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Didier Daeninckx, né en 1949 à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis) est un écrivain français, auteur de roman noir, de nouvelles et d'essais.
Issu d'une famille modeste, Didier Daeninckx prend résolument le parti d'orienter son œuvre vers une critique sociale et politique au travers de laquelle il aborde certains dossiers du moment (la politique des charters, le révisionnisme etc.) et d'autres d'un passé parfois oublié (manifestation FLN du 17 octobre 1961) et qui ne l'est plus désormais. Cette enquête historique le conduit parfois à quitter le domaine policier pour un réalisme social que souligne d'autant mieux sa parfaite sobriété stylistique.
À dix-sept ans il devient ouvrier imprimeur, puis animateur culturel et enfin journaliste localier. C'est au cours d'une période de chômage qu'il écrit un premier roman qui passe complètement inaperçu, Mort au premier tour (1982), où l'on voit apparaître le personnage névrosé de l'inspecteur Cadin. Le second, Meurtres pour mémoire (1984) qui, bien avant le procès Papon, place sous les feux de la rampe la dérive sanglante de la manifestation FLN du 17 octobre 1961, est en revanche bien accueilli. Cet ouvrage publié dans la Série noire lui ouvre les portes de la notoriété.
Suivent la même année le Géant inachevé, toujours avec Cadin, dans lequel il s'attaque à la corruption du mileu politique, et Le der des der, dedié à son grand-père anarchiste et déserteur en 1917, où il dénonce la pratique du « fusillé pour l'exemple » si tentante et si chère à certains hauts responsables. Dans Lumière noire (1987), où Cadin apparaît peu, il prend pour cible la politique de reconduction par charters des Maliens explusés hors des frontières.
Au travers de ses nouvelles (En marge, Zapping), il trace une chronique douce-amère du monde contemporain, « un regard de localier » plus habitué des événements qui ne font pas la une des journaux, mais remplissent les colonnes de faits divers, quand ils ne passent pas complètement inaperçus (Yvonne, la madone de la Plaine).
Avec Le chat de Tigali (1988) il publie son premier livre pour la jeunesse, une histoire émouvante dénonçant le racisme sans tomber dans la mièvrerie, un court roman qui ne sacrifie rien de ses qualités littéraires.
Dans son ouvrage le plus abouti, La mort n’oublie personne (1989), il s'éloigne du roman policier et raconte l'histoire tragique d'un jeune résistant condamné pour meurtre après la guerre. En 1990, Cadin est à bout de soufle et il se suicide dans le Facteur fatal.
Le Prix Paul Féval de Littérature Populaire lui est attribué en 1994 pour l'ensemble de son œuvre. Ses romans sont aujour'hui traduits dans une vingaine de langues.
Convaincu qu' « En oubliant le passé, on se condamne à le revivre », Didier Daeninckx s'attache au problème de la mémoire historique en dénoncant avec obstination le négationnisme d'où qu'il vienne. Il est ainsi au centre d'une polémique en 1997 à la suite de la parution du Goût de la vérité qui répond à un ouvrage, Goût du secret, de Gilles Perrault. Dans cet essai, il pointe les ambiguïtés de cet écrivain, président de Ras l'front, qui a préfacé le livre de deux auteurs négationnistes. Au sein des mouvements militants de l'ultra-gauche cette polémique gêne car elle renvoit à l'existence d'un courant négationnisme en leur propre sein. Patrick Besson lui consacre donc un pamphlet en réponse, Didier dénonce.
Avec Cannibale (1998), il réveille le souvenir honteux des zoos humains de la IIIè République, en racontant l'histoire des Kanaks exposés comme animaux de zoo. Il dit s'être intéressé à la Nouvelle-Calédonie à la mort du leader indépendantiste Eloi Machoro. Il revient sur ce thème avec Le retour d'Ataï (2002) qui évoque la revendication du peuple kanak de voir revenir au pays la tête du grand chef Ataï.
Didier Daeninckx est actuellement journaliste pour Amnistia.net, un site internet d'information et d'enquêtes.


