, elle reconnaît l'indépendance d'un Viêt-Nam dirigé par Bao Dai. La guerre s'internationalise en 1949 lorsque les Chinois apportent une aide directe au Viêt-Minh. Les Américains soutiennent financièrement la France. En 1954, la défaite de Diên Biên Phu oblige la France à se retirer. Le gouvernement Mendès France décide de liquider la question indochinoise à la conférence internationale de Genève. L'indépedance du Laos, du Cambodge et du Viêt-Nam est alors proclamée en 1954.
Dès 1956, la France quitte ses protectorats tunisien et marocain. La guerre d'Algérie éclate en 1954 par une série d'attentats du FLN dirigé par Ahmed Ben Bella, un groupe partisant de l'action violente qui réclame l'indépendance. Le choc est rude pour la France qui considère l'Algérie comme territoire français où vivent un million d'Européen sur dix millions d'habitants, les Pieds-Noirs. Ces derniers refusent catégoriquement l'indépendance et menacent la France de se révolter si l'Algérie devait s'émanciper. Cette guerre mobilise de gros moyens militaires et politiques. En 1957, les parachutistes du général Massu investissent Alger et démentèlent le réseau FLN. Les succès militaires français sont incontestables, mais les moyens employés, notamment la torture, heurtent l'opinion française. En Algérie, la cause nationaliste progresse, soutenue par l'ONU. À partir de 1959, le général de Gaulle engage le processus qui conduira à l'indépendance de l'Algérie. Le 16 septembre 1959, il reconnaît le droit des Algériens à l'auto-détermination. Il se heurte à la résistance des pieds-noirs, qui, les plus extremistes, tentent un putsch en avril 1961. Ce dernier est un échec, mais les pieds-noirs persistent et crééent l'OAS, l'Organisation de l'Armée Secrète, dans le but de s'opposer aux négociations. Le 18 mars 1962, l'indépendance de l'Algérie est proclamée via les accords d'Évian.
Les colonies portugaises, l'Angola et le Mozambique, accèdent à l'indépendance au terme de guérillas interminables en 1974, après la révolution des œillets qui renverse le régime salazariste.
L'Inde accèdent à l'indépendance en 1947 lorsque les Britanniques décident de partir brusquement, provoquant la panique, des massacres et des exodes massifs car laissant les Indous et les Musulmans dans une non-entente sur le partage du pays.
Les colonies britanniques de l'Afrique Noire vont s'émanciper d'une manière exemplaire car les Britanniques administrent ces pays directement. Cependant, les exeptions existent : c'est le cas du Nigeria, du Zimbabwe et de la Namibie qui s'émancipent respectivement en 1958, 1980 et 1990.
L'émancipation des colonies françaises est d'abord lente, parce que les revendications des Africains sont le plus souvent limitées, hormis l'île de Madagascar, théâtre en 1947 d'une dramatique insurrection. À partir de 1956 s'engage un processus qui permet un transfert progressif de souveraineté. D'abord par la loi-cadre Defferre (1956) qui accorde un début d'autonomie interne aux territoires d'Outre-Mer. Ensuite, en 1958 par la nouvelle constitution de la 5ème République. Lors d'un référundum le 28 septembre 1958, tous acceptent, à l'exeption de la Guinée, d'entrer dans une communauté conduite par la France.
L'indépendance du Congo Belge est dramatique. Une situation explosive naît du contraste enre le conservatisme des autorités Belges et l'évolution des mentalités. En 1959, après de graves émeutes, la Belgique accorde l'indépendance au Congo en 1960. Une terrible guerre civile éclate. Le gouvernement congolais dirigé par Patrice Lumumba demande assistance à l'ONU. La situation vire à l'anarchie, Lumunba est assassiné. Le coup d'État du colonel Mobutu en 1965 consacre la victoire des militaires sur les civils et le retour à l'ordre, mais instaure pour 32 ans l'une des dictatures les plus corrompues de la planète.
L'Allemagne, bien qu'ayant perdu toutes ses colonies après la Première Guerre mondiale fut un acteur influent dans le processus de décolonisation. En participant à la surenchère internationale que ces pays durent subir pendant la Seconde Guerre mondiale. Le régime nazi tenta grâce à la radio de sapper le moral et de créer des révoltes dans les colonies. Elle tenta de se rapprocher des pays dominés par les alliés afin d'obtenir des matières premières, et devint de cette manière amie des colonies. Cette démarche participa au processus de décolonisation, car en proposant plus que les métropoles, l'Allemagne provoqua une autoréflexion sur la situation dans les colonies.
Les différentes chartes et accords qui voient le jour au lendemain de la Seconde Guerre mondiale seront un agent émancipateur très important pour les colonies. Elle prévoient des possibilités d'autodétermination et affirment le principe de nationalité. Certaines d'entre-elles serviront aussi à contrer la propagande allemande.
Voir aussi : Charte de l'OTAN - Charte de l'ONU
Avec la conférence de Bakou, en 1920 déjà, les soviétiques s'intéressent aux problèmes de la décolonisation, ils assimilent les colonisés au prolétariat, ceux-ci sont donc à libérer. Après la mort de Lénine, deux thèses s'opposent, celle de Staline, pour une consolidation et celle de Trotsky pour l'internationalisme. C'est Staline que l'emportera, et concentrera dès lors ses efforts sur l'Europe.
C'est à la mort de Staline (5 mars 1953) que l'URSS commencera à soutenir les indépendances, avec la guerre froide, ceux-ci s'opposeront dans les pays du Tiers-Monde aux américains. Il y a une surenchère incessante entre ces deux pays pour obtenir le plus grand contrôle, et la plus grande influence possible dans ces pays.
En Europe, l'Union soviétique a tenté de se légitimer grâce à la propagande contre les capitalistes, en en montrant les principaux désavantages. Mais lors de l'ouverture de l'image à l'ouest, notamment grâce à la télévision, la propagande devint inutile.
Les États-Unis se disent clairement anti-colonialistes avec par exemple Franklin Roosevelt. Symboliquement, Harry Truman lors de son discours sur l'état de l'Union de 1949 ouvre l'ère du développement (par opposition au sous-développement caractéristique des pays colonisés) et prône l'aide. Après ce discours, le Congrès des États-Unis adoptera l'Act for international development et tant l'ONU que l'Europe créeront des institutions de coopération.
Mais ce discours, s'il est porteur d'espoir, n'en est pas moins jugé par certains comme paternaliste, aussi, il ne s'adresse qu'aux peuples pacifiques, c'est-à-dire aux pays non communistes.


